‹ Iconographie calvinienne :Chapitre 26 sur 221 · Cat. No · texte numérisé non relu

Cat. No

Comment se fait-il qu’un peintre ait été à la fois très exact et très inexact? Ou plutôt, si l'exactitude est certaine, l’inexactitude n’est-elle pas nécessairement douteuse ? De plus, ce type n’est pas isolé ; au contraire, et nous allons en voir de très nombreuses reproductions plus ou moins modifiées. Dès lors comment se fait-il que, du vivant de Calvin, à une époque où beaucoup de gens lavaient vu, une pareille physionomie fut si facilement acceptée pour authentique, sans doute par beaucoup de ces témoins oculaires eux-mêmes ? Ne faut-il pas qu’il y ait eu au moins quelque chose dans la figure de Calvin qui autorisât cette conception artistique ? On peut croire à l’exagération ; il est difficile de croire à invention pure et simple, encore moins à la contradiction formelle. N’y a-t-il pas ici une conclusion rétrospective à tirer pour les portraits de la jeunesse ?

Nous retrouvons donc l’idée que nous avons émise plus haut. Calvin a dû commencer par paraitre, au moins d’une certaine façon, robuste. Et sa physionomie traditionnelle doit être rectifiée, tout comme sa théologie traditionnelle.

Ce n’est pas un avorton, un petit vieux ridé et poussif, qui a été le puissant Réformateur. Ce

n’est pas vrai pour sa pensée ; ce n’est pas vrai pour son corps.

Notre gravure a été reproduite en médaille.

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