LE D IV
ne sortent pas, naturellement, du cadre étroit dans lequel demeure enfermée la poésie arabe : poésie subjective des anciennes gacida et poésie mystique. Tout au plus nous fournissent-elles, peut-être, quelques indications, d’ailleurs bien vagues, touchant le caractère d’Ibn Thofaïl (1).
Selon Ibn el-Khathib Licân ed-din, le célèbre historien de Grenade qui vivait au xiv° siècle, Ibn Thofaïl aurait écrit deux volumes de médecine (2). Ibn Abî ‘Ocaïbiya dans son Histoire des médecins, au chapitre sur la vie d’Ibn Rochd (3), parlé de traités échangés entre Ibn Thofaïl et Ibn Rochd au sujet du chapitre des Kolliyyät (4) qui traite des médicaments. Peut-être s'agit-il des deux traités précédents. Enfin Casiri mentionne un poème d’Ibn Thofail sur les simples (de simplicibus medicamentis), au sujet duquel il ne nous fournit aucun renseignement, et qui se trouve, dit-il, à la Bibliothèque de l’Escurial, dans le manuscrit d’Ibn el-Khathib intitulé Histoire encyclopédique de Grenade (5). En somme, rien ne nous autorise à pen-
1898-1902, 2 vol., vol, I, p. 262). Tel est aussi l’avis de mon ancien professeur, M, René Basset, dont l'opinion fait autorité en matière de poésie arabe. Je dois à son obligeance inlassable et à son inépuisable érudition divers renseignements dont je suis heureux de pouvoir le remercier ici,
(x) Voir plus haut, p. 2r, dern. alinéa,
(2) Casiri, bid., t. II, p. 76, col. 9, 1. 33 et 34.
(3) Texte arabe, donné en appendice par Renan, Averroës et l'averroïsme, p. 455, 1. 3 du bas à dern. I,
(4) Le titre de ce traité, que les scolastiques appellent le Colliget, signifie Généralités ou Traité sur l’ensemble de la médecine. Voir l’Introduction de ce traité et le début du livre I : Aristotelis opera... cum Averrois… commentariis, vol. IX, Colliget, fol. x À à E, ainsi que le titre des sept livres qui composent l’ouvrage (fol, r H à fol. 2 L),etfol.3DE, — Cf. Renan, ibid., p. 14, 1. 4 du bas, et p. 76 au bas, corrigé par le docteur Lucien Leclerc dans son Histoire de la médecine arabe... Paris, 1876. 2 vol., vol. II, p. 102, n. 1. — Cf. Munk, ibid., p. 429, av.-dern. et dern, 1. : «...Colliyyät (Généralités), traité de thérapeutique générale ».
(5) Casiri, cbid., t. II, p. 56, col. 2, 1. 33 à 1. 35. — Le manuscrit de Paris du Markaz el-ihätha d'Ibn el-Khathib parle seulement d’ «un poème
du mètre radjaz sur la médecine » CxbJ\ & 859>)| (fol. 44 v°, art. Ibn Thofail, 1. 4), à