‹ Iconographie chrétienneChapitre 75 sur 141 · JÉSUS EN ANGE, DANS-UNE AUREOLE COMPOSEE DE TRIANGLES · texte numérisé non relu

JÉSUS EN ANGE, DANS-UNE AUREOLE COMPOSEE DE TRIANGLES

Peinture grecque, xv^ siècle.

E-P-H.DVF(ANn'EX-PICTVR-&Ri?tC.

' Selon la coutume des Grecs, le nom des archanges est figuré par la première lettre de ce nom inscrite au sommet du nimbe.

^ Ces représenlalions de l'assemblée des archanges (}) aùva^fs t&v àp'/ayyéXwv) offrant

Souvent les Grecs émoussent les pointes de ces triangles ou les relient par une circonférence circulaire; alors ils ramènent à la forme d'un cercJe parfait l'auréole d'où s'élance le jeune Dieu. Page 98, pi. 38 , nous avons donné une figure divine , qui est probablement le Fils ou , tout au moins , le Père sous les traits de son Fils; le Dieu est assis au centre de carrés à côtés concaves et projetant six pointes triangulaires. Les extrémités de ces triangles viennent toucher à un cercle qui les réunit. Ainsi nous revenons à cette « imago clypeata » déjà plusieurs fois signalée et dont nous avons donné des exemples K Le Christ ne bénit plus que d'une main , et quelquefois , comme dans une peinture du couvent de Sainte-Laure , la main ne bénit pas, mais elle s'arme d'une épée nue. Alors l'image est complètement guerrière, car l'auréole circulaire et le nimbe luimême sont assimilés à des boucliers. On lit dans le manuscrit d'Herrade : « Les lumières que l'on peint autour de la tête en forme de cercle veulent dire que les saints qui en jouissent sont couronnés de la lumière et de la splendeur éternelles. C'est pour cela qu'on leur donne la forme d'un bouclier rond , parce qu'ils sont défendus par la protection divine comme par un bouclier. De là vient qu'ils chantent eux-mêmes : Seigneur, défendez-nous avec le bouclier de la volonté^. » Dans

à l'adoralion leur jeune maître sont très-nombreuses chez les Grecs. Il n'y a guère d'églises qui n'en possèdent une peinture à fresque ou un tableau sur bois , appliqué contre la clôture du sanctuaire. A eux trois, les archanges Michel, Gabriel et Raphaël représentent , selon les idées des Grecs , la triple puissance militaire , civile et religieuse , dans le royaume céleste. Raphaël est considéré et habillé comme un prêtre ; en cette qualité, il occupe la place d'honneur; il est au milieu, entre Michel et Gabriel. Michel, toujours vêtu et armé comme un guerrier, a pour mission de combattre les démons et les ennemis de Dieu. Gabriel se charge des messages pacifiques, et vient, par exemple, annoncer à Marie qu'elle sera la mère du Verbe. La différence des costumes indique celle des attributions.

^ Notamment planche 5 1 , page 167.

' a Lumina quae circa caput sanctorum in modum circuli depinguntur, désignant * quod lumine aeterni splendoris coronati fruuntur. Idcirco vero secundurii formam ro-

le dessin suivant, le Christ est plus pacifique; il tient un rouleau de la main gauche et bénit de la main droite. Son auréole circulaire est inscrite dans une autre auréole semblable qui renferme Marie.

JESUS DANS ONE AUREOLE CIRCULAIRE Sceau en argent du mont Athos.

P TiVR,t.Mt)'|

Certainement ces auréoles, si diverses et si splendides dont on relève la personne du Christ, sont remarquables de beauté; cependant elles ne peuvent servir encore à le faire distinguer

a lundi scuti pingunlur, quia divina protectione ut scuto muniuntur ; unde ipsi cantant

« gratulabundi : Domine ut scuto voluntatis » [Hortus deliciarum. )

^ Ceci est la représentation du sceau dont le gouvernement du mont Athos marque tous ses actes. Ce gouvernement s'appelle épistasie ; il est composé de quatre moines nommés épistates, élus chaque année, au mois de mai, par tous les couvents delà montagne sacrée. Un secrétaire perpétuel complète cette autorité annuelle. Toutes les délibérations de ce pouvoir électif ne sont exécutoires qu'après avoir été scellées du sceau de l'état. Ce sceau est en argent et coupé en quatre parties égales ; chaque épistate est dépositaire de l'une de ces parties. Quand la délibération est prise , les épistates déposent sur une table leur quart de sceau , en guise de boule. Le secrétaire prend ces quatre parties et les réunit au moyen d'une clef ou d'une vis à queue dont il est le dépositaire. Il noircit, à la fumée d'une bougie, ce sceau ainsi recomposé, et il en marque le papier sur lequel il a écrit la délibération. Puis il divise le sceau , rend son quart à chacun des délibérants et garde la clef pour lui. C'est ainsi que fut scellée une lettre que les épistates me délivrèrent, au mois d'octobre 1889, pour me recommander aux différents monastères que j'allais visiter. A la circonférence de ce sceau , on lit en grec et en turc :

