‹ Iconographie calvinienne :Chapitre 125 sur 221 · PL. XXVI · texte numérisé non relu

PL. XXVI

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1 seule berg

CELAPIPRE CINQUIEME

. . a Caricatures iréniques.

I. La seule bergerie. — II. Le désespoir de l'Eglise. — III. Pour la paix. — IV. La cuisine des opinions. — V. La dispute spirituelle. — VI. Autour de la Bible.

La seule bergerie.

E grand tableau (H. 0,424, L. 0,598) contient une scène principale au | milieu, et huit petites tout autour. (P/anche X XIV.) À Les huit scènes représentent: les anabaptistes ; la communauté des ÿ) frères (ou Herrnhüter) ; l'Eglise anglaise; André Musculus; la constance des chrétiens protestants qui émigrent; histoire merveilleuse des chrétiens; Caspar Olevian et Zacharias Ursin, qui a rédigé le Catéchisme d’Heidelberg.

Nous sommes sans doute dans le Palatinat.

La grande scène du milieu nous montre « le pape Léon X, le D' Martin Luther et Calvin, qui puisent de l’eau et abreuvent un troupeau de brebis » avec les mots : Jér. XII, 3, 4, 51.»

En réalité, cette eau, c’est le sang du Christ cloué à la croix; de ses trois blessures, de ses deux mains et de son côté, jaillit du sang, que Luther, Calvin et le pape reçoivent chacun dans un gobelet, et qu’ils versent dans trois auges où boivent trois troupeaux de brebis. Ces trois troupeaux de brebis sont dans un jardin entouré d’une haie épaisse ; et au milieu s’élève la croix du Christ en guise de fontaine. — Dans un coin est le mont Ararat, sur lequel est arrêtée l’arche. — De l'autre côté, un soleil se lève, et sa lumière chasse les ténèbres et toute espèce de bêtes. — A l'entrée du jardin, le pape Pie VI et l’empereur Joseph IT appellent trois brebis liées ensemble par le cou; elles sautent et crient : « Seigneur, prends soin de moi, et laisse-moi courir jusqu’à la fon-

taine.» L'empereur et le pape les invitent amicalement à entrer. — On voit encore trois théolo-

1. « Eternel, tu me connais, tu me vois, et tu éprouves que mon cœur est pour toi. Entraîne les impies comme des brebis à la tuerie et réserve-les pour la journée du carnage. Jusques à quand le pays sera-t-il dans le deuil, et l'herbe de toute la campagne sera-t-elle desséchée ? À cause de la méchanceté des habitants, les quadrupèdes et les oiseaux ont disparu, Car ils disent ; il ne verra pas notre fin. »

Le désespoir de l'Eglise.

giens et un labyrinthe où il y a des magiciens, et un enfant qui leur crie: Mat. XI, 22. [Je vous le dis, le sort du pays de Sodome sera plus supportable au jour du jugement que le vôtre.]

Ce grand placard est le troisième d’une série (Dritte Kupfer-Tafel) et porte comme signature J.-M. Pressel, sculpt., Heilbronn ‘.

IT Le désespoir de l’Eglise °.

Le catalogue Hennin, N° 1846, à la date de 1617, place cette gravure : « Devant le Reformalor couché dans un lit, une figure, représentant l'Eglise des réformateurs, se perce le cœur. À droite, le pape accompagné de prêtres et de moines; à gauche, quatre docteurs. »

Scheible, qui a eu sous les yeux un exemplaire complet, donne quelques détails plus précis : « Réformateur de l'Eglise, ou secours, appui et sauveur des Eglises chrétiennes dans ce monde plein de souffrances. » Il ajoute: «Le Reformator est couché, accablé de tristesse à cause de Pétat si troublé des Eglises chrétiennes dans notre bien-aimée patrie de nation allemande. Devant son lit, sous la forme d’une femme, l'Eglise désespérée, les cheveux épars, un poignard dans le cou, prie le réformateur de retirer le poignard. Le réformateur la console ?. »

Il s’agissait donc du réformateur, en soi, de la Réformation.

