M \NUEL OPÉRATOIRE : QUATRIÈME TEMPS
tive, nous sommes, pour notre compte, absolument opposés à cette pratique, parce que, ainsi que M. Kceberlé l'a déjà dit avant nous (1): « 1° ces organes ne sont plus d'aucune utilité et, partant, n'ont plus alors aucune raison d'être; 2° parce que leur conservation étant une cause de congestion périodique, de trouble de l'état général, peut donner lieu à des ^affections consécutives à l'opération; 3°parce que l'opération devient plus facile et moins dangereuse. » Nous ajouterons que depuis le moment où il écrivait, des faits malheureux sont venus donner raison à ceux qui prescrivent de les enlever dans tous les cas où l'on est obligé d'exciser une certaine quantité de tissu utérin. C'est ainsi que M. Kœberlé a vu survenir une grossesse abdominale chez une de ses opérées, et que nous-mêmes avons ;perdu une malade (voyez obs. V), à la suite d'une hématocèle rétro-utérine survenue le 11e jour de l'opération et alors que tout faisait espérer une guérison rapide.
d. Le col lui-même est //• siège du néoplasme , ce qui nécessite l'ablation de la totalité de l'utérus. — Il est impossible de donner des règles générales pour ce cas particulier qui, du reste, se présentera bien rarement dans la ] u ntique. L'opérateur devra s'inspirer des circonstances et agir Bn conséquence.
Si le fibrome n'était pas trop adhérent au tissu du col, on lèrait bien de chercher à lenucléer ; on pourrait même pratiquer l'évidement du col en conservant seulement ses parties périphériques, sur lesquelles on jetterait une ligature. Si 'union du col et du néoplasme était trop intime ou qu'une bémorrhagie fût à craindre, on pourrait comprendre la tumeur entre deux ligatures, dont la plus inférieure compren- Irait les culs-de-sac \ agi n aux, les artères utérine et vaginale; If cette façon, le soin de l'élimination d'une partie de la nmeur sera laissé à la nature.
(1) Krrberlc, toco citatn.
218 diî l'ablation m l'utérus pak la <;astrotomie.
Gomme clans tous ces cas il sera Impossible de constituer un pédicule, on devra laisser les serre- nœuds en place et les disposer à l'extrémité inférieure de l'incision abdominale, laquelle devra se prolonger jusque sur le pubis. Aussitôt quo des adhérences protectrices se seront formées au pourtour des ligatures et que la période des accidents immédiats sera passée, on devra surtout se préoccuper de l'écoulement des produits de la suppuration. Or, cet écoulement se fera par deux \oies : d'une part, par le vagin, et d'autre part, par la cavité dans laquelle plongent les serre-nœud>.
Pendant les premiers jours qui suivront l'opération, on veillera à ce que la péritonite ne se généralise pas. A uneépoque ultérieure, il sera bon de faire des lavages avec l'acide phênique ou le permanganate de potasse; au besoin môme, il ne faudrait pas craindre de passer à travers le cul-de-sac postérieur du vagin un gros tube à drainage, dont une extrémité viendrait ressortir au-dessus du pubis, l'autre étant maintenue fixée entre les cuisses de la malade. 11 va sans dire que dans les manœuvres pour placer ce tube, on devra prendre toutes les précautions nécessaires pour ne point blesser la vessie ou le rectum.
( 'inquième temps : toilette du péritoine ; suture de la plaie. — On a pu voir dans le courant de ce travail quelle importance nous attachons à éviter l'introduction du sang ou d'autres liquides dans la cavité péritonéale. Les chances de péritonite consécutive, avons-nous dit, sont en raison directe de la masse du liquide épanché et partant de la surface de séreuse imbibée.
Elles varient aussi suivant la nature du liquide : si le contact de certaines humeurs provenant de kystes ou de géodes à aspect purulent, entraîne presque fatalement une péritonite suraiguë rapidement mortelle, il n'en est pas de môme, fort heureusement, lorsque ce liquide est du sang ou de la sérosité.