‹ IA41554035_0018Chapitre 13 sur 26 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

La chorée gravidique est une affection rare et il se passe des mois dans un grand service d’accouchements sans que l’on soit à même d’en observer un cas.

Etant donné le peu de temps que passe une femme dans un service d'accouchement on peut admettre que certaines femmes atteintes de mouvements choreïques légers, chez qui l'accouchement se fait normalement ne sont pas mentionnées comme chorées gravidiques dans les feuilles statistiques.

Les modifications choreïques n’attirent guère l'attention des accoucheurs que lorsqu'elles viennent troubler la fin de la grossesse pour provoquer lavortement. Il leur est peu donné d'observer dans leurs services les malades pendant la plus grande partie de leur grossesse.

Ces considérations nous permettent d'expliquer la diffi: culté de tabler pour la chorée comme pour la procidence du cordon, par exemple. Le tant pour 0j0 de ces chorées sur l’ensemble des grossesses.

C’est pourquoi le pronostic basé sur les statistiques est si variable, Cependant comme c’est le seul élément qui

Titre nous permette de létablir, nous avons compulsé toutes les observations publiées.

Nous relevons dans le mémoire de Germain Sée.

Sur 158 cas, 9 morts

Un sur 17 à 18 cas.

Jaccoud, sur 51 cas appartenant à Mosler, Lewick.

Senhouse-Kirkes, Jaccoud, Germain-Sée,

Donne, 4 morts, soit À sur 7,75.

Fehling, dans 69 cas relate 20 morts, soit À sur 5,45.

Tandis que, dans les 8 cas provenant du service de M. Pinard, dans les 5 cas publiés dans la thèse de Riche, dans les D cas qui nous sont personnels et dans ceux de Pollock, de Wasseige, de Dodge, de Kemper, nous ue relevons au contraire rien que des guérisons.

Le relevé de ces observations peut être divisé en deux catégories très nettes. D'une part, les observalions relatées avant l’antisepsie, d’autre part les observations récentes dont nous donnons plus loin le tableau.

On ne peut pas ne pas remarquer combien sont différents les résultats qui y sont relatés.

Si dans un premier tableau, nous arrivons à une mortalité variant entre 5,69 et 50 Oj0 pour les mères et une mortalité assez forte pour le produit de conception; d’un autre côté, celte mortalité devient nulle où à peu près nulle pour les mères, tandis que pour les enfants, elle est beaucoup moins élevée certainement que nous l'avons vue dans la 1" catégorie.

Pourquoi cette divergence et cette sorte de contradiclion entre les résultats publiés, à si peu de temps de distance. |

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On ne peut pourtant pas en conclure que la chorée soit atténuée ou que le terrain s’est modifié d’une semblable façon; ne serait-il pas plus logique d'en déduire que la thérapeutique est devenue plus active, et que mieux appliquée, disposant de moyens plus énergiques et dans le cas particulier plus efficaces, elle a réussi,soiten s’adressant au système cérébro-spinal eten annihilant les reflexes, soit au contraire à l’utérus, et en diminuant son excitabilité des plexus qui limpressionnent, elle a su modérer le système nerveux, en l’empêchant de répondre avec une telle intensité aux excitations provenant comme nous Pavons admis dans la pathogenie, des reflexes dont le point de départ est le plexus utéro-ovarien.

Quoiqu'il en soit et pour mieux expliquer les différences de lexcitabilité, tout au moins chez les mères, il nous faut comme nous l'avons déjà fait prévoir, invoquer aussi lantisepsie et nous rappeler qu'aujourd'hui les avortements si graves autrefois sont devenus au point de vue seplique tout au moins d’une bénignité remarquable.

Pour nous résumer, nous dirons que la gravilé particulière de la chorée chez les femmes enceintes, gravité aussi sévère pour la mère que pour le produit de conception, relatée dans les statistiques de Germain Sée, Spigelberg, Jaccoud, etc., nous semble aujourd’hui devoir être atténuée grâce à une connaissance plus approfondie de la thérapeutique générale et locale et à une plus grande habitude du maniement des substances si actives que le médecin a à sa disposition.

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