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OBSERVATION XI

Tumeur fibro-cystique pédiculéc de l'utérus (corps fibreux à géodes) enlevée avec succès. (Flctcher, Brit. med. Journal, 1862, p. 499.)

Anna Selby est âgée de quarante ans, veuve, ayant eu cinq enfants et trois fausses couches. Le plus jeune est né huit ans avant l'entrée de la malade à Workhouse-Hospilal. Les règles ont cessé de couler six mois environ avant l'opération. Lors de sun admission, elle avait l'apparence d'une personne arrivée au dernier terme de la grossesse; sa santé ne paraissait pas mauvaise, mais elle était pâle et amaigrie.

La tumeur lui sentie pour la première fois il y a un an. Elle siégeait dans le côté droit de l'abdomen; elle était mobile, unie à la surface, et le siège d'une fluctuation distincte. On distinguait plusieurs masses solides et volumineuses dans le côté gauche, au-dessous de l'ombilic. Au toucher vaginal, l'utérus paraissait avoir un volume normal; il était mobile. L'ouverture du col était saine, le doigt ne pouvait atteindre aucune partie de la tumeur. On porta le diagnostic de tumeur de l'ovaire mulliloculaire. Le 12, la malade fut purgée au moyen de l'huile de ricin, et nous fîmes l'opération le 14 du môme mois.

Opération. — Après avoir vidé la vessie, nous fîmes une inci-

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lion de U pouces de longueur; elle commençait à 2 pouces auissous de l'ombilic, et se dirigeait vers le pubis: la tumeur fut insi entièrement découverte. De chaque côté de l'abdomen lixistaient des adhérences très-dures que nous ne pûmes rompre |ans déployer une force considérable.

La tumeur une fois devenue libre, nous plongeâmes un trocart ans son épaisseur, mais celui-ci ne rencontra qu'un tissu solide; oiis fîmes alors une deuxième ponction sur un autre point, laliuelle donna issue à une très-petite quantité de liquide. Plusieurs Autres kystes furent, les uns incisés les autres ponctionnés, sans ue, pour cela, le volume de la masse diminuât beaucoup. Ayant prolongé l'incision jusqu'à 2 pouces au-dessus de l'ombilic, nous ■fûmes, non sans difficulté, faire passer la tumeur entre les lèvres e la plaie. Ce fut alors que nous nous aperçûmes qu'elle naisait, non pas d'un ovaire, mais bien de la face postérieure de li.'utérus, à gauche de la ligne médiane , dans le voisinage du nid de l'organe auquel elle était attachée par un pédicule de pouce et demi de diamètre. Ce dernier fut sectionné au moyen lt e l'écraseur. Pour y parvenir, nous dûmes serrer la chaîne avec lune force telle que le péritoine se fendit très-exactement sur la lagne médiane. Deux ou trois vaisseaux qui se trouvaient dans jeepaisseur du pédicule donnèrent un peu de sang, l'un d'eux ■dût môme être lié au moyen d'un fil métallique. 11 y eut aussi ■une petite hémorrhagie sur un autre point, et nous liâmes avec ■un fil de fer la petite portion du tissu utérin qui renfermait les mieux ou trois vaisseaux divisés. Toutes ces ligatures furent couplées au ras et abandonnées dans la cavité péritonéale. Un petit luyste, voisin du fond de l'utérus, se rompit.

Cela fait, on retourna la malade sur un côté, afin de permettre «''écoulement du liquide renfermé dans l'abdomen, ainsi que plans la cavité pelvienne. La plaie faite aux parois abdominales nul fermée au moyen de quelques points de suture. La malade [•stait restée sous l'influence du chloroforme pendant toute cette i'ongue opération.

Le pouls fut rapide pendant quelques jours, mais revint gra- Iduellement à son rhythme habituel. Les épingles furent enlevées le 17, excepté celle du milieu qui fut enlevée le lendemain ; à ce moment, la plaie était presque cicatrisée. Les >reinitTs jours, on s'était servi du cathéter; la malade avait eu llle la tendance à avoir de la diarrhée, tendance que, du reste1,

PÉAN ET UHDY. H

1(5-2 DE I.'aulatio.X DE e'uTÉRUS l'Ail LA GASTHOIOMIE.

ou avait combattu avec succès par la teinture d'opium administrée eu lavements. Le 31, la malade pouvait s'asseoir sur son lit; on lui permettait de faire quelcpues pas le 11 juin, et le 19 juillet 1862, la guérison était achevée.

Remarque. — Flelchcr ne donne pas la description de la tumeur; cependant il est permis de supposer, d'après ce qu'il raconte, qu'il s'agissait d'une tumeur libro-cystique pédiculée (corps fibreux à géodes) analogue à celle décrite par Hakes (voy. obs. XIII).

observation xii

Tumeur fibro-cystique de l'utérus. — Opération inachevée. — Mort vingl-sîl jours après l'opération. (Baker Rrown, Puth. iranmctions}\o\. XIV, p. 198.)

M. A., Agée de trente-six ans, mariée depuis quatre ans, admise à l'hôpital le 26 novembre 1862.

Il y a six ans, elle remarqua pour la première fois que son ventre grossissait; depuis lors, la tumeur augmentait de volume a chaque période menstruelle, et diminuait au contraire à l'époque des règles. Au dire de la malade, la quantité d'urine évacuée dans les vingt-quatre heures était de plusieurs pintes.

Elle fut ponctionnée au mois de mars 1859; cette ponction donna issue h U pintes d'un liquide laiteux. La plus grande circonférence de l'abdomen était à cette date de quarante-cinq pouces, la plus petite de trente-sept pouces. La malade paraissait se trouver dans des conditions tolérables de santé, bien que le pouls fut d'une grande faiblesse.

