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OPINION DES AUTEURS

Churchill, West, Rigby, Byford, cités par Storer, ainsi que la plupart des gynécologistes, sont du môme a\is et la réprouvent absolument.

« Les tumeurs non pédiculées, dit West (il s'agit des fibromes de l'utérus), et celles dont le pédicule s'implante sur la surface externe de l'utérus sont hors de notre atteinte. Leur ablation constitue une opération qui doit être hautement désavouée. Elle est difficile à exécuter, à peu près .fatalement mortelle si on réussit à l'achever, entourée de dangers qu'on ne saurait prévoir et que la science est impuissante à signaler (1). »

Rigby n'est pas moins exclusif lorsqu'il dit :

« La position, la forme, le volume, ainsi que les connexions de la tumeur doivent être singulièrement favorables pour qu'une semblable opération puisse être pratiquée ; même dans ce cas, elle serait seulement justifiée si la présence de la tumeur s'accompagnait de symptômes de la plus haute gravité (2). )>

Citons encore l'opinion du professeur Byford, de Chicago :

« Un grand nombre de tumeurs utérines, dit cet auteur, sont entièrement au-dessus de l'atteinte du chirurgien. Je ne vois pas qu'on s'avise jamais d'enlever par un moyen chirurgical une tumeur fibreuse intra-utérine, même lorsqu'on a pu diagnostiquer un pédicule et un point d'attache de peu de largeur (3). »

Seul, Graily Hewit (de Londres) émet une opinion différente et admet l'opération dans certains cas déterminés. Il s'exprime de la manière suivante :

u Les inconvénients qui résultent de la présence de tumeurs

(1) West, Lectures on diseases of women. Londres, 1858, p. 308.

(2) Rigby, Constilutional treatment of femak diseases. Londres, 1857.

(3) Practice of médecine and Surgery opplied to the diseases and accidents incident to w.nmen, 1865, p. 305,

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fibreuses suffisent dans bien des cas pour justifier leur ablation par une opération chirurgicale (1). »

Si des auteurs américains et anglais (2) nous passons aux auteurs français même les plus récents, nous les voyons émettre également les avis les plus opposés.

Gendrin (3), Boyer (h), combattent fortement cette opération. « L'extirpation totale de l'utérus renfermé dans le bassin, dit ce dernier, est une opération cruelle, téméraire, inhumaine, que rien ne peut justifier et qui doit être proscrite de la chirurgie. »

Il est vrai que cet auteur avait en vue les ablations d'utérus cancéreux, et ce jugement si sévère était bien autorisé parles résultats déplorables obtenus jusqu'à lui. Un auteur beaucoup plus récent, M. Nélaton, se montrait, également opposé à l'opération lorsqu'il publiait la première édition de son Traité de pathologie, externe : « Toute opération, disaitil, dirigée contre les tumeurs sous-péritonéales est impraticable (5). »

M. Courty, dans son beau Traité sur les maladies de f utérus et de ses annexes, s'exprime ainsi :

« Il n'est pas possible d'encourager les chirurgiens à suivre cette voie, jusqu'à ce que les causes de mort à la suite de

(1) G. Hcwit, The diagnosis and treatment of diseases of women.

(2) Nous ignorons quelle est aujourd'hui l'opinion de S. Wells et de B. Brown. Ce que nous pouvons dire, c'est que ces deux illustres ovariotomistes, dans leurs ouvrages écrits il y a quelques années, se montrent peu favorables à l'opération .

(3) Journal général de médecine. Oct. 1829.

(a) Traité des maladies chirurgicales. Paris, 18a6.

(5) Éléments de pathologie chirurgicale, t. V, p. 794. Nous sommes en mesure d'affirmer que notre illustre maître qui, pendant sa longue carrière, s'est tenu à la tète du progrès en chirurgie, professe aujourd'hui une opinion différente. Nous sommes heureux et fiers de penser que les succès obtenus dans notre prntique ont contribué pour une grande part à le faire changes d'avis.

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