‹ Ibn Thofaïl: Sa vie, ses œuvresChapitre 6 sur 40 · NT · texte numérisé non relu

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cit, historien distingué, a été élevé lui aussi sous la même discipline, puisque tout lettré musulman est nécessairement un fagth, un jurisconsulte. Cet historien est d’ailleurs un informateur fidèle, qui a vécu dans la société philosophique de son temps et qui, nous allons le voir à propos d’'Ibn Thofaïl, se plaît à nous donner sur Les faläcifa de la génération précédente, à laquelle appartenait Ibn Rochd, des détails d’une certaine précision (1). Nous sommes donc fondés à voir dans ce double récit une sorte de procès-verbal dont l'exactitude ne laisse rien à désirer.

Malheureusement ce procès-verbal n'indique ni la date ni le lieu des deux événements qu'il relate. Le lieu, en somme, n’a qu'une médiocre importance. Nous ne voyons aucune raison d’en chercher un autre que la ville de Marrâkech, où résidait ordinairement la cour, et où nous savons qu'à partir de 548 (= 1153 de notre ère) Ibn Rochd fit plusieurs voyages (2). Mais il ne serait pas sans intérêt de connaître une date qui, dans cette biographie si pauvre de chiffres et de faits, nous fournirait un point de repère.

Remarquons d’abord que les deux entrevues doivent avoir eu lieu dans l’ordre même où elles sont rapportées. Aboû Ya‘qoüb, dans la première, traite Ibn Rochd comme un inconnu dont il ignorait la veille jusqu’à l’existence : il lui demande son nom. Sans doute la question philosophique qu’il lui pose ensuite ex abrupto, et ce membre de phrase « car j'ignorais ce dont Ibn Rochd était convenu avec lui » montrent que le souverain savait d’avance avoir affaire à

(x) Voir plus loin, p. 38, 1, 5 à 1. 14. — Cf. Renan, Averr. et l'averr., pro; Li7ià l 270:

(2) Aristotelis opera quae extant omnia.…, Averrois Cordubensis in ea opera omnes qui ad haec usque tempora pervenere commentarii... Venetüs, apud Juntas, 1574, 10 vol,, plus un onzième volume contenant la Table générale de Zimara : Marci Antonii Zimarae... Tabula dilucidationum in dictis Aristotelis et Averrois, Venetiis apud Juntas, 1576 (la page de garde porte 1575), vol. V, fol. 313 A; cf. ibid., fol. 171 D, — Renan, ibid., p. 19, 1. x à 1. 9. -— Munk, Mél. de philos. juive et ar., p. 420, 1. 3 du bas à dern,. 1,

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