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couverte de nouveaux documents ne permettra pas, un jour, de la résoudre. ; ;
Daniel de Foë avait-il connaissance edu Philosophus autodidactus lorsqu'en 1719 il écrivit son Robinson Crusoé ? C’est un point de fait que je ne suis pas, non plus, en mesure de décider. Mais les analogies du Robinson avec le Hayy ben Yagdhän sont beaucoup moins nombreuses et bien moins significatives que celles du Criticon. Notons que la tendance doctrinale du roman anglais est identique à celle du roman espagnol, mais plus nette encore et plus accentuée. Devenu mauvais dans la société des hommes, c'est dans le sein de la nature que le héros de de Foë retrouve la pureté native. Le point de vue de l'écrivain arabe est notablement différent, bien qu'il ne laisse pas de présenter avec celui de ses deux successeurs une vague analogie : la solitude est la condition de l’extase mystique, c'est-à-dire de la perfection et de la félicité absolue, du souverain bien de l’homme ; la vie sociale représente un état moins élevé de la nature humaine.
En somme, autant l'hypothèse d’une rencontre fortuite avec Ibn Thofail est peu admissible quand il s’agit de Graciän, autant elle est vraisemblable en ce qui concerne de Foë. |
Le Hayy ben Yagdhän recut en Europe un accueil favorable, non seulement du grand public, comme en fait foi le nombre des traductions en diverses langues, mais aussi des érudits et des philosophes. Leibniz, dont le système
coincidencia », — Comme le fait remarquer M, Miguel Asin dans un article de la Revista de Aragôn (janv, 1901, p.27, n. r) dont nous parlons plus loin (p. 57, n. 4), limitation du Hayy ben Yaqgdhän par Baltasar Gracian a été soupçonnée dès le xvure siècle par le P. jésuite Bartolomé Pou, qui rendant compte de la traduction de Pococke, écrivait : « Quem heu latinum fecit Pocockius eo titulo Philosophus PAS MATE Cujus exemplo mihi Gratianus e Societate Jesu expressisse videtur Andrenium illum suum in eo libro, cui Critici nomen imposuit » (Bartholomei Powii e S. J, in Seminario Bilbilitano philosophiae professoris, {nstitutionum Historiae philosophiae Libri XII, — Edit, Bilbili, 1763, p. 199).
Note —
est étroitement apparenté à celui des falâcifa, comme le système de Descartes l’est à celui d’El-Ghazâli et des Motekallemin, fait un grand éloge du Philosophe autodidacte, qu'il connaît par la version latine de Pococke (1).
Néanmoins, telles sontles difficultés que présente l'étude approfondie des philosophes musulmans, que les quelques travaux publiés jusqu'ici sur Ibn Thofaïl et son célèbre ouvrage n’ont jamais excédé les proportions d’un article de dictionnaire ou de revue. Parmi ces travaux, les seuls qui méritent d’être cités sont, parordre chronologique (2) :
Brucker, Historia critica philosophiae, 1742-67 (3), t. IIL, $ XXILT sur Ibn Thofaïl (pp. 95 et 96). — Plus loin, dans le même volume, l’auteur, voulant donner à ses lecteurs une idée de la physique et de la métaphysique des philosophes arabes, déclare ne pouvoir mieux faire que de prendre pour guide Ibn Thofaïl. Il trace donc, d’après les traductions de Pococke, d’'Ockley et de Pritius, mais surtout d’après la première, une très longue analyse du Philosophus Autodidactus, accompagnant parfois ce résumé de réflexions les unes justes, Les autres moins judicieuses (t. II, pp. 172 à 198).
Hammer-Purgstall, dans sa Literaturgeschichte der Araber, consacre à Ibn Thofaïl (vol. VII, n° 7976, pp. 442 à 444) une notice qui n’est pas exempte d’erreurs. Il fait d’Ibn Thofaïl le médecin d’‘Abd-el-Mou’men, fondateur de la dynastie almohade. Sur la foi de Léon l’Africain (4), il place sa mort en 571 (— 1175) au lieu de 581 (— 1185). Il
(x) Leibnilii Opera omnia, ed. Dutens. Genève, 1768, 6 vol , t. Il p. 245, av.-dern. 1,
(2) Nous ne mentionnons dans cette liste ni les Introductions des traductions citées plus haut, ni les très courtes notices, de quelques lignes à peine; ces dernières sont généralement très mauvaises, remplies de fautes et d'erreurs, même les plus récentes.
(3) Voir plus haut le titre complet, p. 46, n. 2.
