Bourdery ct Lachenaud, p. 269. — 2. Jbid., p
ICON. CALV. 3
18 * JEUNESSÉ
aujourd'hui dans ces riches galeries, de mème que, de notre côté, nous n’avons pu trouver à rattacher ce texte à aucun de ceux que nous citons dans cet ouvrage !. »
De telle sorte qu’il n’y a aucune preuve que Léonard ait peint ni Luther, ni Mélanchthon, ni Théodore de Bèze, les attributions ayant été faites, semble-t-il, au hasard, et sans tenir compte même de la ressemblance. — Or si les attributions relatives aux portraits des Réformateurs sont
fantaisistes, pourquoi celle relative à Calvin serait-elle plus sûre ?
Que conclure ? Il n’est pas possible de démontrer l’authenticité, — et il n’est pas possible de démontrer l’inauthenticité. Ce qui manque, ce sont les éléments positifs de la discussion. Et il faut nous en rapporter à notre sentiment subjectif.
Seulement ici il ne faut pas se contenter du portrait publié dans le Catalogue de la vente Spitzer, portrait dessiné à la plume, et qui ne peut pas rendre exactement l’impression faite par l'original, par la peinture sur émail. L’honorable possesseur de l’œuvre de L. Limosin, Sir Julius Wernher, à Londres, a bien voulu faire faire à notre usage une excellente photographie. Nous le remercions très vivement pour sa grande amabilité et pour le vrai service qu’il nous a rendu.
Si donc nous fixons nos regards sur cette photographie, nous ne pouvons pas nous défendre de l’impression que ce pourrait être un Calvin. L’objection faite au dessin du catalogue Spitzer, que le personnage a plus de vingt-six ans, tombe devant l’émail lui-même. Nous avons bien quelqu'un de jeune, à figure pleine, et tel que Calvin, fort précoce, et ayant déjà beaucoup travaillé et veillé, pouvait être à vingt-six ans. L’impossibilité s’évanouit. Et alors nous avons le nez de Calvin, les yeux, avec les arcades sourcilières de Calvin, la bouche et la barbe. Devant cette photographie la plupart des raisons formulées contre le dessin du catalogue Spitzer perdent leur fondement. Et, ce me semble, l'attribution est possible.
Si l’on compare l'émail de L. Limosin et le portrait de la Touraine, on ne peut pas dire que les lèvres soient différentes : elles attirent également l’attention ici et là. La pose enfin: est la même (retournée, comme cela arrive si souvent). Seul le manteau, entr’ouvert dans un portrait, est boutonné dans l'autre. — On pourrait très bien ne voir entre les deux qu’une différence d'âge, soit que les années aient vraiment fait leur œuvre, soit que la peinture et la reproduction aient elles-mêmes opéré le changement. — Toutefois, il est prudent de terminer ce chapitre,
comme le précédent, par un point d’interrogation.