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CROIX GRECQUE À SIX BRANCHES INEGALES

i Sculpture de Salonique, iv" siècle.

Dans les exemples précédents, le chi conserve sa disposition naturelle de croix de Saint-André, de croix en sautoir; dans les exemples qui suivent, au contraire, le chi devient une croix véritable à fût vertical et à traverse horizontale. D'ailleurs , au lieu de six branches pour le X et le P, il n'y en a plus que quatre ; le montant vertical du X se recourbe et devient un rho. Le monogramme se resserre davantage; on économise les lignes.

lO^. — DIVERSES CROIX DÉ FORMÉ LATINE ET GRECQUE Monuments des Catacombes, premiers siècles.

Le n° 1 2 a la forme de la croix pectorale des évêques. Les n°' 9 et lo donnent la croix grecque, dont l'une est libre et l'autre inscrite dans un cercle; le disque du n° 9, ainsi timbré, rappelle entièrement le nimbe crucifère. Le n° 7 donne également le disque partagé par une croix; mais les branches de cette croix n'atteignent pas la circonférence, et le montant vertical s'arrondit en rlio ( P ) • Comme aux n*" 1 et ^ , l'A et , VQ. accompagnent le n** 8. Le 11 offre, en outre, un N que traverse le pied de la croix, qui doit être l'initiale de Noster, et qui donne à ce monogramme le sens de xristos noster ^ Nous avons complété cette qualification par celle de : Notre- Seigneur Jésus-Cbrist. L'exemple suivant nous donne le monogramme combiné avec la croix, mais cette croix est tenue par un ieune néophyte, comme une espèce d'étendard; c'est un labarum , en quelque sorte.

' Ces monogrammes étant d'origine grecque, les Latins ne les ont abandonnés ou modifiés par la forme des lettres de leur alphabet que très-tard. Dans les Catacombes et les mosaïques , les monogrammes du Christ et de la Vierge sont en lettres grecques : Vc X~Cet M~P O^T. L'alpha et l'oméga ont persisté jusqu'à nos jours dans nos contrées. Au xiii' siècle , à Chartres , on a écrit en latin le nom du Christ; mais les deux premières

lo5. MONOGRAMME UNI X LA CROIX.

Sculpture des Catacombes, premiers siècles.

Enfin des inscriptions, des ornements allégoriques, plus nombreux encore que ceux qu'on vient de voir, accompagnent la croix et développent les faits et les idées que ce symbole rappelle. Un cachet chrétien , dont on donne ci-dessous le dessin grossi à la chambre claire, est gravé d'une croix en tau (T); le chi (x) traverse la hampe du tau qui s'arrondit en rho (P) par le haut. Le nom du Christ et la forme de sa croix sont résumés dans ces lignes. Le Christ, fils de Dieu, est le commencement et la fin de tout; l'A et fO, commencement et fin des signes intellectuels et , par extension , de l'intelligence même et de fâme humaine, escortent la croix, à droite et à gauche. La croix a écrasé et dompté Satan, le serpent antique ; le serpent s'enroule donc et s'enchaîne au pied de la croix. Cet ennemi du genre humain cherche à faire périr fâme, qui est représentée sous la forme d'une colombe; mais

lettres sont grecques, la troisième et la quatrième peuvent être grecques ou latines indiiiéremment , et les deux dernières sont exclusivement latines : xpitvs. On a omis le premier sigma. Ici le monogramme de Christ est grec de même, tandis que celui de l'adjectif noster est latin. Dans l'évangéliaire de la Sainte-Chapelle de Paris, cilé plus haut , page 2 54,1e premier des quatre vers que nous avons transcrits offre Dominum en latin et Christum en grec :

...Quatuor dum signant animalia xp.\i.

la colombe, toute menacée qu'elle est, regarde la croix d'où lui vient sa force, et qui la sauve du venin de Satan. Le mot sALus, écrit sous le sol qui porte la croix et les colombes, est le chant de triomphe qu'entonne le chrétien fidèle en l'honneur de Jésus et de la croix.

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