‹ Iconographie calvinienne :Chapitre 61 sur 221 · Voir Jean Calvin, IL, p · texte numérisé non relu

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3. La création du titre de baronnet, qui faisait appeler John Boileau, sir John, est de 1838. — Ce qui est curieux, c'est que, en 1860, H. de Triqueti raconte que sir John Boileau fut informé de l'existence de ce portrait : « il y a une vingtaine d'années peut-être. >» Or, depuis vingt-cinq ans, non seulement sir John Boileau aurait eu la copie, mais l'aurait déjà donnée à la Bibliothèque. — Y aurait-il eu deux copies?

4. J. Bonnet en parle en ces termes : « Tel il est représenté dans un curieux portrait de la Bibliothèque de Genève, que l’on a quelquefois attribué au Titien, et qui n'est qu'une copie de l'orlginal conservé, dit-on, dans la galerie d’une illustre famille de Naples. Les traits du Réformateur vus de face, avec un visage coloré, une barbe épaisse, contrastent singulièrement avec le profil amaigri et sévère que la tradition lui prête uniformément à toutes les époques de sa vie.» — J. Bonnet : < Calvin au Val d'Aoste», mémoire lu à l'Académie des sciences morales et politiques dans la séance du 1° juillet 1861, p. 9, n.2, et inséré sans changement dans les Récits du seizième siècle, 1864, p. 29, n. 2. — Six ans plus tard, revenant sur la même question, Jules Bonnet écrit : < L'autre portrait, dont je n'ai pu dissiper le mystère, est celui de la Salle des manuscrits (Bibliothèque de Genève), qui semble une copie d’un portrait du seizième siècle, représentant Calvin dans sa jeunesse, peut-être à l'époque de son voyage en Italie, avec une figure pleine et un visage coloré, qui contrastent singulièrement avec son effigie traditionnelle. » Nouveaux récits du seizième siècle, 1870, P. 33, n. I.

3. La physionomie, au surplus, n'a aucun rapport avec celle du portrait de Hanau, (voir plus haut) dans lequel la tradition veut aussi voir un Calvin à la cour de Ferrare.

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2. Plus étonnant peut-être est le second portrait, dit du Titien, et dont H. de Triqueti a également affirmé l’authenticité. (Planche XVII, b.)

Quelques jours après que H. de Triqueti eut donné lecture du travail que nous venons de résumer, et avant sa publication, M. le pasteur Ch. Frossard, un érudit et un antiquaire calviniste, trouva et acheta, en vente publique, un portrait portant l'indication : Portrait de Caluin peint par le Titien. I se hâta de l’apporter à H. de Triqueti. Celui-ci se livra à « un examen scrupuleux », et résuma ainsi ses impressions. :

« Ce portrait, de grandeur naturelle, peint sur une toile de 40 centimètres sur 30, représente le célèbre Réformateur un peu moins maigre et décharné que ne le montrent d’ordinaire les portraits faits dans les derniers temps de sa vie. La tète est de trois quarts, et coiffée d’un bonnet carré noir. Un petit col blanc paraît au haut de la robe. Dix centimètres du bas de la toile sont occupés par une longue et importante inscription. La peinture est très fatiguée et de mauvaises retouches ont été faites ; mais il est aisé néanmoins, à un œil connaisseur, de reconnaître que c’est une peinture vénitienne, faite dans l’école du Titien par une main sûre et habile. Le dessin en est noble et grand, et le caractère sérieux et frappant de vérité. J’espère qu’en faisant disparaitre les retouches maladroiïtes, nous retrouverons un des plus précieux portraits qui restent de Calvin, et peut-être un des plus authentiques. »

Ce n’est pas sans quelque étonnement qu’on lit un pareil jugement. Si l’on a devant les yeux le portrait en question, impossible d’y voir un Calvin!

Quelle preuve donne ou invoque H. de Triqueti en: faveur de son attribution ? Une seule: Pinscription « curieuse », dit-il: « Et d’abord disons que cette inscription est formée en partie de lettres majuscules, en partie de lettres cursives, mais toutes sont de ces caractères vénitiens parfaitement connus des personnes qui se sont occupées de l’étude des arts en Italie, caractères que l’on retrouve surtout au bas de toutes les belles planches gravées en bois sur les dessins du Titien, et qui sont ici tellement reconnaissables, qu’ils ont dû être tracés par la main habituée à faire les inscriptions de ces gravures en bois. » |

Certes, voilà une série d’affirmations précises et qui semblent bien démontrer que nous avons affaire à un portrait peint par le Titien ou par un de ses élèves. Mais encore une fois estce Calvin qui est représenté ? L'inscription porte en italien: « Jean Calvin, fils de Gérard Calvin et Jeanne Franc, grand théologien, d’abord prêtre orthodoxe, puis (poi) chef (capo) et défenseur des propositions des protestants. Titien Vccellio di Cadore l’a peint dans sa maison (nella suu casa) à l’âge de 66 ans (di anni 66) le premier mai 1563 (nel primo mäggio)!. »

H. de Triqueti constate les erreurs de cette inscription; en 1563, ni Calvin, ni le Titien n'avaient soixante-six ans. Calvin, né en 1509, avait cinquante-quatre ans, et le Titien, né en 1477, quatre-vingt-six. — Autre impossibilité : Nella sua casa, dans sa maison. A cette époque Calvin. n'était pas plus à Venise que Titien n’était à Genève.

H. de Triqueti conclut cependant : « Malgré ces obscurités, le portrait est incontestablement de l’école du Titien, fait au moins sous ses yeux, à l’époque indiquée [ceci peut-être admis], représentant bien Calvin à 54 ans, une année avant sa mort [ceci ne peut: être admis. Calvin n’a

jamais eu cette physionomie, et s’il l'avait jamais eue, ce qui est impossible, il ne l’aurait pas eue

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