LES VICTIMES
Une nuit je levais... et dans mon tâve sombre,
Autour d'un ténébrenx autel. Passaient, passaient toujours des victimes sans nombre,
Les bras tendus vers l'Ëternel.
Toutes avaient au front une trace luisante :
Toutes, comme un maigre troupeau Dont le tondeur a pris la toison blanchissante,
Portaient du rouge sur la peau.
Et toutes, ce n'étaient que vieillards au grand Ige,
Un bâton d'ivoire à la main.
Comme ceux que la mort, en un jour de carnage.
Trouva sur le fauteuil romain ; Que jeunes gens amis, à la vaste poitrine,
Au cœur solide et bien planté.
Frappés, la bouche ouverte, et d'iuie voix divine
Chantant la beUe Liberté; Ca n'étaient que des corps meurtris et noirs de fange.
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