DES PORTRAITS GRAVÉS DE CALVIN
par le D' Hecror MAILLART-GOSSE
ss :
ù s Ph . * ; \ Ur a 0 "+ mire x 70 Te à É à | Pe PT 0e \ ADMET, << TA NT
PRÉFACE
ÈS 1907 héritier de la collection de portraits genevois que mon beaupère, M. le professeur Hippolyte-Jean Gosse, avait commencée vers 1873, et que j'ai enrichie moi-même sans relâche, je me suis attaché dès le début à l’iconographie gravée de Calvin, qui m’a semblé pleine d’intérèt.
La grande diversité des physionomies que les graveurs ont prêtées au
Réformateur de Genève pendant bientôt quatre siècles, l'impossibilité
absolue de les coordonner suivant l’âge apparent du modèle, ont posé devant moi une première question, impérieuse entre toutes : trouver un classement rationnel d’un matériel composé de trois cents pièces environ.
Une classification factice groupant ensemble les profils à gauche, ceux à droite, les portraits en pied, etc., ne pouvait avoir comme avantages que sa facilité d’exécution et celle de retrouver rapidement une pièce donnée. Mais elle juxtaposait des portraits de jeunesse et d'âge mûr, des « authentiques » et des « apocryphes ». L’ordre chronologique était impossible également. D'abord parce que beaucoup de pièces ne sont pas datées et que mes recherches jusqu'ici n’ont pu arriver à préciser l’époque de leur apparition; ensuite cette méthode aurait également juxtaposé des portraits absolument dissemblables.
Guidé par les méthodes en usage dans les sciences naturelles, j’ai cru faire œuvre plus rationnelle en me posant, devant chaque planche gravée, la question suivante : Quel modèle le graveur a-t-il eu sous les yeux pour composer son œuvre? En partant des pièces modernes, par exemple, on remonte ainsi, de chaînon en chainon, jusqu’à une pièce plus ou moins ancienne qui n’a plus d’ancêtre antérieur. Et je suis arrivé ainsi à grouper les portraits de Calvin en « familles naturelles », ayant un ancêtre bien déterminé. Bien souvent il y a loin entre le descendant dégénéré et le type primitif et il serait impossible de se rendre compte de la filiation sans les chaînons intermédiaires. D’autres fois encore, et trop souvent, hélas ! il est impossible de décider à quel groupe appartient telle ou telle planche. Dans ce cas, force est d’admettre que le graveur a fait « de chic » le Calvin qui lui était commandé, sans se préoccuper autrement de la vérité ou même de la ressemblance. C’est ainsi que suivant la nationalité du graveur, l’époque où il vivait, ses opinions religieuses, on a des Calvin qui ont l’apparence d’un Anglais, d’un frère morave allemand ou d’un être parfaitement ridicule.
Comme en zoologie, où les naturalistes font rentrer dans l’embranchement des vers tous les animaux qui ne trouvent pas d’autre place dans la classification, j’ai dû ainsi créer un groupe de « portraits de fantaisie » dont les pièces n’ont, pour la plupart, aucun rapport soit entre elles, soit avec d’autres gravures provenant des types bien définis (n° 231-267).
ICON. CALV. 29