ATTRIBUTS DE LA TRINITE
Les artistes, lorsqu'ils ont peint ou sculpté la Trinité , se sont attachés à représenter, les uns l'égalité, les autres la distinction des personnes : de là deux séries dans ce genre de groupes.
Quand c'est l'égalité ou l'unité divine qu'on veut montrer, on fait les trois personnes le plus indistinctes qu'il est possible. L'absence totale de caractères ou , tout au moins , le petit nombre d'attributs signale ces représentations. La Trinité du manuscrit de Henri II, que nous avons donnée plus haut\ représente simplement un personnage qui tient le ciel.
Si les personnes sont distinctes, comme nous les avons vues dans le manuscrit d'Herrade ^, on les ramène encore à l'égalité et on les couvre assez souvent toutes trois d'un manteau unique pour figurer l'unité qui les relie l'une à l'autre. Abailard, au dire de Mabillon, s'y était pris ainsi; rien n'est plus fréquent dans les monuments figurés, sculptures, peintures, miniatures, des xv^ et xvi" siècles^.
Quelquefois la diversité, même dans les groupes où l'on cherche à mettre l'unité en relief, se trahit par de légers ca-
' Planche ili2 , page 556.
^ Planche iSy, p. 54i-
' Reportez-vous aux planches laS et 126, pages ASg et 484, que nous avons données plus haut.
ractères : on fait l'Esprit plus jeune, le Père plus âgé et le Fils d'âge moyen; on donne à l'Esprit un livre, une croix au Fils, un globe au Père; la couronne impériale ou papale distingue le Père, comme la couronne d'épines le Fils, comme l'absence de toute couronne le Saint-Esprit.
Entre l'unité presque complète et la diversité presque absolue, on voit des Trinités où s'équilibrent assez bien l'égalité et la distinction des personnes.