‹ Iambes et poèmes (volume 2)Chapitre 63 sur 112 · LES ENFANTS · texte numérisé non relu

LES ENFANTS

Ma mère, que de maux dans ces lieux nous souffrons !

L'air de nos ateliers nous ronge les poumons,

Et nous mourons, les yeux tournés vers les campagnes.

Ah ! que ne sommes-nous habitants des montagnes, 66

Ou pauvres laboureurs dans le fond d'un vallon ;

Alors, traçant en paix un fertile sillon.

Ou paissant des troupeaux aux penchants des collines.

L'air embaumé des fleurs serait notre aliment 70

Et le divin soleil notre chaud vêtement ;

Et, s'il faut travailler sur terre, nos poitrines

Ne se briseraient pas sur de froides machines.

Et, la nuit nous laissant respirer ses pavots,

Nous dormirions enfin comme les animaux. 75

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