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JÉSDS DANS UNE AUREOLE FLAMBOYANTE

Vitrail français, xvi' siècle.

Cette auréole, formée par des rayons droits et flamboyants ,

fin du xiif siècle; il est aujourd'hui dans la rue Galande, n° à'2 , à Paris. Ce bas relief intéressant provient de l'église Saint-Julien, qui est près de là. )

' Ce dessin reproduit un vitrail du xvi' siècle , qui se voit dans la pauvre église de Jouy, petit village de l'ai'rondissement de Reims. En i836 , j'ai vu à Lyon , che^ l'architecte Pollet, qui est mort depuis, deux volets en bois où l'on avait peml au xv" siècle une Visitation. La Vierge et sainte Éhsabeth , toutes deux enceintes, se saluaient affectueusement. Le peintre avait eu la hardiesse de représenter sur le ventre des deux cousines deux petits êtres humains qui figuraient Jésus et saint Jean-Baptiste. Les deux enfants se saluaient également. Le petit saint Jean tressaillait et s'inclinait pieusement SDus la bénédiction que le petit Jésus lui donnait de ses doigts presque imperceptibles. En mourant, Pollet a fait don à la ville de Lyon, comme on me l'a dit, de ces peintures intéressantes, qui ont bien quelque rapport avec notre vitrail de Jouy, et qui ne seront pas une des moindres curiosités du musée de Lyon. Outre leur intérêt archéologique, ces peintures ont encore de la valeur comme œuvres d art.

est analogue à celle que nous avons donnée plus haut ' ; seulement ici, le petit Jésus est plongé tout seul dans cet ovale lumineux qui est plus accentué et qui épouse mieux le contour général du corps.

La forme de l'auréole qui entoure le Fils de Dieu est extrêmement variée: elle est elliptique, ovoïdale, circulaire, tétrafoliée , comme nous en avons donné plusieurs exemples ^ ; elle affecte les formes les plus simples et les plus complexes de la géométrie. L'auréole étant un signe matériel du culte qu'on rendait au Christ , du respect et de l'admiration qu'on avait pour son dévouement et sa doctrine, l'imagination, celle des Grecs surtout, s'est agitée en tous sens pour inventer des formes nouvelles; on cherchait à témoigner ainsi de l'amour infiniment varié qu'on portait au Sauveur. Le triangle, nous l'avons dit en détail^, est la figure de la divinité: deux triangles accusent la divinité plus fortement encore, et plusieurs triangles désignent l'absolu de la puissance divine. Dans la planche 21^, nous avons donné un double triangle ; mais c'est au nimbe et non à l'auréole , à la tête seulement et non pas au corps qu'est appliqué cet attribut bi-triangulaire. Ici, nous avons quatre triangles et non plus deux seulement, qui s'intersectent, et de ces quatre triangles émerge le corps du Fils de

Un ancien émail de Limoges, que possède M. l'abbé Texier, curé d'Auriat (Creuse), et correspondant du comité des arts et monuments , offre un sujet entièrement semblable à celui de Jouy. La Vierge y est vêtue d'une robe blanche , retroussée en partie et laissant apercevoir une robe de dessous, rouge et dorée. Dieu le père, qui plane diins les cieux, bénil la mère de son fils. Sur le ventre de la Vierge est figuré, dans une auréole dorée, un petit être humain nu et joignant les mains. Marie se détache sur un fond bleu ; elle est entourée de la lune , d'une étoile , d'une tour, d'un lys, etc. attributs qui la caractérisent, surtout au x\' siècle.

' Planche 43^ page 107.

^ Entre autres, planches 36, 87, 38 et 4o, pages 87, 89, 93 et 99.

* Histoire du nimbe , p. 35 -Ao.

Dieu. Les trois grands archanges Raphaël, Michel et Gabriel \ portent en triomphe ce jeune Dieu, qui bénit le monde des deux mains à la fois. Jésus a des ailes comme les archanges eux-mêmes, parce qu'il a été le messager, l'ange [cuyyèAoç) de la grande volonté de Dieu , comme les Grecs s'expriment dans leur magnifique langage.

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