‹ HystérotomieChapitre 37 sur 58 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

Tumeur fibro-cystique de la matrice du poids de à kil. 1/2. Ablation d'une grande partie de la matrice. — Mort. (Kœberlé, thèse de Caternault, p. 12.)

Mademoiselle G..., de Nancy, trente -six ans, est affectée depuis six ans d'une tumeur abdominale que l'on considère comme ovariqne. En vain on a recours à la médication iodée. La santé est bonne; la menstruation régulière; mais elle donne lieu à des ménorrhagies. Dans l'intervalle des époques menstruelles, il s'écoule du canal génital, une ou plusieurs fois par jour, par ondées, un Ilot de liquide filant, albumineux et transparent.

La tumeur est assez régulièrement arrondie, d'une consistance variable, Miblluctuantc en quelques points, dépourvue d'adhérences à la paroi abdominale. De chaque côté du ventre, on perçoit un bruit de souffle et des pulsations. Il n'existe pas d'ascite appréciable. Le col de la matrice est sain, mais il est dévié à gauche et son orifice est un peu dilaté. Il n'est pas sensiblement entraîné quand on soulève la tumeur abdominale, avec laquelle il paraît pourtant se continuer. Une sonde introduite dans le col pénètre à une profondeur de 12 centimètres. La circonférence du ventre mesure 98 centimètres.

La profondeur de la cavité utérine, l'état du col, le développement et la consistance de la tumeur, le bruit de souffle, formaient un ensemble de symptômes qui indiquaient une. tumeur fibreuse de la matrice. L'extirpation de celte tumeur, qui d'ailleurs paraissait dépourvue d'adhérences, devait nécessairement entraîner Pampulation sus-vaginale de la matrice.

TUMEURS FIBRO-CYSTIQUES.

Opération. — L'opération fut pratiquée le 19 décembre 18fi3. Incision de 25 centimètres. Extraction de la tumeur exempte d'adhérences. Toute la matrice, mais surtout son fond, étaient distendus par des tumeurs fibreuses, mollasses, entremêlées de collections séreuses. Les ligaments larges étaient en grande partie envahis. Trompes et ovaires sains. Il était impossible d'arriver d'emblée au col de la matrice et de la traverser avec une aiguille, avant d'avoir lié et divisé de chaque côté les ligaments larges.

Le ligament large fut traversé le plus bas et le plus près possible de la tumeur avec une aiguille munie d'un fil de fer qui fut confiée à un aide après l'avoir engagé dans un serre-nœud , pendant que l'opérateur traversait les parties latérales de la tumeur par un autre fil de fer, avec lequel il fit une ligature en masse, destinée à prévenir l'hémorrhagie du côté de la tumeur après la section des vaisseaux. Malheureusement la vis du serrenœud n'avait pas été serrée. Lorsqu'on divisa le ligament large d'un coup de ciseaux, croyant agir en toute sécurité, il surgit un flot de sang, et avant d'avoir eu le temps de saisir la partie libre du ligament large, qui était en grande partie échappée du serrenœud, et d'y appliquer des pinces, il s'était déjà produit une perte de sang considérable. Cependant on put remédier à l'hémorrhagie à l'aide de deux ligatures. Pour terminer ensuite rapidement l'opération, la tumeur fut embrassée à sa base, dans une anse de fil de fer à l'aide d'un grand serre-nœud. On fendit ensuite la tumeur, dont on vida le contenu jusqu'au delà de la ligature, que l'on serrait successivement. Après avoir ainsi extrait toutes les masses fibreuses qui remplissent le petit bassin, tout ce qui dépassait la ligature fut excisé. Les ovaires étaient restés au-dessous du point lié.

Les masses fibreuses qui avaient été énucléées ou excisées pesaient k kil. et demi. Elles étaient entremêlées de collections séreuses. La cavité abdominale ayant été épongée et tout suintement paraissant avoir cessé, la plaie fut réunie comme à l'ordinaire en maintenant ouvert l'angle inférieur qui donnait passage au serre-nœud, ainsi qu'à une partie du moignon de la tumeur. L'opérée était très-notablement affaiblie par la perte du sang. U se déclara un léger suintement sanguin qui a dû provenir d'une petite artériole, divisée dans l'angle de l'incision du ligament large, et qui n'avait pas été comprise dans les ligal'ii'os, L'hémorrhagie persista malgré tous les moyens employés;

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elle fournissait environ 80 grammes de sang dans l'espace "de cinq à six heures. Le cas fut jugé irrémédiable en raison de la faiblesse de la malade, qui succomba trente heures après l'opération.

