‹ Ibn Thofaïl: Sa vie, ses œuvresChapitre 11 sur 40 · LEO · texte numérisé non relu

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1bn Thofail mourut en 581 (= 1185) à Marrâkech, où il fut enterré avec honneur. Le sultan Aboû Yoùçof Ya‘qoùb assista en personne à ses funérailles (1}.

Si son deuxième surnom d'Aboû Dja‘far n’est pas le résultat d’une simple méprise, Ibn Thofaïl laissa au moins trois fils : Bekr, à qui il doit son surnom d’Aboù Bekr, et qui était probablement l'aîné, car c’est, non pas toujours, mais le plus souvent, du nom de son fils aîné, qu'un Musulman reçoit son surnom; Yahya, que l'historien El- Marrâkochi a personnellement connu (2); enfin Dja far, dont l’existence, attestée seulement par un surnom douteux de son père, demeure hypothétique. Aucun de ses fils ne parvint d’ailleurs à une certaine célébrité.

Il en va autrement d’un de ses disciples, dont les théories novatrices firent grand bruit au xuur° siècle. Ce n’est pas d’Ibn Rochd qu’il s’agit ici, car il n'étudia point sous lui; il n’est même pas plus spécialement disciple d’Ibn Thofaïl que de l’un quelconque des grands falâcifa musulmans, et même la nuance de sa doctrine diffère plus de celle de l’auteur du Fayy ben Yagdhän que de celle de tel faïlacoûf plus ancien, comme El-Fârâbi ou El-Kindi. Il s’agit encore moins du jurisconsulte Aboû Bekr Bondoûd ben Yahya el-Qorthobi, disciple authentique d’Ibn Thofaïl, au témoignage d'El Marrâkochi (3), mais qui n’est pas autrement connu. Le disciple dont nous voulons parler se

(1) Ibn Abi Zer‘, ibid., texte arabe, p. 1r0, 1. 7 du bas: trad. lat., P. 182, 1, 4; trad. Beaumier, p. 299, 1. 19. — Ibn El-Khathib, cité par Casiri, Bibl, arab.-hisp. Escur., t. Il, p. 76, col. 2, 1. 8 du bas et 1, 7 du bas, cf. ibid,, Table générale, art. Abu Baker Mohamad ben Abdelmalek ben Thophil; cf, le manuscrit d’Ibn el-Khathib de la Bibl, Nation. intitulé Markaz el-ihâtha bi-’odabà’i Gharnâtha [Ne 3347 (anc. fonds 867)], fol. 45, en marge, au bas, — Conde, ibid., p. 493, 1. 4 du bas; Abbadides, éd. Dozy, p. 191, 1. 19. — Cf. Ibn Khallikân, trad, angl. par de Slane, vol. IV, Fe 478, n. 9, 1. 4 et 5; Makkari, trad, angl. de Gayangos, t, 1p 335, , 7; etc:

(2) El-Marräkochi, ibid., p. ivr, 1. 3 du bas; trad, franc., p. 208, L. 7.

(3) El-Marrâkochi, ibid., p. 1ve, 1. 16 et 173 trad. fr., p. 209, 1. 16 et 17.

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nomme Aboû Ishaq el-Bithraoudji (1) (Alpetragius, Alpetrangi, Alpetronji, etc., chez Les scolastiques) (2). Munk lui a consacré une notice (3) qui nous dispense de nous étendre longuement sur lui {4). S'il peut compter parmi les disciples d'Ibn Thofaïl, ce n’est point à titre de philosophe, mais d’astronome. Nous ne connaissons de lui, en effet, qu’un traité d'astronomie composé vers la fin du x1r° siècle ou au début du xine (5). Dans ce traité, conformément à certaines vues astronomiques d’Ibn Thofail, qu’il a soin de rappeler dans sa préface, et sur lesquelles nous reviendrons plus loin, il prétend, après avoir détruit de fond en comble le système astronomique de son temps, hérité de Ptolémée, lui en substituer un nouveau, plus simple et plus conforme aux vrais principes de la nature. Un auteur juif du début du xiv° siècle dit que « par sa théorie, il a mis en émoi le monde entier » (6).

De disciple philosophe, Ibn Thofail n’en laissa point à proprement parler, puisqu’Ibn Rochd ne peut être appelé son élève.

On ne nous apprend rien sur le caractère d’Ibn Thofail. Cependant, à en juger par ses écrits, la hauteur de pensée, le ton de noble sérénité qui règne dans ses poésies et dans son œuvre philosophique, nous inclineraient à concevoir de sa personnalité morale aussi bien que de son esprit une idée avantageuse.

(x) C'est-à-dire du bourg de Bithraoudj ts au Nord de Cordoue

(Voir Munk, ibid., p, 518, n. 4).

(2) Munk, ibid., p. 518, premières lignes.

(3) Zbid., pp. 518 à 522.

(4) Voir aussi, sur El-Bithraoudji, H. Suter, Die Mathematiker und Astronomen der Araber und ihre Werke. Leipzig, r900, pp. 131 et 218.

(5) Ce traité fut traduit en latin par Michel Scot, à Tolède, en r2r7 (Munk, ibid., p. 519, 1. 5 et 6; p. 527, 1. 5 du bas à dern. I.)

(6) Munk, sbid., p. 5271, 1. 12 à L. 17.

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