‹ Iambes et poèmesChapitre 29 sur 72 · LE CAMPO SANTO II · texte numérisé non relu

LE CAMPO SANTO II

Comme un pieux soupir s'écouler d'une haleine; Et lorsque sur soa front la Mort pose ses doigts. Les smges près de lui descendent à la fois ; Au sortir de sa bouche ils recueillent son Ame, Et, croisant par-dessus leurs deux ailes de flamme, - L'emportent toute blanche au céleste séjour.

Comme go petit enfant qui meurt sitôt le jour.

B Heureux l'homme qui vit et qui meurt solitaire I Enfant, telle est mon œuvre, et l'immense mystère Qjie mon doigt monacal a tracé sur ce mur; La forme eo est sévère et le contour est dur; Mais j'ai fait àe mon mieux, j'ai pemt de cœur et d'âme La grande vérité dont je sentais la flamme ; Et,comme un jardinier qui béclie avec amour, Sur mon pinceau courbé, j'ai sué plus d'un jour. Puis, quand j'ai vu tomber la nuit sur ma palette, fai croisé les deux bras, et reposant la tête Sur le cousûn sculpté de mon sacré tombeau.

Comme mes devanciers, le Dante et le Giotio, J'ai fermé gravement mon œil mélancoUque

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laO LE CAMPO SANTO

Et me sois endormi, vieux peintTe catholique, En pensant i ma ville, et croyant fermement V<^ mon œuvre et ma foi vivre étemellemem. i

Dots, oh I dors, Orcagna, dans ta couche de pierre.

Et ne rouvre jamais ta pesante paupière.

Reste les bras aoisés dans ton linceul étroit ;

Car si des flancs obscurs de ton sépulcre froid.

Comme un vieux prisonnier, il te prenait envie

De contempler encor ce qu'on fait dans la vie,

Si tu levais ton marbre et regardais de prés.

Ta douleur serait grande, et les sombres regrets

Reviendraient habiter sur ta face amsûgrie.

Tu verrais, Orcagna, ta Pise tant chérie,

Comme une veuve, assise aux rives de l'Amo,

Écouter solitaire à ses pieds couler l'eau;

Tu verrais le saint dôme avec de grandes herties.

Et le long de ses murs les cavales superbes

Monter, et, se jouant, à chaque mouvement

Emplir le lieu sacré de leur hennissement;

Tu verrais que la mort, dans les lieux où nous sommes

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N'a pas plus respecté les choses que les hommes; Et, reposant tes bras sous ton dntre étouffe. Tu dirais, plein d'horreur: La Mon a triomphé!

La Moni la Mort I elle est sur l'Italie entière;

L'Italie est toujours à son heure dernière ;

Déjà sa tète antique a perdu la beauté.

Et son coeur de chrétienne est froid à son cAté.

lUeo de saint ne vit plus sous sa forte nature;

Et, comme un corps usé faute de nourriture.

Ses laides flancs lavés par la vague des mers

Ne se raniment plus aus célestes concerts.

Oh I c'est en vain qu'aux pieds de l'immobile archange

Le canon tonne encor des créneaux de Saint-Ange,

due Saint-Pietie au soleil, sur ses degrés luisants,

Voit remonter encor la pompe des «eux ans :

A quoi bon tant de voix, de cris et de canriques.

Les milliers d'encensoirs fumant sous les portiques.

Le chceur des prêtres saints déroulant ses anneaux.

Et la pourpre brûlante aux flancs des cardinaux?

Pourquoi le dais splendide avec son front qui penche,

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