‹ Iconographie calvinienne :Chapitre 134 sur 221 · DIVERS · texte numérisé non relu

DIVERS

IIT

Caricatures calvinistes contre les calvinistes. — En Hollande il y eut des caricatures que l’on peut presque appeler inter-calvinistes.

Le diable tire un canon Perfidia, d’où sortent les mots : schisme, sectes, Arius, Luther, Calvin, etc. Le canon est dirigé contre une église chancelante d’où s’enfuit un moine. Vieille et grossière gravure sur bois. (Musée d'Amsterdam, H. 0,06, L. 0,21.)

Une autre, imprimée à Delft en 1579, et à Dordrecht 1580, et signée : Ant. van der Does sculpsit, cite Esaïe I, v, 18. Quatre pages ouvertes, remplies d'inscriptions, sont intitulées, deux : la Vieille Bible, et deux : la Nouvelle Bible. Au-dessus, entre deux « paysans flamands », on voit Jean Calvin et un Nouveau prédicant réformé. De là bouche de l’un et de l’autre sort cette même phrase : « Nous avons la pure parole de Dieu. » Et tout en haut on lit : « Paraïître sans être. » (H. 0,156, L. 0,27. Coll. Maillart-Gosse.)

Une troisième gravure plus curieuse ! a pour titre : « Het Moderamen der Dorditsche Synode ». (Le bureau du Synode de Dordrecht.)

Elle est due à Cornelis Saftleven, jeune dessinateur de 19 ans (né en 1608), qui en avait reçu la commande d’un Remontrant, Peter Scryver, savant hollandais, historien, poète (1575-1660).

En soumettant son projet (lettre datée de Rotterdam, le 16 avril 1621), à son Mécène, Saftleven lui-même explique le sens de sa gravure, dans laquelle les principaux personnages du Synode de Dordrecht sont représentés par des animaux. Le modérateur, Hans of Haan Bogerman, est représenté par un coq, (haan en hollandais), perché sur le dossier d’une chaise et criant : Révolte et Persécution. Les secrétaires sont à côté de lui, sous forme de hiboux; au mur,

est pendu le portrait de Calvin, soit une tête de veau (Calv-yn, Kalf, c’est-à-dire veau), etc. ?.

Un vitrail de Bois-le- Duc. — M. le pasteur A. Pynacker Hordyle, de Nimègue, a bien voulu me signaler un vitrail de la cathédrale de Bois-le-Duc (Pays-Bas), dans la chapelle Saint- Antoine. Ce vitrail représente une dispute de Saint-Antoine de Padoue avec les Manichéens. On y voit deux figures de grandeur naturelle et un âne à genoux devant l’hostie. Une inscription latine en caractères gothiques dit : « Pourquoi penses-tu, Calvin, être trompé par une ombre vaine, et nies-tu que Christ est sous l'espèce du pain? Voici la foi romaine, qui est prouvée par

un âne. Si tu ne crois pas au Christ, crois à l’âne. »

Le tryptique de la cathédrale d'Anvers. — On voit, dans la cathédrale, un tryptique peint en 1587 par François Francken le vieux (peintre flamand, 1544-1616). Le tryptique a été exécuté pour la Chapelle des maîtres d’école, dans la même église. Le panneau central représente, — avec

1. L'original, qui n'a peut-être pas été reproduit, se trouve au Musée d'Amsterdam. 2. Voir dans Oud Holland, 1897, p. 121-123, un article du Dr C, Hofstede de Groot, intitulé : < Een Spotteckening van Cornelis Saftleven op de Dordtsche Synode »,

à-propos, — Jésus au milieu des docteurs. Jésus est assis au sommet d’un escalier (à peu près comme dans la peinture d’Ingres). Il est entouré et presque pressé de tous côtés par une sorte de foule qu’il domine, une foule de personnages, les uns droits, à sa droite et à sa gauche, les autres assis, au bas de l’escalier. La Vierge Marie est à sa droite, venant le chercher.

Parmi les docteurs on reconnaît très bien Luther, et à côté de lui sans doute Calvin (dont la figure ressemble un peu à celle peinte par Dünz, seulement avec une grande barbe blanche). Les autres personnages ont aussi des figures qui semblent être des portraits. Mais de qui ? — Surdles volets du tryptique, on voit saint Ambroise, le patron des maîtres d'école, baptisant saint Augustin, et le prophète Elie opérant le miracle de la veuve de Sarepta.

L’intention des maïtres d’école et du peintre est évidente. Ils placent les Réformateurs parmi les Pharisiens et les Scribes, pour montrer qu’ils ne comprennent pas le Christ, qu’ils sont au nombre de ceux dont le Christ a combattu les doctrines. — Mais les portraits sont traités fort respectueusement et ne sont pas des caricatures proprement dites.

Ce procédé parait avoir été employé plus d’une fois.

On lit dans Trinacria, Promenades et impressions, par A. Dry, Paris, 1903, p. 25 : « Actuellement la cathédrale de Messine est surtout très grande... Elle ne m’a laissé qu’une sensation confuse,… malgré sa chaire en marbre blanc, où les têtes de Mahomet, de Calvin, de Zwingle et de Luther sont sculptées sur le chapiteau, comme pour mieux entendre la prédication. »

Enfin, M. Max Rooses, le conservateur du Museum Plantin-Moretus, à Anvers, qui a bien voulu me renseigner sur le tryptique de Francken, a eu l’obligeance de me donner deux notes prises par lui au Louvre, devant deux tableaux de Jac. Jordaens, le peintre anversoiïs, qui se convertit au catholicisme dans la seconde partie de sa vie. « Dans le Jugement dernier, daté de 1658, on voit au milieu des damnés précipités en enfer, un homme portant une robe noire, des hautsde-chausses rouges et des bas blancs. Il a des livres sous le bras. Ce personnage paraît être Calvin. Dans le Christ chassant les marchands du temple, le personnage qui est au milieu, et tombé à la renverse, semble aussi être Calvin. »

M. Max Rooses me priait de faire vérifier ses deux notes. (Les tableaux sont placés de telle manière qu’il n’est pas possible à un simple visiteur de faire lui-même la vérification nécessaire.)

M. André Michel, conservateur au Louvre, a bien voulu se livrer à l’examen que je lui ai demandé, et voici sa réponse :

« Il est possible que le personnage que vous me signalez dans le Jugement dernier de Jordaens, veuille représenter Calvin. Il est le seul qui soit vêtu, et d’un costume moderne, au milieu des damnés. Le livre qu’il tient sous le bras et qui ressemble à une Bible, ou plutôt à une Institution chrétienne, commence à flamber : c’est l’objet damnable. Enfin, sans être un portrait de Calvin, la figure du personnage n’est pas sans en évoquer la ressemblance. — En revanche, dans les Vendeurs du temple, je ne vois pas d’analogie saisissable : tout au plus pourrait-on supposer que le gros mar-

chand, représenté au fond, ressemble au type traditionnel de Luther. »

La caricature de Soest en Westphalie. — Dans l’ancienne église de Saint-Thomas (aujour-

d’hui église réformée), à Soest, on voit un tableau qui date de 1668, Voici ce que l’on en raçonte;

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