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ATTRIBUTS DU SAINT-ESPUIT

Quant aux attributs du Saint-Esprit, ils peuvent fournir quelques variétés chronologiques et certains caractères distinctifs, comme ils en ont donné pour le Père et le Fils; mais, comme ils sont de même nature que ceux des deux autres personnes, il suffira de les signaler et de renvoyer aux paragraphes où nous en avons déjà parlé. Ainsi le Saint-Esprit, comme le Père et le Fils, se distingue d'abord des créatures ordinaires par un nimbe; puis des créatures célestes et glorifiées,

ou des anges et des saints, par un nimbe crucifère. Mais ce nimbe suit les phases que nous avons constatées dans le chapitre spécial à ce sujet. D'abord, en effet, le Saint-Esprit est sans nimbe, comme sur les anciennes mosaïques^; ou bien ce nimbe est rayonnant, mais non crucifère, ainsi qu'une mosaïque de Rome en offre un exemple. Le Saint-Esprit est là sur un palmier, et ressemble entièrement au phénix gravé sur les médailles romaines, à cet oiseau qui porte assez souvent un nimbe rayonnant et qui est l'emblème de l'immortalité, ou même de l'éternité. Puis le Saint-Esprit prend un nimbe , mais un nimbe uni et sans croix. Puis ce nimbe se partage par deux traverses qui se coupent à angles droits.

127. — COLOMBE DIVINE À NIMBE CRUCIFERE. Miniature française du xiv' siècle^.

Bientôt après, le champ du nimbe disparaît, les traverses restent seules et se transforment en faisceaux ou en fleurons lumineux qui partent du front et des tempes du Saint-Esprit en homme

Voyez le Saint-Esprit planant sur David , dessiné d'après la miniature d'un psautier grec du x" siècle, page 419, pi. 110. — * Biblioth. royale, ms. lat. fonds Lavall.

ou en colombe. Ensuite les faisceaux et fleurons disparaissent eux-mêmes, et le Saint-Esprit revient à la seconde époque primitive, quand il n'avait pas encore de nimbe; seulement alors, il n'en a plus. Mais c'est l'époque aussi oii les auréoles, nimbes du corps, sont assez fréquentes sous la forme de rayons; alors le Saint-Esprit, que nous avons vu dans une fresque du mont Athos/ au centre d'une auréole rayonnante qui enveloppe les deux autres personnes divines, se montre assez souvent ainsi, comme dans le dessin suivant.

128. — COLOMBE DIVINE DANS UNE AUREOLE RAYONNANTE. Miniature française, xv' siècle^.

Aux époques où le nimbe crucifère est constamment donné aux personnes divines , il n'est pas rare d'en voir totalement dépourvue la colombe qui représente le Saint-Esprit. Cela peut tenir à une erreur, erreur que nous avons déjà constatée pour des faits analogues ou différents ; mais cela tient surtout à la petite dimension de la colombe. Cette forme, ou seule ou dans des trinités, n'occupe qu'une place très-restreinte; la tête de la colombe n'est elle-même qu'une très-petite partie de l'oiseau divin , partie peu visible. On conçoit alors qu'autour d'un

' Planche 21, page 37.

Voir, à la Biblioth. royale, la plupart des Heures des xv' et xvi' siècles.

point presque imperceptible on n'ait pas mis de nimbe. En sculpture, il y avait souvent grande difficulté, pour ne pas dire impossibilité, à cerner la tête de la colombe divine d'un nimbe crucifère; aussi n'est-il pas rare de rencontrer des colombes privées de cet attribut. Quand cette colombe n'atteint que la dimension d'un passereau , ce qui se voit fréquemment, alors elle est toujours sans nimbe et sans nimbe crucifère. Le psautier de saint Louis, dont nous avons extrait le Christ environné des sept colombes d'Isaïe, offre six d'entre elles sans nimbe; la septième porte un nimbe, mais un nimbe uni ^ Cependant, puisque c'est une miniature et que les colombes ont une certaine dimension, il était assez facile, plus facile que sur une sculpture, de figurer des nimbes crucifères.

Nous ne parlerons pas des autres attributs qui peuvent caractériser le Saint-Esprit, parce qu'ils ne sont pas chronologiques et parce qu'ils trouveront plus naturellement leur place dans le chapitre consacré à la Trinité divine.

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