‹ Iconographie calvinienne :Chapitre 100 sur 221 · CALVIA LVTER ET BEZE · texte numérisé non relu

CALVIA LVTER ET BEZE

La Furie et les trois Réformateurs !.

Une femme échevelée, une Furie, tient d’une main, par une triple chaîne, les trois Réformateurs, couchés par terre, et qui se tordent d’horreur et de désespoir. Seule la partie supérieure de leur corps est distincte : la partie inférieure se confond en un corps unique, en une queue de serpent qui, elle aussi, se tord. De l’autre main, la Furie brandit une torche enflammée, à laquelle une vipère s’enroule, et avec laquelle elle semble fouailler ses victimes. Le ciel est

sombre. Un éclair zigzague et vient frapper la tête du Réformateur qui est au milieu.

La synagogue hérétique.

C’est une « pièce symbolique » dédiée au cardinal de Guise en 1585. — En effet la dédicace, latine, se termine ainsi: « Paris, le 3 janvier 1585, de votre Grandeur le très humble, Richard Verstegan, Anglais ?. »

1. Collection Maillart-Gosse. — 2, « Tuæ Amplitudinis addictissimus, »

La moitié gauche du dessin représente le « type ({ypus)

de PEglise catholique » et ses

ge ge

quatre qualités: Antiquité, Succession, Universalité,

Concorde.

La moitié droite nous intéresse davantage : c’est la caricature, selon le cœur des Guise, de la Réforme. Le titre

est: « Type de la synagogue

hérétique. »

Au centre, dans un médaillon, une Furie qui tient un masque à la main. C’est l’Eglise réformée. Le médaillon est entouré de quatre dessins,

représentant les qualités de

cette Eglise, opposées néces-

sairement aux quatre qualités La synagogue hérétique. de l'Eglise catholique : Nouveauté, Intrusion, Particularisme; Discorde. — Chaque dessin est le] 1 2 2

expliqué par une strophe de six vers. Le premier représente : « le furieux concile » ( furiale concilium) de Luther. Des gens attablés boivent et « posent ainsi les lubriques fondements de lerreur » luthérienne. — Voilà pour la Nouveauté.

Une bergerie est gardée par le pape. Des loups escaladent la haie pour mordre et tuer les brebis blanches et crédules. — Voilà pour lIntrusion.

Dans le tronc creux d’un arbre un hibou se tient, qui a horreur de la lumière. C’est l'Eglise selon l’idée de Calvin (qualem Calvin: sibi secta creat) et de Luther, celle qui célèbre ses assemblées nocturnes, hibou invisible (nocturnos celebrans, invisa et noctua, cœtus). — Voïlà pour le Particularisme.

Enfin deux hommes, chacun avec un livre d’une main et une épée de lautre. C’est sans doute pour indiquer que les protestants imposent leurs doctrines, dites bibliques, par la violence’ Trois groupes d’interlocuteurs. Il s’agit de la Babylone, avec les idées discordantes de Calvin, de Zwingle et de Luther, plein de vin (madidique Lutheri). Ce que l’un ordonne, l’autre le défend. Ce que celui-ci veut, l’autre le refuse. Tels étaient les repas des Lapithes ou d’Atrée. Tels sont les conciliabules de la secte aux croyances multiples. (Talia multifidæ sunt conciliabula sectæ) *.

Le cardinal de Lorraine dut être satisfait de l’œuvre de son humble serviteur.

1. Paris. Estampes. Collection Histoire de France, vol. XXII.

Fidelle comme an Meunier

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