‹ Iconographie chrétienneChapitre 23 sur 141 · TIP · texte numérisé non relu

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noirs. Mais la Vierge a bien une grande auréole qui lui environne le corps tout comme Dieu lui-même, ainsi qu'une gravure le montrera plus bas ; la Vierge est presque Dieu. On conçoit, à la rigueur, qu'un de ses dévots exagérés l'ait revêtue d'un nimbe crucifère, et qu'il y ait une réelle intention et non pas une erreur dans ce fait; mais l'erreur est manifeste et double dans un autre manuscrit^ qui est de la fin du xiii^ siècle. On y voit le prophète Job el, jeune, imberbe , portant le nimbe crucifère. Johel écoute Dieu qui lui parle, et, ce qui est curieux , c'est que Dieu porte un nimbe tout uni. Il y a eu transposition, et la divinité a passé, avec le nimbe croisé, de Dieu au prophète, pendant que l'humanité allait du prophète à Dieu. Ces erreurs sont pleines d'intérêt ; elles jettent un certain jour sur l'instruction des artistes chrétiens.

Le nimbe de Dieu ne se croise pas de suite; les premiers monuments chrétiens ne mettent pas le nimbe, comme on le remarque sur les sarcophages généralement, ou le mettent uni. Voyez, pour ce dernier fait, un vieil ivoire qui appartient à M. le comte Auguste de Bastard^, la bible de Charles le Chauve^, la première et la plus ancienne partie du manuscrit d'Herrade^. Dans ce dernier ouvrage, à l'exception du Dieu qui crée les anges, les autres représentations de la divinité ont le nimbe uni et sans croix jusqu'au folio 54- Dans ce dessin,

' Officium ecclesiasticum , Bibliothèque de l'Arsenal, Théol. lat. 123, f 197, verso. Celte sculpture , qui pourrait être du i\' ou v" siècle, représente le paralytique guéri par Jésus, l'hémorrhoïsse touchant les vêtemenls de l'Homme-Dieu , et les pourceaux se précipitant dans la mer à la voix du créateur incarné. Jésus , dans ces trois scènes , est imberbe, orné d'un nimbe tout uni , et chaussé de sandales.

^ A la création , dans cette belle bible , le Dieu qui crée est jeune , imberbe , à nimbe sans croisillons, pieds nus, un bâton à la main.

Hortiis deliciarunij ms. rempli de superbes miniatures. C'est une encyclopédie compilée, dit-on, et même peinte en 1 180, par Herrade de Landsberg, abbesse du couvent de Sainte-Odile, en Alsace. Ce manuscrit appartient à la bibliothèque de Strasbourg.

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