DIEU DANS UNE ADRÉOLE CIRCULAIRE
RAYONNANTE EN DEDANS ET PARTAGEE PAR DES CARRES SYMROLIQDES, À COTES CONCAVES. DIEU EST ASSIS SUR UN ARC-EN-CIEL, SES PIEDS POSENT SUR UN AUTRE ARC-EN-CIEL.
Fresque du grand couvent de Salamine, xviii" siècle.
■DESSINE A SAUAMINE PAR. PAVL DVRAND
Le champ de l'auréole est éclairé parfois de deux étoiles qui rayonnent près de la tête du personnage divin encadré dans cette auréole même : l'une est à droite, l'autre est à gauche. Quand la figure assise bénit de la main droite et que le champ de l'auréole est étroit, la disposition de la main qui absorbe la place fait reporter à droite les deux étoiles. Quelquefois le champ tout entier est semé d'étoiles comme le ciel par une nuit claire ^ ; c'est assez rare. Le nombre des rayons ou des
' Histoire de l'Art par les monuments ^ de Séroux d'Agincourt ; sculpture, planche 2. Ce dessin représente un devant d'autel de la cathédrale de Citlà-di-Castello , en Italie, et qui fut donné en 1 iZi3 ou 1 144 par le pape Célestin II. Au centre, dans une auréole ovale, paraît le Christ à nimbe croisé : à sa gauche reluit le croissant de la lune; à sa droite, le soleil fait éclater ses rayons flamboyants-, dans le champ de l'auréole brillent des étoiles à cinq pointes , à cinq lobes ou en forme de rose.
pointes des étoiles varie : il est de quatre \ de cinq, de six, de sept^, même de huit ^. L'étoile de gauche a souvent moins de pointes que celle de droite. Dans ce cas , l'étoile gauche indique la lune, et l'étoile droite le soleil^, quoique ces astres soient figurés sous la même forme. Presque toujours le soleil et la lune, souvent des étoiles assistent à fascension de Jésus au ciel ou à sa descente sur la terre au jugement dernier. Le dessin n° 16 a déjà montré très-positivement ce soleil , cette lune et ces étoiles dominant la scène où le Christ est représenté s' élevant au ciel; le magnifique tympan de la cathédrale d'Autun, où Ton a sculpté, au xii^ siècle, le jugement dernier, offre de même le soleil à la droite, et la lune à la gauche du Christ jugeant le monde, et inscrit dans une auréole elliptique ^.
A la Transfiguration , chez lesByzantins et les Grecs modernes , fauréole qui entoure Jésus-Christ offre une particularité. Cette auréole a la forme d'une roue. Du centre ou du moyeu partent six rayons qui vont toucher aux jantes, à la circonférence; mais ces rayons, au lieu de s'y arrêter comme dans une roue ordinaire, se prolongent et aboutissent fun à Moïse, fautre à Elie, le troisième à saint Pierre, le quatrième à saint Jean, le cinquième à saint Jacques. Ces personnages sont les seuls qui aient assisté à la transfiguration ou métamorphose, comme
^ Voyez l'autel de saint Guillauine, à Saint-Guilhem-du-Désert , décrit et dessiné par M. R. Thomassy, dans les Mémoires de la Société royale des antiquaires de France, tom. XIV, pag. 222.
' Voyez la personnification de l'air ou delà musique, dessin du xiii° siècle, dans un Pontificale manuscrit de la bibliothèque de Reims.
* Voyez une vierge byzantine en argent repoussé, et que je possède.
* Voyez la personnification de l'air, manuscrit de Reims.
^ Voyez un très-beau dessin de ce tympan tout entier exécuté par M. Victor Petit et qui fait partie de l'Atlas des arts au moyen âge , de M. du Sommerard ; c'est une des pièces capitales de ce riche recueil.
disent les Grecs. Quant au sixième rayon , il est absorbé ou caché par Jésus lui-même. Le Christ est appliqué contre cette gloire en roue ; on dirait qu'il y est cloué comme à un instrument de supplice, car c'est ainsi que Ton représente le martyre de saint Georges qui fut roué ^ Cette disposition singulière est des plus rares chez nous^; on ne la voit que dans les édifices qui semblent trahir des influences byzantines au moins indirectes, comme Notre-Dame de Chartres, d'où est tiré le dessin suivant, copié sur une des trois grandes verrières romanes du portail occidental.