MANUEL OPÉRATOIRE : CINQUIÈME TEMPS
3'il n'en était pas ainsi, il faudrait absolument renoncer à •extraction des tumeurs adhérentes; car en dépit des efforts iu chirurgien, il y aura toujours, dans ces cas, épanchement de quelques grammes de sang dans le petit bassin. Le succès le l'opération dépend alors du plus ou moins de soins que 'on a mis à nettoyer le péritoine ou, pour nous servir de l'exn|ession consacrée, à faire sa toilette. Nous nous servons ordinairement pour cela de petites éponges montées que nous blongeons dans la cavité du petit bassin, de manière à leur l'aire absorber le sang qui peut s'y trouver accumulé. Si la quantité du liquide était tant soit peu considérable, il y aurait ane grande économie de temps à employer dans le même but les serviettes modérément chauffées.
Lorsque l'examen des éponges retirées du bassin démontrera que le liquide a totalement disparu, on devra procéder, ans plus tarder, à la suture.de la plaie abdominale.
Sans entrer ici dans des détails de critique, sans examiner i;i l'on doit faire des sutures profondes ou des sutures superficielles, nous donnerons simplement notre manière de procéder, qui est du reste celle delà plupart des ovariotomistes, du moins dans ce qu'elle a d'essentiel. Avant tout, nous introduisons entre les lèvres de la plaie une serviette chauffée à la température du corps humain, et nous l'appliquons aussi vxactement que possible sur les intestins dans le but de les préserver du contact de l'air. Cela fait, nous commençons à faire !es sutures en allant de haut en bas, de l'ombilic vers le pubis. iWous faisons alternativement une suture profonde et une suure superficielle (voy. fig. 19). Les premières doivent comprendre le péritoine ; nous nous servons de fils d'argent ssez fins que nous passons, soit avec une aiguille courbe ordinaire, soit avec le chasse-fil à roue dentée que nous avons Éiït construire par M. Mathieu, pour l'opération de la fistule fésico-vaginale. Les deuxièmes sont de simples sutures enortillées et ne doivent comprendre que la peau.
220 m-, l'ablation m fctyrÊRttè »'ak f.a c.astrotomie.
Comme il est, convenable de ne se servir, pour ces dernières, que depingles très-fines, et que d'un autre côté l'épaisseur des tissus à traverser est assez considérable, il nous
FiG. 23 et 24. — Propulseur ou chasse-épingle du docteur Cintrât, permettant de passer des épingles très-fines à travers des tissus très-résistnnts (1).
les instruments dont nous disposions (pinces à ligature, pinces à murs plats) se tordre, parfois même se briser. Pour obvier à ces inconvénients, M. le docteur Cintrât a imagine
(4) A, épingle. — B, tige cylindrique creuse renfermant une tige pleine, sur laquelle vient reposer l'extrémité de l'épingle. Au fur et à mesure que l'épingle pénètre dans les tissus, la tige B s'enfonce dans le manche de I instrument D. — H, houton sur lequel il suffit d'appuyer lorsqu'on veut retirer l'épingle.