‹ HystérotomieChapitre 10 sur 58 · RÉSULTATS FOURNIS JUSQU'A CE JOUR · texte numérisé non relu

RÉSULTATS FOURNIS JUSQU'A CE JOUR

serait même fort à désirer. Toutefois, tant d'après les statistiques partielles fournies par les chirurgiens d'ambulances internationales ou les chirurgiens militaires, que d'après ce que nous avons vu à Paris pendant le siège, nous hésitons à penser que la proportion des guérisons ait été plus considérable que pour les campagnes d'Italie et de Crimée. On nous objectera peut-être, qu'ici les conditions ne sont pins les mêmes, et qu'en somme nous raisonnons sur des faits fort peu comparables. Rien n'est plus vrai; aussi n'avons-nous donné ces chiffres qu'à titre de renseignement curieux et sans y attacher une importance exagérée.

Mais, si nous plaçant sur notre véritable terrain, nous comparons le chiffre de A5,83 aux résultats obtenus dans la pratique de l'ovariotomie, nous voyons se dégager ce fait assurément fort remarquable, à savoir que : Yamputation sus-vaginale de l'utérus n'est pas une opération beaucoup plus grave que l'ablation des kystes de l'ovaire compliqués d'adhérences. C'est ce qui ressort suffisamment de l'examen du tableau suivant dont une partie est empruntée à la thèse de M. Caternault :

1° Kystes de l'ovaire simples sans 2° Kystes de l'ovaire avec adhérences adhérences. étendues.

Proporlions de guérisons Proportions de guérisons

sur 100 cas. sjn 100 cas.

Statistique de Baker-Brown . 55 Statistique de B. Brown. 45

— de S. Wells 75 — de S. Wells. . . 55

— de Keith 95 — de Keith 60

— de Kœbcrlé 76 — de Kœberlé. . . 62

de Péan 90 — de Péan 68

3° Tumeurs fibreuses pédiculées sans ablation de l'utérus.

Proportions do guérisons sur 100 cas.

20 cas publiés jusqu'ici ont donné. . . \ ^lorls ^ 40 (1)

| Guérisons. .8 w

(I) Pour les cas où il y a eu amputation de l'utérus (voyez la 6tatistiquc de la 3a période, p. l8), eetto proportion est] do 45,83. Go résultat, en appa-

2/l DE L 'ABLATION DE l/UTÉBUS PAB LA &ASTBOTOMIE.

Ce chiffre de 45,83" est-il lui-même le dernier mot et ne sera-t-il jamais dépassé? Nous ne le pensons pas. A ne prendre que la statistique qui résulte de nos opérations personnelles (elle nous a donné, nous l'avons vu, 7 succès sur 9 opérées), nous arrivons au chiffre de 77,77 pour 100 ; résultat qui se rapproche beaucoup de celui que donne l'ovariotomie dans les cas simples. Nous ne voulons point exagérer ici l'importance de ce chiffre, ni lui donner une signification qu'il ne peut avoir. Peut-être sommes-nous tombés sur une de ces séries heureuses comme il s'en rencontre parfois dans la pratique des ovariotomistes. Qui sait môme si l'avenir ne nous réserve pas de cruelles déceptions !

Si maintenant nous jetons un rapide coup d'œil sur les diverses opinions émises par les auteurs classiques, nous les voyons d'abord unanimes dans une réprobation absolue. Bientôt ils hésitent, deviennent moins exclusifs, acceptent l'opération dans certains cas, la rejettent dans d'autres ; en un mot ils discutent au lieu d'agir de parti pris, et à l'heure actuelle on peut dire que cette question divise encore les chirurgiens.

« A priori, dit le professeur Simpson (d'Edimbourg), je renarde l'opération comme injustifiable et l'expérience vient confirmer ma manière de voir (1). » Un peu plus loin il complète sa pensée dans les termes suivants : « Même lorsque la maladie est limitée au corps ou au fond de l'organe, l'extirpation de la matrice est une opération hasardeuse, et je n'hésite pas à dire qu'elle devrait toujours être rejetée comme étant l'opération lapins injustifiable delà chirurgie. »

rencû paradoxal, s'explique par ce fait que, presque toujours, lorsque la tumeur flotte librement dans la cavité abdominale, elle contracte des adhérences avec les organes voisins, conditions toujours défavorables pour la réussite de l'opération. Dans le cas contraire, cette complication n'existe pas (voyez les 0/tseruatio7is).

(1) Clinicnl lectures ou distnses of women, p. 65.

Page 1