On trouvait dans la cavité abdominale, une large tumeur multiloculaire, très-mobile et probablement ovarienne. Il y avait en outre une hernie ombilicale irréductible du volume d'une petite orange et renfermant une portion d'épiploon à en juger par la sensation de mollesse qu'elle donnait au loucher. Elle n'existait que depuis un an. Par le toucher vaginal, on ne pouvait sentir les ovaires, l'utérus paraissait un peu allongé.

Opération. — L'opération Tut pratiquée le 11 décembre 1862. L'incision médiane ayant été faite suivant la méthode ordinaire, un kyste à parois très-minces se présenta à la vue, recouvert

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d'une certaine quantité de liquide ascitique. M. Brown, introduisant alors la main dans la cavité abdominale, sentit des masses dures dans toutes les directions, et acquit en même temps la ei titude qu'il lui serait impossible d'enlever la tumeur, à cause le sa grande fixité.

En conséquence, après avoir ponctionné le kyste qui s'était ont d'abord oftért à la vue, il referma le ventre au moyen de [quelques sutures en fils d'argent.

Suites de l'opération. — La malade n'offrit d'abord aucun auvais symptôme. Les sutures furent enlevées le 18 décembre, ■t la plaie abdominale paraissait tout à fait cicatrisée, lorsque, e 19 décembre, le centre de la cicatrice donna brusquement assage à du liquide provenant bien évidemment du kyste qui uvait été ponctionné. La malade, néanmoins, continua à bien lier jusqu'au 28 décembre. A partir de ce jour, la tumeur recommença à prendre du volume, et la malade fut de nouveau ourmentée par des vomissements et de la dyspnée. II devint ■vident qu'elle ne survivrait pas à ce nouvel épanebement; effectivement elle s'affaissa graduellement, et mourut le 6 janier, vingt-six jours après l'opération.

Autopsie. — Les lèvres de la plaie ne parurent pas très-saines, e kyste qui avait été ponctionné adhérait à ce niveau. Une artie de la tumeur, était si serrée par l'anneau ombilical qu'il tait impossible de la dégager sans déchirer cet anneau, 'lusieurs kystes remplis de liquide adhéraient au bassin, mais non timement. La totalité de l'épiploon avait aussi contracté des dhérences avec la tumeur. Tous les autres organes étaient sains.

Examen de la tumeur. — Une coupe verticale passant par le îilieu de la cavité utérine et de la masse morbide (fig. 9) monait que le fond de l'utérus se continuait directement avec la ubstance de cette dernière. La tumeur, au voisinage de l'utérus, tait divisée en deux parties par de larges poches kystiques terposées, ce qui donnait à l'utérus une apparence bifide. Le éritoinc qui recouvre l'utérus se réfléchissait en bas sur la partie olide, en formant une conslriclion ou plutôt un collet, parfaitement visible avant la coupe. La totalité de la tumeur était iilacée sous le tissu périlonéal et adhérait supérieurement h épiploon dont le tissu renfermait quelques petits nodules breux. A la surface antérieure de l'utérus, au-dessous du revêment péritonéal, on voyait également un petit nodule en tout

DE L'ABLATION l.'l l'Klil S l'Ali la GASTROTOM1E.

semblable aux tumeurs fibreuses ordinaires que l'on rencontre si fréquemment dans cette région. La tumeur principale était

Fig. 9. — Tumeur fibro-cystique en rapport avec l'utérus (1).

formée par une masse de nodules, ou plutôt' de tumeurs' arrondies d'apparence et de consistance fibreuses, séparées les unes des autres par de larges kystes dont quelques-uns renfermaient

(1) Cette figure est extraite des Patk, transi, vol. XIV.

TUMEURS EIBRO-CYSTIQUES. 165

encore du pus. Le tissu qui entrait dans la constitution de ces «masses ressemblait, sous le microscope, à celui des tumeurs i fibreuses de l'utérus. Toutefois, plusieurs d'entre elles con- |. tenaient des kystes de diverses grosseurs, et presque toutes de ■très-petits espaces qui semblaient être l'origine de kystes ana- | logues.

Les parois de l'utérus, vers le fond de l'organe, laissaient voir Lan grand nombre d'orifices béants. Cet aspect était-il causé par l ia section de petits kystes à leur début, ou bien par celle de Isinus utérins? Cette dernière hypothèse était la plus probable, Lear un stylet pouvait s'engager à quelque distance de ces orifices. Aucun endroit de la substance solide de la tumeur ne nous i offrait les caractères d'une production de mauvaise nature, si ce Ln?est cependant la surface d'un large kyste en suppuration. En i ce point, l'examen microscopique montrait un grand nombre de ipcellules arrondies, interposées au milieu des fibres ; quelquesj uines de ces cellules avaient de gros noyaux. Cependant, d'après la manière graduelle dont ce tissu décoloré et ramolli à la surface, devenait fibreux, même àune grande profondeur, sans qu'il '[ existât de ligne de séparation bien tranchée, ainsi que cela aurait peu lieu s'il se fût agi d'un dépôt cancéreux, nous considérons ; cet aspect comme le résultat d'une inflammation qui aurait eu ppour point de départ la surface actuellement en suppuration.

En résumé, après un examen attentif, nous pensons que nous pavions eu affaire à une tumeur fibro-cystique adhérant au fond pde l'utérus et faisant corps avec lui; que l'origine probable de la ([ tumeur était dans le tissu cellulaire du voisinage, et que les adhérences contractées avec les parois abdominales étaient le résultat [ de la pression exercée sur elles par la masse morbide qui faisait saillie dans la cavité péritonéale.

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