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chiffrable ». — Munk (ouvrage cité, p.411) (1) suppose que ce manuscrit « est peut-être identique avec le Traité de « l’Ame où avec le traité philosophique... (de Hayy ben « Yagdhän) » (2). — Sansnous engager ici dans une discussion approfondie, faisons remarquer seulement, à l’appui de cette dernière supposition, que le titre de ce manuscrit
45,21 HN )bæl, Secrets de Ja philosophie orientale (ou sptritualiste, comme traduit M. Derenbourg, cf. Munk, ouvr. cité, p. 13; p. 330, et même page, note 2) est précisément le sous-titre de la ricâla de Hayy ben Yagdhän (3);
(x) Munk, Mél. de philos. juive et arabe, p. Arr, dern, 1.
(2) Munk, on le voit, fait preuve de prudence et de sagacité. Au contraire, dans sa Ziteraturgeschichte der Araber, bis zur Ende des 12, Jahrbundert des Hidschret. Vienne, 1850-56, 7 vol., Hammer-Purgstall est bien éloigné de soupconner l'identité du manuscrit de l’Escurial et du Hayÿy ben Yaqgdhän. 1] dit, sous l'article Ibn Thofaïl (7e vol., n° 7976, p. 442) : « Eben so wenig wusste Pococke von einem anderen, auch dem fleissigen Rossi unbekannt geblieben Werke Ibn Thofeil’s, welches sich auf der Bibliothek des Escurials unter dem Titel der üstlichen Weisheit befindet (En note : Casirius I, S, 203), die Uebersetzung desselben würde vermuthlich über die Geschichte der ôstlichen Philosophie grüsseres Licht verbreiten, als die Abhandlung Hai ben Iokdhan's »,
(3) Si l’on en juge par les fiches des catalogues et par l'édition Pococke, ce sous-titre manque non seulement dans le manuscrit d'Oxford mais aussi dans celui du British Museum. Il manque également dans le manuscrit d'Alger, dont il sera question tout à l’heure. Mais ce dernier a été copié sur un manuscrit dont le titre manquait, ainsi qu’en fait foi le titre de fantaisie qui figure comme en-tête sur le manuscrit d'Alger (voir notre édition avec traduction, Introd., pp. xiu et xvr). Peut-être même toute la première page, soit du manuscrit antérieur, soit du manuscrit d'Alger lui-même, avait-elle disparu, comme tend à le faire croire l’absence, dans le manuscrit d'Alger, d’un préambule d'environ dix lignes, commun à tous les autres manuscrits ou éditions (voir ébid., texte arabe, p. 5, note 1). Mais ce sous-titre figure vraisemblablement dans le manuscrit sur lequel ont été faites nos deux éditions du Caire (voir plus loin, p. 44, 5°; p. 45, 3° à 8°), puisque leur en-tête débute ainsi AS LT ASS lol G LB RS os Ce À DL, (Histoire de Hayy ben Yagdhân ou Secrets de la philosophie orientale...) jou illuminative {voir plus loin, p. 59, n. 1)]. Ce sous-titre trouve d’ailleurs une complète justification dans le contenu de l'ouvrage et dans le libellé de l'envoi par lequel il débute : « Tu m'as demandé, frère au cœur pur,.… de te révéler ce que je pourrais des Secrets de la Philosophie orientale [ou illuminative] communiqués par... Ibn Sinà »,
que Casiri, parcourant à, la hâte un nombre énorme de manuscrits pour en dresser le catalogue, a pu prendre tout naturellement pour un, traité de-‘lAme un manuscrit mutilé et en très mauvais. élat de notre Hayy ben Yagdhän, dont une bonne partie est relative à l'âme. Enfin, M. Derenbourg, qui a eu le manuscrit entre les mains, semble partager cette opinion puisqu'il ajoute : « opuscule publié à « Boulaq en 1882 », date qui est celle des diverses éditions égyptiennes de Hayy ben Yaqgdhän. Cependant nous n'avons pu jusqu ici lever le doute qui subsiste, soit en allant à l'Escurial, soit en faisant prendre la copie ou le cliché photographique d’une page de ce manuscrit, — Quant à la première supposition de Munk, elle nous parait beaucoup moins probable : nous avons peine à croire que le manuscrit de l'Escurial soit précisément le Traité de, l’Ame mentionné par El-Marrékochi (1), et qui aurait eu pour titre, si cette identification était exacte, le sous-titre du Hayy 7 Yagdhän ».
Peu de temps après avoir écrit ces lignes, nous avons pu nous procurer la preuve directe qui nous manquait. En septembre 1900, un de nos collègues de Madrid, M. Francisco Codera, professeur à la Universidad Central, voulut bien, sur nos indications et à notre demande, se rendre à la Bibliothèque de l’Escurial et collationner plusieurs pages du manuscrit arabe n° 696 avec les pages correspondantes du roman d’Ibn Thofaïl. Il constata l’idenüté des deux textes, sauf quelques variantes sans impor-
tance, telles qu'en présentent toujours les copies d’un même ouvrage. Ce manuscrit, d’ailleurs, était devenu presque entièrement inutilisable. Sous l’action prolongée de l’humidité, les feuillets avaient adhéré entre eux, et
(x) Allusion au passage suivant de la même Introduction, p. v, qui précède de quelques lignes le début du présent paragraphe : « Un traité de l’Ame (par Ibn Thofaïl), dont un historien musulman du x siècle, Abd-el-Ouähid El-Marrékochi, déclare avoir vu le manuscrit autographe ». — Nous reviendrons tout à Den sur ce point.
