C-ette estampe a été exposée au Salon de
II est certain (|ue ^Ioli^re essayait d'al)(»ril l'ctTel de ses pin en les lisant à sa servante Laforét. On peut, à cet égard, s'en i i; porter au témoignage de Boileau, dans ses Rellexions critiques sur <|Uolqtios pas.origes de Ivongin : « Noiis avons heati i^tre éclaires par nous-nH^mr», dit-il, l«'s yeux d'autrui voient toujours plus !<>mi que nous dans nos defatits, et un esprit médiocre fera quelipi apercevoir le plus habile homme dune nu-prise qu'il ne voyoit j .. .
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On dit que Malherbe consultoit sur ses vers jusqu'à l'oreille de sa servante ; et je me souviens que Molière m'a montré aussi plusieurs fois une vieille servante qu'il avoit chez lui, à qui il lisoit, disoit-il, quehjuefois ses comédies, et il m'assuroit que lorsque des endroits de plaisanterie no l'uvoient point frappée, il les corrijreoit, parce (pi'il avoit plusieurs fois éprouvé, sur son théâtre, que ces endroits n'y réussissoient point. » Brossette ajoute en note : « Un jour, Molière, pour éprouver le goût de cette servante nommée Laforét, lui lut quel([ues scènes dune comédie qu'il disoit être de lui, mais qui étoit de Brécourt, comédien. La servante ne prit point le change, et, après en avoir oui quelques mots, elle soutint que son maître n'avoit pas fait cette pièce. » Grimarest raconte une scène plaisante qui eut lieu au théâtre, où Laforét accompagnait toujours son maître. On représentait une pièce de Don Quichotte, sans doute celui de Guérin de Bouscal, « raccommodée » par Madeleine Béjart. Molière, (jui jouait Sancho, devait faire son entrée sur un âne et attendait dans la coulisse le moment de paraître en public. L'âne ne savait pas son rôle par cœur, comme Baron le faisait remarquer finement, et il s'efforçait d'entraîner son cavalier qui avait peine à le retenir avec le licou. « Baron ! Laforét ! criait Molière, ce maudit âne veut entrer ! » Et Laforét, qui était de l'autre côté du théâtre, riait de grand cœur, sans pouvoir venir en aide à son maître. Enfin celui-ci se débarrassa de sa monture, qui entra seule sur la scène. « Quand on fait reflexion, dit Bruzen de la Martinière au sujet de cet épisode do la vie de Molière, quand on fait reflexion au caractère d'esprit de Molière, à la gravité de sa conduite et de sa conversation, il est risible que ce philosophe fût exposé à de pareilles aventures et prit sur lui les personnages b's plus comiijues. » Vie de l'Auteur, dans l'édition des Œuvres (/fl iini/Cy llusso/i, 17.}.'j, p't. in- 12, tome l'^f, page 55).
450. Molière consiillanl sa servante; gravé par Larchcr, d'après Desenne. Culleeliun Janet. In-S.
A. Jal a cherché inutilement dans les actes de l'Etat civil de Paris la date de la mort de la servante de Molière, Laforét ; il eut peut-être été plus heureux, s'il eût porté ses recherches sur les registres de l'église d'Auteuil. Mais il a constaté (pie, dans l'Inventaire après décès de Molière, « Renée Vannier, dite Laforét, servante, » avait présenté aux notaires et huissiers-priseurs tous les objets composant le mobilier du défunt, et (pi'elle avait été aidée dans son office par une fille de chambre de M"" Molière, nommée Catherine Lemoyne. De plus, il a trouvé, dans le Registre de théâtre de La Thorillière, que Laforét touchait souvent trois livres sur la recette, probablement pour avoii** paru comme personnage muet dans la représentation. Vax outre, A. Jal a rencontre une autre servante de Molière, qu'il n'attendait pas : « Le lundy 9«^ juillet (1GG8)
fut inhumée Louise Lefebvre, veufve de Edrae Jorand, chynirgien, servante de cuisine de M. Molière, demeurant rue S. Thomas du Louvre. » Ont si<:né : Villauurun, DoMiNiguE Puinsot ^Registres de Saint-Germain-l'Auxerrois).
Voi. Molière consultant sa servante; d'après Hillemacher, gravé à la manière noire par François-Auguste Ledoux. Paris, impr.en taille-douce Chardon jeune, 1856. In-i.
Cette estampe a figuré à l'Exposition de 18G1, n» 3778 du Catalogue.
4:)2. Molière et sa servante Laforest. Dessin de Bertall, gravé sur bois. (H. 16 1"»". !.. 1 i2.)
Cette gravure a paru dans \p Musée (hs familles, avril 18G3, où elle accompagne un article de Jules Janin, intitulé : In Comédie universelle.