OPINION DES AUTEURS
l'opération étant mieux connues, puissent être évitées et combattues plus efficacement, ou que les indications et les contre-indications étant mieux déterminées, on n'entreprenne de pareilles opérations que dans les cas où il y aura plus de probabilités de les voir réussir (1). »
Citons à côté l'opinion de M. Kœberlé, dont personne, assurément, ne contestera l'autorité en pareille matière :
« Je ne pense pas, dit cet ovariotomiste, qu'on doive rejeter ces sortes d'opérations , et renoncer à l'extirpation des tumeurs interstitielles de la matrice par la méthode suspubienne (2). »
Cette opinion, basée sur des faits qui, chaque jour, tendent à devenir plus nombreux, est absolument la nôtre, et nous ne doutons pas que dans un avenir prochain, l'ablation de l'utérus par la gastrotomie ne s'impose aux chirurgiens comme jadis l'ovariotomie. Si les auteurs classiques se montrent en général si sévères, il ne faut pas oublier que c'est là une opération toute moderne et que les faits leur manquent pour éclairer leur jugement.
En terminant ce chapitre, nous ne pouvons que répéter cette phrase de Stoltz placée par M. Kœberlé en tête du livre où il donne la première statistique de ses ovariotomies : « Il ne faut pas que l'opinion de quelques hommes éminents de notre art effraye ceux qui, en se basant sur l'anatomie et sur des faits déjà nombreux, cherchent un remède à une maladie incurable. »
Ainsi donc, il résulte de tout ce que nous venons de dire, tant d'après les données fournies par l'anatomie que d'après les résultats obtenus jusqu'ici, que l'ablation de l'utérus esl une opération parfaitement justifiable, que le chirurgien est
(1) Traité pratique des maladies de l'utérus, des ovaires et des trompes. 2» édit., p. 1121.
(2) Loc. cit.
2S DE i/aBUATION DE L'UTÉRUS PAR LÀ GASTROTOMtE.
autorisé à tenter dans certaines circonstances au môme titre que l'ovariotomie. Il nous reste à examiner quelles sont ces circonstances, et quel est le mode opératoire le plus propre à en assurer le succès.