‹ Iambes et poèmes (volume 2)Chapitre 42 sur 112 · LE PROLÉTAIRE · texte numérisé non relu

LE PROLÉTAIRE

Du fer d'Harmodius arme mon bras, Justice !

Fatigué d'être esclave et de voir au supplice

Un grand peuple, je dis : Tout monarque ici-bas

Est un lâche égoïste et digne du trépas.

C'est l'éponge qui boit les richesses sans nombre 5

Que l'ouvrier plaintif élabore dans l'ombre :

Rien n'en sort qu'un peu d'or, qui parfois se répand

Aux mains d'un vil boufïon ou d'un bourreau rampant.

Est-il juste, grand Dieu ! qu'ici»bas d'un seul homme

Des millions d'humains soient leg bêtes de somme ; lo

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Que tant d'êtres de chair soient les hochets sanglants D'un seul, issu comme eux de tes célestes flancs? Un côté penche trop dans l'humaine balance. Ah ! ce n'est pas ainsi que la toute-puissance En a conçu le jeu : lancé dans le plateau, 1 5

Le glaive quelquefois rétablit le niveau : Prête-le-moi, Justice ! et qu'un coup salutaire Des peuples gémissants finisse la misère !

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