‹ Iambes et poèmesChapitre 5 sur 72 · L IDOLE · texte numérisé non relu

L IDOLE

Il n'aime que le bru qui dans des champs humides

Par milliers fait pourrir ses os; n aime qui lui £iit bâtir des Pyramides,

Porter des pieires sur le dos.

Passée I le peuple, c'est la fille de taveme,

La fille buvant du vin bleu, Qii veut dans sonamant un bras qui la gouvetne.

Un coips de fer, un oeil de feu, Et qui, dans son taudis, sur sa couche de paille,

N'ft d'amouT chaud et libertin Qfie pour l'homme hardi qui la bat et la fouaille

Depuis le soir jusqu'au matin.

Mai i8)i.

î.GoogIc

Mèrel il était une ville fameuse:

Avec le Hun j'ai franchi ses détours, Jai démoli son enceinte fumeuse.

Sous le boulet j'ù fait crooler ses tours.

J'ai promené mes chevam par les tues, Et sous le fer de leurs ludes sabots J'ai labouré le corps des femmes nues Et des cn&nts couchés dans les ruisseaux.

J'ai sur la boœe, au plus fort du carnage.

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Le corps irottê de suif et de saindoux.

Brutalement et le from tout en nage,

Sur un sein vierge essuyé mon poil loux ;

Puis, j'ai traîné sur mes pas l'Incendie ;

Et le géant, hurlant matin et soir,

A nettoyé de sa langue hardie

Les pans de inur inondés de sang n<nr.

Houira I hourra j j'ai courbé la rebelle.

J'ai largement lavé mon vieil af&ont.

J'ai vu des morts à hauteur de ma selle;

Hourra I j'ai mis les deux pieds sur .*«n froût.

Tout est fini, maintenant, et ma lamo

Pend inutile à c6té de mon flanc;

Tout a passé par le fer et la flamme.

Toute muraille a sa tache de sang;

Les maigres chiens, aux saillantes échines.

Dans les ruisseaux n'ont plus rien à lécher;

Tout est désert, l'herbe pousse aux ruines;

O mort I 6 mort ! je u'ai rien à faucher. -

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VARSOVIl

LE CHOLÉSA-HORBUS

Mire I il était un peuple plein de vie.

Un peuple ardent et fou de liberté...

Eh bien I soudain des champs de Moscovie Je l'ai frappé de mon souffle emjKsté.

Alore, alon, dans les plaines humides Le fossoyeur a levé ses grands bras. Et par milliers les cadavres livides Comme de l'herbe ont encombré ses pas.

Mieux que la balle et ies larges mitrailles, Mieux que la fiarome et l'implacable faim, J'ai déchiré les mortelles entrailles, J'ai souillé l'air et corrompu le pain.

yù tout noirci de mon haleine errante.

De mon contact j'ai tout empoisonné ; Sut le teton de sa mère expirante Tout endormi )'ai pris le nouveau-né.

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VAKSOVIl

J'ai divor^ même au sein de la guerre Des camps entiers de carnage Itimants ; j'ai frappé l'homme au bruit de son tonnerre, J'ai bit combattre entre eux des ossements.

Enfin, partout l'humaine créature.

Sur un sol nu, sanglant et crevassé, Glt maintenant plûne de pourriture, Comme un chien mort au revers d'un fossé.

Partout, partout le corbeau noir becqueté.

Partout les vers ont des corps à manger; Pas un vivant, et partout un squelette...

O mort I à mort ! je n'ai rien i ronger.

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