Le peintre genevois bien connu
2. Pour le reste du voyage de Lugardon, qui de Hanau se rendit à Dresde, etc., voir plus loin.
besoin d’être un artiste de renom pour ne pas hésiter. J’ajoute cependant les lignes suivantes, écrites, le 23 mai 1894, par M. Charles Schrœder, ancien pasteur à Francfort.
« En automne 1856, M. Lugardon, le peintre genevois, ayant recu d’Ecosse la commande d’un tableau, où devait figurer Calvin, et ne connaissant pas de bon portrait du Réformateur, a fait, pour éclairer la question, un voyage d’exploration, qui le conduisit à Francfort. Nous allâmes ensemble à Hanau, et son opinion était que loriginal était à Hanau, que la peinture est bien des origines de la Réformation, de l’école vénitienne, et que la copie de Francfort est de la même
époque. »
Mais, voici une sorte de petit mémoire, plus important que tout le reste, dû à l’amabilité de M. le D' Weïzäcker, Directeur du Musée de Francfort, mémoire sous forme de lettre, adressée, sur ma demande, à M. le pasteur Correvon, le $ juillet 1894.
« Hier, comme c’était convenu, j'ai été à Hanau. Le portrait était, par hasard, très facile à bien observer : il se trouve en ce moment dans une petite exposition. Après avoir attentivement examiné la dite peinture, il n’y a aucun doute sur ce point, que les gens d’Hanau possèdent « le vrai saint Jacques ». Ce portrait, que la tradition considère comme celui de Calvin, est l'œuvre d’un maître hollandais (flamand), ou peut-être aussi français (bourguignon); il date de:la première moitié du seizième siècle. La tête et une partie du fond verdâtre (satlgrün) sont passablement (/eidlich) conservées, et proviennent de la main d’un artiste très exercé et très consciencieux (sehr geüblen und sorgfältigen), — anonyme, il est vrai. — L'attribution, autrefois usuelle, du portrait à Holbein est sans aucun fondement (vü/lig aus der Luft gegriffen). S'il fallait indiquer le nom d'un peintre possible, on pourrait penser à Barent van Orley, qui habitait Bruxelles, et mourut en 1541. Le portrait est à peu près dans sa manière (ah steht).
» La partie inférieure du portrait a été complètement repeinte, et malheureusement, par une main malhabile. Le plus fâcheux est que Panneau au cachet, sur l’index de la main gauche, n’est pas resté complètement indemne dans cette retouche. Cependant, on reconnait encore le chaton (Wappenschild) rouge, entouré d’un fin filet d’or sur fond noir, et de plus, sur ce fond même, le millésime 1521 qui, à la loupe, se laisse déchiffrer assez clairement. Est-ce que sur le fond rouge du Schild, il y a eu encore un autre dessin? On ne peut plus le dire, parce que cette place a été repeinte et qu’elle est de plus fortement recouverte (stark verpuizi). Cependant on découvre encore deux petits points peints en or, que j'ai reproduits dans la petite esquisse
ci-jointe.
» Ce qui est intéressant, c’est qu’au bord gauche supérieur du portrait, — qui, il est vrai, a été postérieurement restauré (nachträglich aufgefrischl) et par conséquent n’offre pas une documentation absolument digne de confiance (absolut zuverlüssig), — il y a inscrit (aufgebracht ist) le millésime de 1540. A part cela, il n’y a ni devant ni derrière aucune trace d’inscription, aucune indication sur la provenance du portrait ou sur le personnage représenté.
» Le portrait est peint sur chène et mesure 0,68/0.55. »
Evidemment, je ne saurais trop remercier M. le directeur du Musée de Francfort de toute la peine qu’il a bien voulu prendre et de son important rapport. En comparaison, mes impressions
personnelles ont peu d’importance.