OBSERVATIOX XVI

Tumeur fibro-cystique de l'utérus. — Ascite. — Gastrotomie. — Mor[. (Spencer Wells, Diseases of Ihe ovan'es, vol. I, p. 356 et suiv.)

11 s'agit d'une dame âgée de quarante-six ans, non mariée, très-amaigrie, mais conservant encore un moral excellent.

Dix ans auparavant, le docteur Stokes avait diagnostiqué deux tumeurs solides siégeant, l'une sur la ligne médiane un peu audessus de l'ombilic, l'autre dans le côté droit de l'abdomen; elles étaient de la grosseur d'un œuf d'oie. Au début, leur accroissement se fit avec lenteur, mais depuis deux mois il était devenu beaucoup plus rapide.

Lorsque M. S. Wells vit la malade, les dimensions de l'abdomen étaient les suivantes :

Circonférence nu niveau de l'ombilic 56 pouces.

Distance de l'appendice xiptioïde à l'ombilic 19 —

— de l'ombilic au pubis 16 —

— de l'épine iliaque antérieure et supérieure

à l'ombilic 26 —

La tumeur proéminait h droite; il y avait une fluctuation évidente au-dessus de l'ombilic, mais cette fluctuation était causée par un liquide épanché dans la cavité périlonéale. Une forte pression permettait de sentir distinctement une tumeur solide ou demi-solide, recouverte par le liquide. La fluctuation était indistincte au-dessous de l'ombilic, et la tumeur paraissait adhérente à ce niveau. Toucher vaginal : utérus élevé et dans l'axe, col vierge et atrophié ; on pouvait sentir une petite portion de la limeur à travers la paroi du vagin, la sonde utérine pénétrait de trois pouces et demi. Menstruation toujours régulière; depuis six mois seulement, elle faisait défaut. Jamais de ponctions. Mon diagnostic fut qu'il y avait une certaine quantité de liquide

ÎUMEUKS MBRO -DISTIQUES, 173

libre dans la cavité péritonéale, qu'il était ascitique ou ovarien, enfin, qu'au-dessous de l'ombilic existait un kyste multiloculaire volumineux. Après une consultation tenue avec les docteurs Bcalty, Gardon et Stokes, il fut convenu que je ferais une ponction au-dessus de l'ombilic, et que je tenterais l'ablation de la tumeur si elle n'était pas adhérente.

En conséquence je fis une ponction à ce niveau qui donna issue à 30 pintes d'un liquide clair et un peu visqueux. Ce liquide une fois écoulé, la canule, longue de 14 pouces, put s'en gager dans toutes les directions entre la surface de la tumeur et les parois abdominales , ce qui prouvait qu'il n'y avait pas d'adhérences. On percevait également de la fluctuation en différents points de la tumeur. Après avoir retiré la canule et fermé la petite plaie, je fis au-dessous de l'ombilic une incision longue de 6 pouces, et je découvris une tumeur qui nous parut, au premier aspect, formée par deux kystes de l'ovaire séparés Tun de l'autre par une fissure profonde.

Ayant ponctionné celui de gauche, il en sortit 10 pintes de sérosité sanguinolente. La tumeur avait deux points d'attache , l'un avec la tumeur du côté droit, l'autre avec l'utérus. Ce dernier point d'attache put être rompu, mais l'autre fut sectionné avec le bistouri, ce qui obligea à faire deux ligatures sur la tumeur qui lui était juxtaposée.

Le ligament large ayant été traversé, on lit une double ligature avec des fils de soie, après quoi la tumeur fut enlevée.

Restait la tumeur de droite. Toutefois, à cause de son volume énorme, de sa densité et de ses adhérences intimes avec le côlon transverse et l'épiploon qui renfermait plusieurs veines énormément dilatées, nous décidâmes que nous n'en tenterions pas l'extirpation.

On referma l'abdomen en toute hâte, mais la malade mourut trois heures après par épuisement nerveux.

■\7h r»£ L.' ABLATION DE l'utMuS 4'AH la gastuotomie.

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