‹ Iconogaraphie moliéresqueChapitre 69 sur 159 · M"'*' Molière, née Béjart, dans le rôle d'Elmire du · texte numérisé non relu

M"'*' Molière, née Béjart, dans le rôle d'Elmire du

Tartuffe. En pied, debout, et de face; la tête de trois

quarts tournée à droite. Signé //'° L. Lith. de Delpech.

In-fol.

N» 58 des Costumes de théâtre de 1G7Û à 1820, par H^e Lecomte. L'original de ce portrait n'est pas indiqué.

281. Molière et sa femme, d'après un tableau de TExposition permanente de Londres, aquarelle. Gravure sur bois.

A paru dans le Journal illustré, qui se publiait à Paris.

282. Scènes (8) de la Devineresse, comédie de Thomas Corneille et de Doneau de Visé, représentée le 19 novembre 1679, et dans laquelle M""^ Molière jouait un rôle. Gravures encadrant un Almanach pour Tannée 1680. A Paris, chez Claude Blageart, Court-neuve du Pa^ lais, au Dauphin. In-fol.

La veuve de Molière, qui avait épousé son camarade de théâtre, Guérin d'Ktriché. en 1677, eut un grand succès dans le rôle de la Comtesse, et non, comme on l'a souvent ré[)été, dans celui de jM™c Jol)in, qui fut joué par André Hubert, et ses toilettes même, quoique un peu trop étranges, furent acceptées et recommandées par la Mode. Ce prodigieux succès avait encouragé un éditeur d'estampes à lui faire les honneurs d'un Almanach historique.

L' Almanach de la Devineresse, dans lequel huit scènes de la comédie sont encadrées, avec légendes, au milieu d'une espèce de ronde du Sabbat, avait été annoncé, en ces termes, dans les derniers volumes du Mercure fjnlant de 1G79 : « La Muse de la Comédie est en haut, qui se divertit à voir plusieurs Esprits-folets sous différentes figures. Ils tiennent divers cartouches dans lesquels on voit toutes les scènes de spectacle de cette pièce. Les plus excellens peintres et les meilleurs graveurs ayant esté employez pour faire les dessins de cet ouvrage, et pour le graver, on n'en doit rien attendre que d'agréable et de curieux. »

Nous voyons, en outre, annoncé dans VExtraordi/inire du Mercure galant (édit. de Lyon, Thomas Amaulry, 1G80, quartier de Janvier, tome IV), parmi les livres nouveaux du mois de février : « La Devineresse ou le Faux enchantement, par l'Autheur du Mercure galand (sic), 12, avec neuf figures, .35 sols. i> Nous ne connaissons pas cette édition ni les figures qui l'accompagnaient.

Il y avait deux ans et demi qu'Armande Béjart avait épousé son camarade de théâtre, Guérin d'Étriché, lorsqu'elle joua le rôle de la Dei'ifiej^c^se. Son contrat de mariage est le dernier acte où elle figure comme veuve de Molière. Elle habitait alors dans lile Notre- Dame, avec son futur époux. Voici l'extrait de cet acte de mariage, que Beffara avait découvert dans le registre de la paroisse de la Sainte-Chapelle basse de Paris : « Le lundi 31^ jour de mai 1677, après les fiançailles et la publication de trois bans, je soussigné, curé de la paroisse de la Sainte-Chapelle de Paris, ay, en l'église de la basse Sainte-Chapelle, interrogé M. Isaac-Francois Guérin, officier du roy, fils de feu Charles Guérin et de Françoise de Bradane, ses père et mère, dune part, et Gresinde Béjart, fille de feu Joseph Béjart et de Marie Hervé, ses père et mère défunts, et veuve de Jean Pocquelin, officier du roy, tous deux de cette paroisse ; et leur consentement mutuel par moi pris, les' ay solennellement par paroles de présent conjoints en mariage, puis dit la messe des épousailles, en laquelle je leur ai donne la bénédiction nuptiale {ces neuf derniers mots sont rayés), selon la forme de notre mère Sainte Eglise, le tout en présence des parens et amis, soussignés, assavoir de M. Jean-Baptiste Aubry, lun des entrepreneurs du pavé de Paris, beau-frère de l'épousée, de plus en présence de mademoiselle Anne-Marie Martin, femme dudit sieur Aubry. » L'acte est signé : Izaac-François Guérin, Gresinde Béjart, Aubry, Anne Martin, etc. Dans cet acte de mariage, on a dissimule le nom de Molière sous celui de Jean Poquelin, et le titre à'officier du roi cache la profession de comédien. Louis Béjart, qui vivait encore à cette époque, n'assista pas à un mariage qu'il désapprouvait sans doute ; quant à Geneviève Bejari, la dernière sœur d'Armande, elle n'existait plus alors, et son mari J-B. Aubry n'avait pas attendu longtemps pour convoler en secondes noces.

Armande Béjart vécut, dit-on, très-honorablement avec son second mari, à qui elle donna un fils, mais elle ne parait pas s'être montrée bonne more à l'égard de la fille qui lui restait de son premier mariage et qu'elle aurait voulu tenir enfermée dans un couvent. Elle n'avait que 51 ans, quand elle quitta le théâtre en 1694 ; on ne l'y connaissait plus que sous le nom de M"» Guérin. Son acte de décès, tiré des registres de Saint-Sulpice, nous apprend que « demoiselle Armande-Gresinde-Claire-Elisabeth Béjart, femme de M. Franrois-Isaac Guérin, officier du roy, âgée de o5 ans », mourut, le 30 novembre 1700, « dans sa maison, rue de Touraine ».

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