CHAPITRE TROISIÈME
Le portrait de l’étudiant.
Planche XIII.
N voit, dans les vitrines de la salle Lullin, un petit volume qui a appartenu à M. A.-L. Herminjard, puis à M. Albert Pictet, de Landecy, lequel Pa légué à la Bibliothèque. (Elle Pa reçu le 11 octobre 1879.)
Ce volume, admirablement conservé, est intitulé : Compendium Roberti
Gaguini super Francorum geshis !. Petit in-octavo, de 312 doubles feuillets,
il parut en décembre 1511, à Paris, chez l'éditeur Jean Petit, avec quelques ornements et illustrations : c’est une histoire politique de la France.
Un des feuillets blancs, en tête du volume, porte la note manuscrite que voici : « Ce volume, que j'ai acheté à Montpellier en 1851, a certainement appartenu au Réformateur Pierre Viret, comme l’on peut s’en convaincre par l’examen de ses notes autographes aux folios 115, 170, 276, 278 ?. Les annotations qui se trouvent aux folios 103 et 149 ne sont pas de Viret.
» Le portrait à la plume avec les initiales I. C., dessiné sur l’une des gardes du volume, est un portrait authentique de Jean Calvin. Ainsi l’ont déclaré Joseph Hornung et Alfred van Muyden, peintres genevois. M. Gleyre s’est exprimé dans le même sens, comme l’a rapporté M. Juste Olivier. Bourgoin, l’auteur du portrait, était étudiant à Genève en 1563, ainsi que l’atteste le livre du recteur. » Signé : Aimé-L. Herminjard, Genève, décembre 1869. — « Exact en ce qui me concerne, Alfred van Muyden. »
Une note rectifie le millésime de 1563 et indique « en avril 1564, Livre du Recteur, p. 12.»
On lit sur le feuillet suivant quelques lignes signées : E. Cunitz et Ed. Reuss, et datées de Strasbourg, le 22 mars 1875: « Nous ne croyons rien ajouter au poids du jugement de ceux qui se sont déjà prononcés, avec une autorité dont personne ne méconnaitra la compétence, sur lintérèt qu'offre le croquis des traits de Calvin, dessiné sur un des feuillets de ce volume. Mais nous n'avons pas voulu nous refuser à l’aimable prière de son possesseur d’inscrire ici que nous partageons entièrement leur foi en l’authenticité de cette précieuse relique. »
La relique est à la fin du volume, sur les deux dernières feuilles de garde. Sur la première, on
voit un seul portrait; sur la seconde, si on ne tient pas compte, au haut de la page de droite, de
1. Robert Gaguin (1440-1502) fut professeur de théologie, puis supérieur des Mathurins (1473) à Paris, et écrivit plusieurs ouvrages historiques précieux.
2. D'après M. Herminjard, « c'était le sew/ volume qu'il eût rencontré portant des notes de l'écriture de Pierre Viret. >» — Note de M. Th. Dufour, datée du 26 juin 1893.