‹ Iconogaraphie moliéresqueChapitre 4 sur 159 · PREFACE. V · texte numérisé non relu

PREFACE. V

autre que le grand portrait couronné de lauriers ou le petit portrait ovale, tous deux appartenant à la Comédie- Française. Pourquoi supposer qu'il en existe d'autres, quand d'ailleurs la tradition n'en mentionne- que deux? N'est-ce donc pas assez? Est-ce que les portraits originaux de Corneille, de Racine, de La Fontaine, sont en beaucoup plus grand nombre? On n'en demande pas davantage cependant. Ne mettrons-nous pas un terme à cette rage d'inventer des portraits de Molière ? »

Nous rapportons textuellement ces paroles, pleines de tact et de sens, mais empreintes d'une défiance et d'un scepticisme que nous ne partageons pas entièrement. Tous les portraits originaux ne sont pas connus, et tous, il est vrai, ne méritent pas de l'être, mais il ne faut pas désespérer d'en découvrir, et d'excellents, témoin le petit portrait de Molière, peint par Mignard, que vient d'acquérir la Comédie-Française, et que M. Mahérault a été un des premiers à admirer. N'a-t-on pas gravé, pour la Collection des grands Écrivains français publiée par M. Hachette, un portrait de La Fontaine, qui n'avait jamais été gravé, qui était à peine signalé et qui se trouvait depuis la mort de La Fontaine dans la famille de sa femme, chez MM.Héricart de Thury? N'ai-je pas moi-même fait graver un nouveau portrait de Molière, d'après la photographie d'un tableau attribué à Lebrun, découvert en 1866 et brûlé dans l'incendie de l'Hôtel de Yille en 1871 ? Nous persistons à croire que les dessins et les tableaux anciens qui nous donnent des portraits authentiques de Molière sont plus nombreux que ne le pense M. Mahérault, et nous avons, en conséquence, relevé avec soin tous ceux que nous indiquaient des catalogues de vente ou d'autres documents, en reproduisant la description qui nous était fournie par ces documents et ces catalogues, et toutefois sans garantir en rien l'authenticité du portrait, ni celle de la peinture ou du dessin.

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