LA
ICON, CALV.
Il y a lieu de comparer cette gravure sur bois avec le portrait de Rotterdam-Bâle. La comparaison est suggestive : c’est le même personnage, seulement plus amaigri, aux traits plus accentués, sans doute parce que le couteau du sculpteur sur bois n’a pas le moelleux du pinceau d’un peintre, mais surtout parce que l’âge et la fatigue ont fait leur œuvre. — Même pose, exactement, même trois quarts (à gauche seulement, au lieu d’être à droite), même bonnet, même cape, même costume. Les arcades sourcilières, qui présentent les mêmes lignes et recouvrent des orbites plus enfoncés, paraissent, par leur proéminence, plus arquées. Les yeux, le nez plus amaigri sont les mêmes. Les lèvres sont plus minces, plus serrées. Mais ce qui a le plus changé, c’est la barbe, qui s’est beaucoup raccourcie, bien qu’elle paraisse encore assez forte. Surtout elle présente, très accentuée, la silhouette de la barbe de bouc, silhouette qui va être désormais caractéristique. Tout est devenu plus pointu, pour ainsi dire. Calvin n’a plus que cinq ans à vivre, et s'approche des « dernières années ».
Ce portrait, fait à Genève, et par conséquent ad vivum, d’après nature, nous paraît, une nouvelle et dernière fois, authentifiquer le portrait de Rotterdam-Bâle, qui reste pour nous le meilleur type et le plus sûr de Calvin, pendant les années de sa maturité, vers quarante à quarante-
cinq ans.