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LE PORTRAIT DE LA FEMME DE CALVIN

Or, en 1531 ou 1533, on était dans la première moitié du seizième siècle, presque dans le premier quart, et le costume date de la seconde moitié du seizième siècle, du troisième quart. Déjà M. Max Rooses (voir plus haut) dit « toilette de la seconde moitié du seizième siècle. »

Pour nous renseigner exactement, nous avons consulté les autorités les plus compétentes. Aux Estampes (Bibliothèque nationale de Paris), M. le conservateur et deux autres spécialistes, en voyant le portrait, et ne sachant de quoi il s’agissait, nous ont dit sans hésiter : Costume de la fin du règne de Henri IL, — vers 1560.

Je me suis adressé à Amsterdam à mon honorable ami, M. le professeur Rütgers, le professeur d'histoire ecclésiastique si compétent pour tout ce qui touche aux questions huguenotes. Voici sa réponse (12 nov. 1908) :

« J'ai eu tout d’abord l’impression que l'inscription « femme de Jan Calvein » ne peut pas être exacte. » Et dans le même sens s’est exprimé M. E. W. Moes, directeur du Musée des Estampes. Pourtant il a voulu encore étudier le costume plus minutieusement, et faire des recherches dans ses collections. J’ai reçu de lui, la semaine passée, une lettre que je traduis littéralement : « Je viens vous confirmer ce que vous avez déjà présumé, c’est-à-dire que la dame dont vous m'avez montré le portrait photographié ne peut aucunement représenter la femme de Calvin. Il serait déjà singulier de la voir dans un tel habillement ; mais il est tout à fait inadmissible qu’une femme se soit parée d’un costume qui ne devait être en usage que plus tard. Or Idelette de Bure est décédée le 31 mars 1549, et le portrait en question présente une dame passablement jeune, de la haute société, d’environ 1560 à 1565. La mode des manches inférieures, transparentes sur les avant-bras nus, ne permet pas de s’éloigner beaucoup de la période nommée. On peut se servir pour type de comparaison d’un portrait d'Emilie Walburg, comtesse de Maurs, la femme du comte de Hoorne, décapité en 1568, portrait dont l'original se trouve à Chantilly, et

dont une photographie est au Musée d'Amsterdam. »

Il nous est donc difficile d’accepter comme vraiment authentique le portrait d’Idelette.

Mais nous ajoutons que le portrait est intéressant, et que (sauf le costume) on peut, si l’on veut, se représenter avec une physionomie de ce genre la femme de Calvin, la femme distinguée, d'élite (/ectissima femina), probe, honnête, et même belle (adde eliam formosa), qui fut si simple, si douce, si fidèle et si constante.

Déjà Le Huguenot, du 1° novembre 1907, a reproduit ce portrait et l’a mis sous les yeux de ses lecteurs. — En ce moment, le comité de la Société d'histoire du protestantisme belge, à l’occasion du quatrième centenaire de Calvin, fait exécuter une copie, qui sera offerte à la ville de Liège. —

On à créé des légendes moins inoffensives.

est contemporaine de la peinture et consiste en deux inscriptions de couleur jaunâtre, qui paraissent de la même main. » Dans une lettre particulière, M. N. Weiss a bien voulu ajouter : < L'inscription peut fort bien avoir été mise par un membre des familles Stordeur ou de Bure, auquel appartenait ce portrait. »

ÉD

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