‹ Iambes et poèmesChapitre 36 sur 72 · SALVATOR · texte numérisé non relu

SALVATOR

Heureux, heureux pêcheur ! il te reste la mer,

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Une plaine aussi bleue, aussi large que l'air.

Comme un aigle lassé de son rocher sauvage,

Qjund le souffle de l'homme a terni ton visage,

Lorsque la terre iufecte a soulevé tes sens.

Tu mantes sur ta barque, et, de tes bras puissants.

Tu cours au sein des flots laver ta plaie immonde,

La rame en quatre coups te Éiit le roi du monde.

Li, tu lèves le front, là, d'un regard vermeil,

En homme saluant la face du soleil.

Tu jettes tes chansons; et si la mer écume.

Si le bruit de la terre avec son amermme

Te revient sur la lèvre, au murmure des flots

Tu peux sans crainte encor murmurer tes sanglots.

Mais nous, mais nous, hélas I habitants de la terre,

11 faut savoir souffrir, mendier et nous taire;

Il faiJt de notre ?ang engraisser les abus,

Des fripons et des sots supporter les rebuts;

Il faut voir aux clartés de la pure lumière

Des choses qui feraient fendre et crier la pierre.

Puis dans le creus des doigts enfermer avec s^

Son Âme, et s'en aller gémir en quelque coin :

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