LA MACHINE
La Machine, ô mortels ! c'est le héros antique, 5 5 Hercule au cou de bœuf, à l'épaule athlétique, Hercule, par les bois, les plaines et les monts. Écrasant les serpents, abattant les lions. Desséchant les marais des terres empestées, Maîtrisant dans leur cours les ondes indomptées, 60 Et, la massue en main et les flèches au dos. Soulageant les douleurs de l'homme en ses travaux ; Mais c'est Hercule aussi foulant la vaste crête De l'Œta montueux, le dieu perdant la tête ; Et les veines du front toutes pleines de sang, 65 La rage dans le cœur et la douleur au flanc, En aveugle outrageant la superbe nature. Traînant, comme des morts et par la chevelure, Les pins déracinés, les chênes en éclats ; Puis, toujours furieux, méconnaissant Lycas, 70
Prenant le pauvre enfant entre ses mains immenses. Et malgré ses clameurs, malgré ses résistances. Le tournant par trois fois à l'entour de son front, Et lançant un cadavre à l'abîme sans fond, 74