(4) Nous avons évité d'avancer aucun fait, aucune date, sur la foi de Léon l’Africain. Sur le peu de confiance que méritent ses renseignements historiques, voir par exemple Renan, ibid., p. 9, 1. 17; p. 25, dern. I. ; p. 40 au bas; Leclerc, Hist, de la méd. arabe, I, p. 114, 1. 24.
prend, lui aussi, pour un ouvrage distinct, le manuscrit de l’'Escurial (1).
L'histoire des médecins arabes de M tenfeld consacre une notice, naturellement très courte, à Ibn Thofaïl médecin (2).
Article Thofaïl (Ibn), par S. Munk, dans le Dictionnaire des sciences philosophiques de Franck (la première édition est de 1843-1852, 6 vol.). Cet article, reproduit dans les Mélanges de philosophie juive et arabe, du même auteur, Paris, 1859 (pp. 410 à 418), est à peu près exempt d'erreurs, mais un peu trop sommaire : il se réduit presque entièrement à une analyse du Hayy ben Yagdhän.
Un long article publié par M. Adalbert Merx dans la Prone Kirchenzeitung für das evangelische Deutschland, sous le titre suivant : Eine mittelalterliche Kritik der Offenbarung (22 et 29 juillet, 5 et 12 août 1885, colonnes 667 à 673, 688 à 695, 708 à 714, 730 à 737). Maigré son caractère théologique, ou peut-être à cause de ce caractère même (3), ce travail, généralement assez exact, est celui qui met le mieux dans son véritable jour ouvrage de notre philosophe musulman.
M. T. J. de Boer a publié dans une revue hollandaise, en 1898, une courte étude sur le Hayy ben Yagdhän d’Ibn Thofaïl (4).
L'excellente petite histoire de la philosophie musulmane de M. T.]J. de Boer, en allemand, contient un article de quelques pages (pp. 160 à 165) sur Ibn Thofaïl.
Dans son Histoire de la Médecine arabe, publiée en 1876, le D' Lucien Leclerc consacre à Ibn Thofaïl médecin un
(ci Voir plus haut, p, 33, n. °.
(2) F. Wüstenfeld, Geschichte der arabischen Acrzte und Naturforscher. Goettingen, 1840, p. 64.
(3) Voir plus loin, p. 66, n. 3, à la fin,
(4) Tellancandelÿket Tijdebrift, mai 1898. L’article, en hollandais, est intitulé : ai bn lakzaan ibn Thofail navertald due T. J. de Boes (25 pages), Nous n’avons pu nous le procurer,
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article d'une page et demie (1). On y peut relever deux ou trois erreurs, d’ailleurs excusables dans un gros ouvrage, où l’auteur a dû passer en revue et utiliser les documents relatifs à un nombre énorme de médecins musulmans, Trompé, peut-être, par la mention d’un poème sur la prise de Gafça, il dit qu’Ibn Thofaïl « excella.… dans l’histoire », et il ajoute « dans la grammaire et l’éloquence » (2). C’est par une méprise du même genre qu’il écrit : « Nous apprenons encore par Averroès qu'Ebn Thofaïl avait commenté les météores d’Aristote » (3).
Citons enfin deux articles de revues en espagnol, publiés en 1901 par deux savants arabisants de Madrid, M. Codera et M. Asin, à l'occasion de notre édition avec traduction française (4) : ces articles fournissent d’utiles renseignements sur certains points de détail historiques, biographiques, etc., ou sur le sens de certains termes techniques employés par Ibn Thofail.
(x) Histoire de la Médecine arabe, par le D' Lucien Leclerc, Exposé complet des traductions du grec, Les sciences en Orient, leur transmission à l'Occident par les traductions latines. Paris, 1876, 2 vol., vol. II, Dpt1ro retour r/
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(3) Zbid., IT, p. 114, |. 10. L'auteur, sans doute, a mal interprété le passage suivant de Munuk (Mél. de philos. juive et ar., p. 412, 1. 4) : « Ibn Rochd lui-même, dans son commentaire moyen sur le Traité des Météores (livre II), en parlant des zones de la terre et des lieux habitables et inhabitables, cite un traité que son ami Ibn Tofaïl avait composé sur cette matière ». Voir plus haut, p, 26, n, 2.
(4) EL filésofo autodidacto de Abentofaïl, par M. Francisco Codera, dans le Boletin de la Real Academia de la Historia, t. XXVIIT, janv, 1901, pp. 4 à 8. — El filésofo autodidacto, par M. Miguel Asin, dans la Revista de Aragôn, janv., fév., et mars 1901 (pp. 25 à 27, 57 à 60, 89 à or). — L'article de M. Codera rend compte en même temps de la traduction de M, Pons Boigues.