‹ Iconographie chrétienneChapitre 27 sur 141 · DIEU LE PÈRE X NIMBE EN LOSANGE · texte numérisé non relu

DIEU LE PÈRE X NIMBE EN LOSANGE

Miniature du xiv" siècle, manuscrit italien de la Bibliothèque royale.

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Raphaël aussi donne au Père le nimbe en losange, mais à côtés droits ^ Peut-être que ce losange fut regardé par les artistes comme un emblème purement mystique, comme un symbole dégagé de tout élément matériel. Dans ce cas, le nimbe en losange ne représenterait plus qu'une idée analogue à celle qui est figurée par le nimbe triangulaire. Enfin , dans l'abside de Saint-Jean-de-Latran , à Rome, une mosaïque exécutée de l'an 1 288 à 1 294, sous le pape Nicolas IV, offre Dieu le père, sous les traits de Jésus, sortant à mi-corps des nuages ; au-dessous de lui est le Saint-Esprit , et plus bas est la croix richement décorée, la croix gemmée. Le Père porte un nimbe qui n'est plus en losange, comme dans les exemples précédents, mais carré comme ceux des papes Grégoire et Pascal : Dieu est vivant. Mais ce nimbe carré est inscrit dans un nimbe circulaire; or le cercle est l'emblème de l'éternité : Dieu est donc éternellement vivant^. Je suis et je serai, dit l'Éternel dans plusieurs

Le nimbe à côtés concaves est du manuscrit Spéculum humanœ salvationis ; le nimbe à côtés droits est dans la Dispute du Saint-Sacrement.

M. Tournai donne cette explication , et je l'accepte Irès-volontiers. Je dois à i'obli-

passages des livres sacrés ^ ; voilà ce que peut signifier ce carré saisi dans Taire d'un cercle, car la vie est inscrite dans l'éternité.

Le champ du nimbe divin est ordinairement plus orné que celui des nimbes donnés aux anges, aux hommes et aux êtres allégoriques. La tête divine, foyer de toute lumière, a presque toujours projeté des rayons et des faisceaux de lumière sur le fond du nimbe. Au xv^ siècle, ces rayons et ces faisceaux qui, jusque-là, s'étaient arrêtés à la circonférence, où ils se reliaient, s'isolent fun de fautre. La circonférence disparaît, les rayons restent seuls.

Ces rayons sont droits ordinairement et tous égaux; quel- • quefois ils se serrent en gerbe au front et aux tempes, et débordent les rayons intermédiaires; quelquefois ils sont tous ' flamboyants ou alternativement flamboyants et droits.

Pendant les époques primitives du christianisme, alors que Jésus-Christ était très-souvent, presque toujours, représenté sous la forme d'un agneau, cet agneau se montra ordinairement sans nimbe; souvent aussi il porta un nimbe circulaire. Ce fut un peu plus tard qu'on croisa le champ du nimbe; mais dès lors ce champ fut, rarement il est vrai, marqué du monogramme de la personne divine que représentait fagneau, du X et du P, deux lettres grecques qui ouvrent le nom de XPISTOS. Enfin l'A et fO, monogramme commun aux trois personnes divines, lettres qui signifient le commencement et la fin, escortèrent le monogramme spécial du Christ, comme on le voit dans le dessin suivant^.

geance du savant antiquaire de Narbonne un dessin de cette curieuse mosaïque relevée récemment à Rome par lui-même.

- * La durée y est même plus complète encore , puisqu'elle embrasse , non-seulement le présent et l'avenir, mais encore le passé : «Ego sum.... qui est, et qui erat, et qui ven- « lurus est.» [Apocalyp. c. i, v. 8.)

^ Cet agneau est dessiné dans la Roma sotterranea, p. 691. Il est posé sm' la montagne

23. AGNEAU DIVIN À NIMBE CIRGOLAIRE, NON CRDCIfÈRE , MARQUE DU MONOGRAMME

DE JÉSUS-CHRIST, ET DE L'a ET DE L'W.

Sculpture d'un sarcophage du Vatican, premiers siècles chrétiens.

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