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l'encre de chaque page avait marqué sur la page opposée, au point de rendre un grand nombre de lignes complètement illisibles (1). Cetteidentification, désormais certaine, Ôte aux historiens de la philosophie musulmane le dernier espoir de trouver dans une bibliothèque publique un manuscrit du Traité de l'Âme d'Ibn Thofaïl. Ils doivent se résigner jusqu’à nouvel ordre, à considérer ce traité comme perdu, en admettant qu'il ait jamais existé. Nous discuterons plus loin ce dernier point.
Un quatrième manuscrit du Hayy ben Yagdhän d'Ibn Thofail est resté ignoré jusqu’à ce jour, bien qu'appartenant à une bibliothèque publique, parce qu'il a reçu au catalogue une attribution doublement fausse, de titre et d'auteur. Nous avions déjà, par inférence, établi l'existence d’un tel manuscrit : « Il doit exister en Orient, disions-nous, un autre manuscrit, d’après lequel ont été publiées en 1299 (1882 de l’ère chrét.) plusieurs éditions arabes : en Égypte, quatre... à Constantinople... deux éditions » (2). Un rapide examen des notes placées au bas des pages de notre texte arabe suffisait à montrer clairement, par la comparaison des diverses variantes, que les deux éditions arabes du Caire utilisées par nous n’étaient pas une reproduction de la seule édition antérieure, l'édition Pococke. D'autre part, il ne peut venir à la pensée d'aucun arabisant qu’en pays musulman un imprimeur indigène ait pu songer à éditer, il y a plus de vingt-cinq ans, un manuscrit arabe d’une bibliothèque européenne. Nous étions donc fondé à tenir pour certaine l'existence, au Caire ou à Constantinople, dans une bibliothèque publique ou privée, d’un
(1) Nous tenons à remercier publiquement M. Codera pour la peine qu'il a bien voulu prendre en cette circonstance, Dès janvier 1907, à la fin d’une courte notice publiée à l’occasion de notre livre dans le Boletin de la Real Academia de la Historia et intitulée : El filésofo autodidacto de Abentofail, il a signalé lui-même la réponse qu’il venait de faire à la question que nous lui avions posée,
(2) Quvr, cité, Introduction, p, 1x.
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manuscrit du Hayy ben. Yaqgdhän. La comparaison des variantes montrait en outre que ce manuscrit et celui d'Oxford appartenaient à la même famille ; nous en donnions plusieurs preuves décisives (1). Il restait à retrouver ce manuscrit, En compulsant, à cet effet, tous les catalogues des bibliothèques turques et égyptiennes, nous avons fini par découvrir dans le catalogue de la Bibliothèque Khédiviale du Caire (2), sous le nom du philosophe arabe Ibn
Sab'‘in (3), un manuscrit portant ce titre à, 41 A à je (Secrets de la philosophie orientale [ou : illuminative]). Le catalogue en reproduit l’incipit : il est identique à celui du manuscrit d'Alger. Aucun doute ne pouvait donc subsister: nous avions retrouvé, sous un faux nom d'auteur, et sous un faux titre, ou plutôt avec son seul sous-titre, un manuscrit du Hayy ben Yagdhän d’Ibn Thofaïl, peut-être celui-là même sur lequel ont été faites, en 1882, nos deux éditions
(x) Ouvr. cité, Introd., p. xun, L. 18, à p. xev, 1. 3. (2) Fihrist el-kotob el-‘arabiyya ’1-mahfoûdha bi ’I-kotobkhanè ’1-khi-
diwiyya... bi-Micr. Le Caire, 1306-1309. 7 vol., vol. VI, p. 88 : plu LC 7)| LS) #1 en GE ee es Co À bell Àe$<£\ (sic) Jlsus mal (éotell ARTE D Doll came el (audi Y1 LOS st AU ect all EN Let LITRES (var. de nos textes : ELA) SJ Es Co (Se pa) Xreui)| CET NS (= À © À AS pe) ASE? »| y | CA AËS QsA=$ | Lu avredreiolel Le 298 (ol 2)
(3) Aboû Mohammed ‘Abd-el-Haqq ben Ibrähim ben Mohammed el- Ichbili ben Sab‘ïn, né à Ceuta, mort à La Mekke en 668 (= 1269), fondateur d’une secte philosophique mystique qui porte son nom, connu surtout, en Europe, par sa correspondance philosophique avec l’empereur Frédéric Il de Hohenstaufen. Voir Journ. Asiat., série 5, t. I (1853), pp. 240 à 274, l’article d'Amari : Questions adressées aux savants musulmans par l'empereur Frédéric 11; et série 7, t. XIV (1879), pp. 34r à 454, l’article de M. Mehren, Correspondance du philosophe-soufi Ibn Sabin
Abdalhaqgq avec l'empereur Frédéric de Hohenstaufen. — Cf, Brockelmann, Gesch. der arab. Litter., 1898-1902, 2 vol., I, p. 465.