1. Collection du D: Albert Doumergue. — 2. Collection Hennin, XX, p. 76. 3. J. Scheible, Die fliegenden Blütter des XVI, und XVII, Jahrhunderts, 1850, p. 142.

CARICATURES IRÉNIQUES 205

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Pour la paix.

En haut, en allemand, on

lit: «La paix nourrit, la dis-

7 A sension dévore!.» — Dans i se” % Geo SundE Sie Hruder. ÿ U figen re dre Mer.

un paysage Mélanchthon et ù | Es) SAR ben Does Kmder

- = - , Ÿ LS ee Calvin. Mélanchthon tient un fie Li 6 æ

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étendard de la main gauche, et, de la droite, écrit dans un livre. Au-dessus de la tête de Calvin, on lit le verset saint

Matthieu V, 5 : « Heureux les

débonnaires ( friedfertigen), car ils hériteront la terre. » Dans sa main gauche, le réformateur tient deux cœurs accolés. Sa

main droite s'appuie sur un

bâton, et d’un côté du bâton É ne ee = Le E. , s S — on lit, en latin: « Prêt à l’un FER Pour la paix.

et à l’autre? » ; de l’autre côté, on lit, en allemand : « Aussi bien pour me défendre que pour soutenir ÿ. »

Cette gravure se trouve à la première page d’un volume intitulé : « Conversation nécessaire et édifiante, dans le royaume des vivants sur la terre. Troisième conversation entre M. Philippe Mélanchthon, précepteur de toute l'Allemagne, et D. Jean Calvin, professeur de théologie de Genève, où l’on trouve la curieuse biographie de ces deux savants, de nombreux écrits qui préchent la douceur et l’union... Francfort et Leipzig, l’an 1720. »

Le sens de tout ce symbolisme ne nous est pas très clair.

La cuisine des opinions ‘.

Nous avons précédemment parlé des salires de la cuisine papale de Badius. — Le mot de cuisine et l'idée que ce mot exprime étaient des plus à la mode: c’était un des thèmes préférés par les satiriques.

Mais la cuisine des opinions, représentée par notre gravure, est particulière. Car les quatre tendances religieuses qui se divisaient alors la Hollande, y sont enveloppées dans la mème satire :

les catholiques, les luthériens, les calvinistes et les memnonistes.

1. Friede ernähret ; Unfriede versehret. Gravure sur cuivre 148/135. — Bibliothèque de Zurich. 2. Ad utrum paratus. — 3. So wohl mich zu beschütsen als auch su unterstütsen. 4, Collection Maillart-Gosse. — Collection du Dr Doumergue. — 0,356/0,235.

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La cuisine des opinions.

A table Calvin (Calffijn ist) découpe un rôti de veau, et presse sur la viande le suc d’une orange (allusion à la maison d'Orange). Luther (Luyl leer aen) joue de la guitare. Le pape (Pap ist) a deux chats sur les épaules, porte une bavette sur laquelle sont brodées les clefs de Saint- Pierre, et mange de la soupe avec une cuiller.

Un anabaptiste (Huer doper) est occupé à nettoyer un poisson près de la cheminée, où bout un chaudron.

À l’autre extrémité de la pièce, un libertin (Xoor het, c’est-à-dire Coornhert, un des chefs du parti) représente la tolérance. Et enfin, au premier plan, une femme, la main appuyée sur une table chargée d’ustensiles, et qui, au bas de sa robe porte le mot Ratio, la Raison, engage les diverses sectes à se supporter.

À l'angle droit, en haut, une petite Charité est assise avec de petits enfants.

La gravure, signée Fisscher excus, est attribuée à lan 1585.

La dispute spirituelle.

Un tableau formé de deux scènes !.

Le titre général est: « O regarde cette merveille, mon cher chrétien : comment le pape,

Luther et Calvin se tirent les cheveux. Dieu vienne au secours de tous les égarés ! La Parole de Dieu demeure dans l’éternité. »

1. Collection du Dr A. Doumergue. — Collection Hennin, XX, p. 74,

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