‹ Iambes et poèmesChapitre 6 sur 72 · LA HORT · texte numérisé non relu

LA HORT

Tristes fléaux, créatures hideuses.

Oh I mesen&nts, de moi qtie voulez-vous?

Cessez, cessez vos plaintes hasardeuses, Et sur la pierre étendez vos genoux.

Le sang toujours ne peut rougji k terre.

Les chiens toujours De peuvent pas lécher;

Il est un temps où la peste et la guerre

Ne trouvent plus de vivants à faucher ;

Il est un jour où la chair manque au monde,

Où, sur le sol, le mal toujours ardent,

Comme sur l'os d'une charogne immonde

Ne trouve plus i repaître sa dent.

Enfknts hideux, couchez-vous dans mon ombre.

Et sur la pierre étendez vos genoux:

Dormez, dormez ! sur notre globe sombre.

Tristes fléaui, jevdllerai pour vous.

Dormez, dormez I je prêterai l'oreille

Au moindre bruit par le vent apporté :

Et quand de loin, comme un vol de corneille.

S'élèveront des cris de liberté ;

Q)iand j'entendrai de pâles multitudes,

Des peuples nus, des milliers de proscrits.

Jeter à bas leurs vieilles servitudes,

En maudissant leurs tyrans abrutis ;

Enfants hideux, pour finir votre somme

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