CHAPITRE II
Œuvres philosophiques.
On n’a guère eu, jusqu'ici, que des idées vagues ou fausses touchant la plupart des questions relatives aux livres philosophiques d’Ibn Thofaïl.
Sur cinq manuscrits dont nous avons maintenant connaissance, deux seulement étaient identifiés d’une manière exacte ; le troisième passait à tort pour un autre ouvrage d’Ibn Thofail, en réalité perdu, et peut-être imaginaire ; le quatrième avait toujours été pris pour l’œuvre d’un autre auteur ; le cinquième était inconnu.
Le premier de ces cinq manuscrits se trouve à la Bibliothèque Bodleyenne d'Oxford (1). C’est, comme nous le montrerons tout à l'heure, le manuscrit du Hayy ben Yagdhän qu’a édité Pococke sous le titre latin : Philosophus autodidactus.
Le second est à Londres, au British Museum (2). Comme
(x) Bibliothecae Bodleianae codicum manuscriptorum orientalium.… Catalogus.. a Joanne Uri confectus. Pars prima. Oxonïi, MDCCLXXX VII, p. 65, no CXXXIIL 2» :
Philosophus autodidactus, sive Epistola Abi Giaafar ben Tofail de Haï ben Yokdhan, in qua ostenditur, quomodo ex inferiorum contemplatione ad superiorum notitiam Ratio humana ascendere possit. [Pocock 263.]
(2) Catalogus manuscriptorum orientalium qui in Museo Britannico asseverantur. Pars secunda Codices Arabicos amplectens, Londini, 1871. Supplementum, p. 448, col. 2 (N° X du chapitre relatif à la Psp s Codices ad philosophiam... pertinentes) :
« X. Abu Ja’far Abu Bakr Ibn al-Tufaïl AI- Ishbili al Curtubi. 43
bi cohasts Jibil es pe sl sien Traçtatus Hayy ben
Yaczän inscriptus : CUBES <,5 Qeæ AJLu, FR 235 (4). Init, : AU Del
LEVSSGRE
le prouvent letitre et l’Incipit, reproduits dans le catalogue de cette bibliothèque, c’est également un manuscrit du Hayy ben Yagdhän. à *
Il existe à la Bibliothèque de l’Escurial un troisième manuscrit d’'Ibn Thofaïil dont l'identité demeurait douteuse. Dès l’année 1900 (1), ou plus exactement dès 1899 (2), nous posions et tranchions la question dans les termes suivants : « Casiri, dans son catalogue des manuscrits de l'Escurial, publié sous le titre de Bibliotheca Arabico-Hispana, mentionne (t. I, p. 203, n° DCXCIII) le manuscrit mutilé d'un Traité de l'Ame dont l'auteur est Abou Bekr ben Thofaïl, l'Espagnol, de Cordoue, et qui a pour titre 1 jbl 15,4 (Secrets de la Sagesse orientale) (3). — Dans son Catalogue des Manuscrits arabes de l'Escurial, t. T, p.492, n° 669 (c’est une faute typographique : il faut lire 696), M. Hartwig Derenbourg fait mention du même manuscrit « en très mauvais état et dont le commencement est indé-
ROM 5) be <=) (Ce titre et cet incipit sont identiques à ceux de l’édition Pococke et des deux éditions égyptiennes dont nous parlerons plus loin), — En note : (4) Arabice editus est opera clarissimi Edw., Pocockii sub titulo : Philosophus autodidactus, Oxon , 167r.
(x) Hayy ben Yagdhän, roman philosophique d’Ibn Thofaïl, texte arabe publié d’après un nouveau manuscrit avec les variantes des anciens textes et traduction française (Collection du Gouvernement général de l’Algérie), Alger, Fontana, 1900, Introduction, pp. v et vi.
(2) Dans le premier fascicule, qui n’a été tiré séparément qu’à quelques exemplaires, et dont le texte, dans l'édition complète de r900, n’a subi que de très légères modifications.
(3) Casiri, Bibliotheca Arabico-Hispana Escurialensis. 2 vol. in-fol, Matriti, 1760-70, t. I, p. 203, col. 1-2 : DCXCIII 3° : (Après un traité d'Abu Ali Ahmad ben Mohamad Mascuiah, Opus philosophicum de Anima, Casiri ajoute) : « 3° Alter de eodem argumento Liber, sed mutilus, titulo Sapientiae Orientalis Arcana, eujus auctor Abu Baker ben Thophaïl Hispanus Cordubensis ». Et en note : « Titulus À L| RS | plat Auctor Cam ail 6 es (sol CAAB ». La table générale porte : « Abu Baker ben Tophaïl, Corbubensis, De anima opus edidit, Sapientiae Orientalis Arcana dictum. I, p. 203, col. 2 ». — Dans son histoire de la littérature arabe (Geschichte der arabischen Litteratur, 1898, Bd. 1, p. 460), C. Brockelmann présente encore ce mauuscrit de l’Escurial comme un ouvrage d’Ibn Thofaïl distinct du Hayy ben Yagdhän.