RAS NE
bien nous n’avons pas encore connaissance de leur véritable valeur » (1). Peut-être faut-il voir,‘avec Renan (2), dans ces « contemporains qui sont encore en voie de développement », une allusion à Ibn Rochd, jeune encore, en possession déjà d’un assez grand renom pour que son protecteur et ami ne püût se dispenser de faire à sa célébrité naissante une discrète allusion, mais pas encore assez illustre pour que son nom püût, après ceux d’Ibn Sinä et d’El-Ghazäli, figurer de pair à côté du nom d'Ibn Bäddija. Si cette conjecture est exacte, la date de composition du Hayy ben Yagdhän doit être, selon toute vraisemblance, postérieure à la double entrevue qui donna occasion à [bn Rochd d'entreprendre ses Commentaires; car c’est seulement après cette présentation qu'il commença, nous a dit El-Marrâkochi, d’être connu et apprécié (3). Or, nous avons établi qu’on peut fixer au début de 1169, à quelques mois près, la date de cette entrevue (4).
La limite inférieure ainsi déterminée, il serait tentant de chercher à indiquer de même une limite supérieure suffisamment rapprochée. Mais cette dernière tentative nous paraît hasardeuse. Les documents nous manquent pour fixer avec quelque certitude une époque à laquelle la gloire d'Averroës serait devenue, dans l’Occident musulman, si éclatante (5), qu'il n’eût plus été possible à Ibn Thofail de ne citer aucun de ses ouvrages, de taire jusqu’à son nom, et de déclarer qu'aucun des contemporains n’est
) P. 10, 1. 13 de la traduction francaise. ) Averr. et l’averr., p. 17, L. 24.
) Voir plus haut, p. 9, L 5}
JPA AD Er.
(5) Renan montre fort bien que si Averroès n'a pas exercé, dans PIslâm, une grande influence philosophique sur les générations ureteut res,
il n’en a pas moins joui d’une haute réputation, comme philosophe. parmi ses contemporains (Renan, Averr. et l averr., 1'° partie, chap. IV:
De la fortune d’Ibn Rochd chez ses coreligionnaires). — Voir ce qu’en dit en outre le docteur L, Leclerc dans son Histoire de la médecine arabe, Ïl;:p.102,11. 4 à 18du'bas.