‹ Ibn Thofaïl: Sa vie, ses œuvresChapitre 13 sur 40 · MO AE · texte numérisé non relu

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Ajoutons que-dans aucun pays musulman le talent poétique ne fut jamais plus prisé qu'en Andalousie à une certaine époque. Avant la réaction almoravide, on avait vu, à la cour brillante et dissolue de divers princes andalous, tel poème de quelques vers valoir à son heureux auteur une haute judicature ou le gouvernement d’une province. Proscrite par les farouches conquérants almoravides, puis réhabilitée par les sultans almohades, la poésie, sans doute, ne constituait plus à la cour de ces derniers un aussi rapide moyen de parvenir. Elle n’en était pas moins redevenue, comme aux belles périodes de tout pays musulman, la marque par excellence d’une éducation libérale. Ainsi que tout Musulman lettré (1), Ibn Rochd était donc poète à ses heures. Quelques-unes de ses poésies nous sont parvenues (2). Elles ne révèlent pas un grand génie poétique et

(x) Les Musulmans considèrent même cette poésie antéislamique, bien qu’érotique et d'inspiration païenne, comme le complément indispensable d’une éducation religieuse achevée et par conséquent de toute éducation vraiment complète : c’est en effet chez les anciens poètes arabes du 1er siècle avant l’hégire, que les commentateurs du Qoran sont allés chercher des citations propres à éclairer le sens de nombreuses expressions goraniques tombées en désuétude et dont la signification s’est, de très bonne heure, entièrement perdue, Ils se sont conformés en cela au conseil qui leur était donné dans un hadîts attribué au Prophète, (Cf. R. Basset, La poésie arabe anté-islamique. Paris, 1880, p. 8; p. 55, av.-dern. lab #56, 1%)

(2) 1° Un poème didactique d’ordre médical (voir plus loin, p. 25, 1. 5 du bas à dern. 1.); 2° Trois poésies dont le texte nous a été conservé par El-Marräkochi, p. {vr, dern, L., à p. |vs, 1. 12; trad. franc., pp. 208 et 209; 3° Outre la première de ces trois pièces, qu’il reproduit avec certaines variantes (18 vers), le manuscrit de Paris du Markaz el-ihäâtha d'Ibn el-Khathib (voir plus haut, p. 20, n. r) donne deux petites pièces l’une de deux, l’autre de trois vers (fol. 45 recto, au bas) et une ode (de 14 vers) sur la prise de Gafça par Aboù Ya‘qoûb Yoücof en l’an 576 = 1180-1181 (et non en 596, date que porte par erreur le manuscrit de Paris). Mais ce texte, d’ailleurs sans intérêt, me semble trop altéré pour qu’on puisse s’aventurer à en donner une traduction : il faudrait le collationner au préalable avec les manuscrits du même ouvrage, et aussi de l'Zhätha bi-t4&’rikh Gharnätha, du même auteur, dont le Markaz n’est qu’un extrait, conservés dans diverses bibliothèques de l'Europe et du Caire (voir Brockelmann, Geschichte der arabischen Litteratur. Weimar,

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