‹ Iconographie chrétienneChapitre 100 sur 141 · CBOIX MYSTIQUE · texte numérisé non relu

CBOIX MYSTIQUE

Pierre gravée, premiers siècles

La croix qui suit est une autre croix triomphante Placée au milieu des étoiles du ciel, cette croix s'appuie sur la même inscription salus, que complète le mot mundi et qu'entoure un cercle resplendissant de pierreries ; elle est toute constellée elle-même de pierres précieuses ^ Trois autres inscriptions aboutissent à chaque extrémité des branches comme salus MUNDI à l'extrémité du pied; en voici la disposition. Au-dessus

' C'est bien la croix gemmée, la croix constellée, la croix fleurie, crux gemmata, crux stelîata, cruxjlorida, comme on la désigne lorsqu'elle est richement décorée. (Voyez dans la Rom. sott. p. i3i, un bel exemple de croix gemmée et fleurie, avec l'A et l'tî pendus par des chaînettes aux croisillons.) Rhaban Maur dit, comme interprétation de sa seizième figure relative à la croix : « Descripsi ergo hic florigeram crucem quatuor « coloribus prœcipuis, id est hyacinthino, purpureo, byssino et coccineo, ut floris illius «jucundissimi decorem demonstrarem , quem prophelica locutio narrât de stirpe regia « exortum , qui speciosus prae fdiis hominum existens, omnium virtutura decorem in " semetipso ultra omnes mirabiliter ostendit. » — Rhaban, on le voit, se prononce formellement pour la beauté du Christ. Il termine par les mots suivants ce même passage : a Homo Christus Hiesus inter homines natus serenus resplendebat, quia totius de- « coris pulchritudine intds forisque plenus erat. » (Voyez les œuvres de Rhab. Maur, vol. I, p. 3i 3, de Laud. Sanctœ Crucis.)

du sommet, dans le ciel, on lit I. M. D. V. C. On interprète ces sigles d'une façon plus ou moins plausible par: « Immolatio '< Domini Jesu Christi. » Mais de cette façon on ne rend pas compte du V ou de l'Y, si réellement c'est un V ou un Y et non pas un P; d'ailleurs on donne deux lettres pour le premier mot et une seulement pour les trois autres. Cette inscription relative au dévouement d'un Dieu devait être placée dans le ciel plutôt que sur la terre. Sur terre , c'est-à-dire au pied de la croix, qui plonge vers notre globe , on lit : « Salus « mundi, » parce que la croix a sauvé le monde. Enfin le Christ, qui dans son immense charité a embrassé l'univers , le monde ancien et le monde futur, depuis la création jusqu'à la fin des siècles , le Christ , qui a racheté les patriarches et les apôtres, les prophètes et les saints , le premier homme comme le dernier, méritait bien que la croix, où se sont étendus ses bras, fût marquée de l'A et de l'iî, qui représentent le commencement et la fin de tout.

' C'est d'après une gravure, infidèle peut-être, comme il est fort à craindre , et non d après le monument lui-même, que cette croix a été dessinée. Ciampini [Vet, mon. pars. i% tab. 2 4) 1 qui la donne , explique les cinq lettres comme on vient de le dire et ne remarque pas que le V ou l'Y contrarie son explication. Gori ( Thés. vet. diptj. t. III, p. 22) a fait graver cette croix de Ravenne; il remplace les cinq lettres latines de Ciampini par les cinq lettres grecques IX0YC, qui forment le mot célèbre sur lequel nous nous sommes longuement appesanti. Si Gori a bien lu , ce fait est de la plus haute importance. Je regrette vivement de n'avoir pas vu de mes yeux ce curieux monument. J'ai demandé des renseignements sur cette mosaïque à M. l'abbé Lacroix , clerc national à Rome , et correspondant historique. M. Lacroix, qui a fait une étude particulière de Saint-Apollinaire in classe, où est la mosaïque, a dessiné cette croix avec le plus grand soin; il m'a répondu qu'il y avait réellement IX0YC, ainsi que Gori le déclare. Ce fait avance beaucoup la question de savoir si le Christ a été figuré par le poisson. M. Lacroix vient encore de m'envoyer le dessin d'un monument découvert récemment par lui sur la colline du Vatican , derrière Saint-Pierre ; c'est un marbre funéraire des premiers siècles de notre ère. Au-dessus de deux poissons qui se regardent, on lit : IX0YC ZCONTCJN , c'est-à-dire irjaovs XpicTTOs Qeov Tiàs S&)T7)p Zœvrwv, Jésus-Christ, fils de Dieu, sauveur des vivants. Il faut se rendre, après de pareils faits qui tranchent la question, et croire

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