LB CAMPO SANTO
Et le grand roi viàllard, dans sa tunique blanche,
Superbe et les deux pieds sur le dos des Romains,
De sou irdne flottant bénissant les humains?
Morts, morts sont tous ces bruits et cette pompe sainte.
Car ils ne passent plus le Tibre et son enceinte ;
Mort est ce vain éclat, car il ne frappe plus
Que des fronts de vieillards ou de pâtres velus.
Tous ces chants n'ont plus rien de la force divine.
C'est le son mat et creux d'une virille ruine,
C'est le cri d'un cadavre encor droit et debout
Au milieu des corps morts qui l'entourent partout.
Hélas! hélas! la foi de ce sol est bannie,
La foi n'a plus d'accent pour parler au génie.
Plus de voix pour lui dire en lui prenant la main.
Construis-nous vers le del un immortel chemin.
La foi, source féconde, en sublime rosée
Ne peut plus retomber sur cette terre usée,
Et, remuant la pierre au fond de ses caveaux,
Faire jaillir le marbre en milliers de ^sceaux;
La foi ne pousse plus de sublimes colonnes;
Plus de dames d'airain, plus de triples couronnes,
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LB CAUPO SAHTO )2
Plus de parvis immense i (aire mille pis.
Plus de Large croix grecque étalant ses bngs bras, Plus de ces grands Girists d'or au fond des basiliques Penchant sur les mortels leurs regards angéliques; Plus d'artistes brûlants, plus d'hommes primitifs Ébauchant leur croyance en traits secs et tuïfs, De pieux ouvriers s'en allant par les villes Travailler sur les murs comme des mains servîtes ; Plus de parfums dans l'air, de nuages d'encens, De chants simples et forts, et de maîtres puissants Versant dans les grands jours, de leur harpe bénie. Sur les fronts inclinés des torrents d'harmonie. Rien, absolument rien, et cependant la Mort Ébranle sous ses pas ce qui semblait si fort ; Elle est toujours robuste, et toujours, chose affi«use. Elle poursuit partout sa marche désastreuse.
Chaque jour elle voit sur quelque mont loiat^n. Comme un feu de b«'ger, le culte qui s'éteint ; Chaque jour elle entend un autel qui s'écroule; Et sans le relever passe i côté la foule, £t l'image de Dieu, dans ces débris impurs.
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124 ^B CAUPO SAKTO
Semble tomber des cccurs avec les pans de murs.
Le vieux catholicisme est morne et solitaire.
Sa splendeur i présent n'est qu'une ombre sur terre,
La Mort l'a déchiré comme un vêlement vieux ;
Pour longtemps, bien longtemps, la Mort est dam ces lieux.
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Ail I s'il est id-bas un aspea doulourenx.
Un tableau déchirant pour un cœur magnanime, C'est ce peuple divin que le chagrin décime.
C'est le pâle troupeau des talents malheureux ;
O Mazacciol c'est toi, jeune homme aux longs cheveux. De la bonne Florence enfant cher et sublime; Pemtre des premiers temps, c'est ton air de victime. Et ta boudie entr'ouverte ei tes sombres yeux bleus..
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136 UAZACCIO
Hélas I la mort te prit.les deux mains sui la toile; Et,da hoM del de l'art jeune et brillante étoile, Astre û haut monté, mais si vite abattu,
Le souffle âa poison ternit ta belle flamme.
Comme si, tôt ou tard, pour dévorer ton âme.
Le venin du génie eût été sans vertu.
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