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La caricature de Plainpalais. D'après une gravure conservée à la bibliothèque de Genève.
dyable, en la manière des peiyntres. Mais du c.. de ce dyable sourtoit le pape, et du c.. du pape des cardinaux, et des cardinaux des évesqués, des évesques des moynes et prebstres; et ainsi
tout ce mesnage monstroit estre sourti et venu du c.. du dyable !. »
1. Anthoine Fromment, Les actes et gestes merveilleux de la cité de Genève (rééd. Revilliod), 1854, P- 153, 154.
« C’est une date », dit Champfleury !.
Ajoutons : C’est le ton, le ton donné dans l'Eglise romaine catholique elle-même, par des
moines, dominicains, peu suspects d’hérésie. Or il était difficile de faire mieux... ou pire?.
2. Il existe une histoire de la littérature comique, écrite à la fin du dix-septième siècle 3. Elle fait remonter la satire allemande au douzième siècle, et pour le seizième siècle, rangeant les satiriques par ordre de date, elle place Luther seulement au douzième rang.
Et en effet d’abord vient Paulus Oléarius avec son pamphlet : De fide concubinarum in sacerdotes, etc. : Attaque burlesque et acerbe contre la vie lubrique des prêtres; recueil d’anecdotes, racontées en latin de cuisine, c’est-à-dire moitié latin, moitié allemand. « Quand la cloche appelle le prêtre à prime et à vêpres, imagine-toi [le conseil est donné à la concubine] que la cloche t'a appelée à sa cave, et bois jusqu’à ce que ta raison soit lourde comme ton ventre. Quand le prêtre revient, dis que tu as été ravie en extase #... »
Cet ouvrage a paru déjà en 1504.
Flôgel nomme ensuite Henricus Bebilius, avec sa satire intitulée : Triumphus Veneris, — Cupidon conduit à Vénus hommes et bêtes. Le troisième livre décrit la procession des papes, cardinaux, prêtres, chanoines, moines et nonnes, Ermites, Lollards, Béguines, Bernardins, Bénédictins, Franciscains, Carmes, Dominicains, Chartreux. Un prètre raconte qu’il se fait du bon sang avec les aumônes de l'Eglise, qu'avec elles il entretient sa concubine, et qu’il aimerait bien instituer héritiers les enfants qu’il a eus d’elle. Mais l’impie loi des papes lui a interdit de tester. Et la langue latine suffit à peine à énumérer les extorsions de ces papes : annales, décimes, etc.
Cet ouvrage a paru déjà en 101 ©.
Je laisse de côté les deux plus fameuses productions satiriques du commencement du seizième siècle. Les Epistole obscurorum virorum qui soulevèrent contre l’obscurantisme des défenseurs de la papauté un éclat de rire tel que l'édifice ecclésiastique en fut ébranlé jusque dans ses fondements ; et les pamphlets de Ulrich de Hutten, où une telle passion se mêle avec une telle ironie, que sur les ruines de l'édifice romain commença à surgir l’édifice de la nationalité allemande. Toute cette œuvre satirique 6, qui date surtout de 1515, 1516, est antérieure et étrangère à l’influence de Luther.
Et je ne cite plus que Thomas Murner, celui qui se préparait à être le sarcastique adversaire de Luther. — Une de ses satires est ornée d’une caricature où l’on voit deux moines ivresmorts, par terre, un autre est couché sur la table, un quatrième se verse tout un verre dans la bouche. Cet ouvrage est de 1516 7.