SCEAU DE L'ÉPISTATE DE LA COMMUNAUTÉ DE LA SAINTE MONTAGNE. LcS quatre épistatCS, par

suffisamment. Ainsi, plus haut, nous avons vu un Christ du Gampo-Santo enveloppé d'une auréple ovoïdale et assis sur un arc-en-ciel ^ La circonférence de l'auréole et l'intérieur de l'arc sont rayés d'une foule de lignes et brodés comme un riche vêtement. La tête du Christ elle-même lance des rayons avec tant de force qu'elle les pousse hors du champ de l'auréole. Et cependant, malgré l'attention évidente d'honorer spécialement Jésus et de montrer sa gloire, on ne peut, à ces caractères , le distinguer, non-seulement de Dieu le père, mais même de sa mère, une simple créature. Effectivement, sur la même fresque du Campo-Santo, où est figuré ce Christ si lumineux, est peinte la Vierge tout aussi éclatante que son fds. Marie est assise sur un arc-en-ciel ; elle est entourée d'une auréole ovoïdale , et elle rayonne à la tête absolument comme le Christ. Le champ de l'arc, la circonférence de l'auréole, le nombre et la force des rayons égalent ce qu'on voit dans l'image du Fils de Dieu.

l'unanimité de leurs délibérations , sont considérés comme un seul individu. Ce sceau représente la Vierge et l'Enfant Jésus. To : t le mont Athos est dédié à Marie. Les femmes et même toutes les femelles des animaux sont exclues du mont Athos ; il n'y a et il n'y a jamais eu que des hommes. On y voit des troupeaux de boucs, de moutons , de chevaux et de mulets ; les dindons et les coqs abondent dans certains couvents; mais il n'y a ni chèvres ni brebis , ni juments, ni mules , ni dindes, ni poules. Cependant ces moines, si ennemis des femmes , ont mis leur gouvernement sous la protection d'une femme , de la Vierge ; presque tous les monastères sont dédiés à la Vierge et à tous les événements de la vie de Marie. Les deux premiers couvents sont dédiés , l'un à la nativité de Marie , l'autre à son entrée dans le temple de Jérusalem. Le dernier, celui qui est au fond de la péninsule athonite, est consacré à la mort ou à l'assomption de Marie. Ceux des couvents, qui ne sont pas tout entiers sous la protection de Marie , renferment une , deux ou trois églises qui lui sont dédiées. Le mont Athos a voulu se soustraire à la femme, et cependant la montagne entière , les habitations et les églises, les moines et leurs actes sont gouvernés et protégés par une femme. Il n'y a pas une seule fête de la Vierge, depuis sa nativité jusqu'à sa mort et son couronnement , qui ne soit célébrée avec pompe dans tout le mont Athos. La religion grecque a porté le culte de Marie plus loin encore que l'Eglise latine. ' Planche 67, page 244-

y/i. MARIE GLORIFIÉE COMME jÉSOS-CHRIST

Fresque italienne, xiv° siècle.

Quelquefois les deux mains du Christ lancent des rayons , comme celui qu'on voit dans Sainte- Madeleine de Vezelay, à la porte de Téglise proprement dite ^ ; mais la Vierge elle-même est également représentée laissant tomber de chacun de ses doigts des rayons de grâce sur ceux qui l'invoquent. Une médaille, frappée en son honneur dans ces derniers temps, la

' Il y a deux bâliments , le porche et l'église; c'est à la porte de l'église que se voit cette statue.

figure ainsi laissant tomber des torrents de faveurs de chacune de ses deux mains.

On le voit, par ces différents caractères de l'âge, de la physionomie, du costume, de l'auréole, le Christ ne se distingue pas assez, puisque sa mère et souvent de simples saints sont honorés au même degré. Le nimbe est un meilleur caractère. Jésus, sauf les exceptions signalées dans l'histoire de cet ornement archéologique, porte un nimbe crucifère. Gomme les croisillons de cet attribut sont quelquefois marqués des mots d ojv, REX,.A et a, ou A, M, A ^, on ne peut confondre le Christ, auquel ils se rapportent, avec les autres créatures historiques ou allégoriques. Les trois personnes divines ont seules le droit de porter un nimbe semblable , et c'est à Jésus qu'il appartient surtout. Ainsi nous distinguons le Christ de plus en plus, nous le tirons successivement de la foule. Par la nudité des pieds, il était confondu avec les anges, avec les apôtres, même avec les prophètes ; maintenant , à l'aide du nimbe ainsi caractérisé , nous affirmons que c'est une des trois personnes de la Trinité, et probablement la seconde^. Mais quand cette personne, que le nimbe

' Dans le poëme de Rhaban Maur [De laudilas sanctœ crucis, figura i"), Jésus est figuré portant un nimbe crucifère où sont inscrites ces trois lettres , A, M, û, qui sont le commencement , le milieu et la fin de l'alphabet grec , parce que Jésus renferme en lui le passé , le présent et l'avenir. Rhaban dit d'une manière symbolique ce que les Byzantins, par ô âjv, expriment littéralement; mais c'est le même principe dans les deux variétés. Dieu est l'être par excellence ( ô àv ) ; il embrasse, dit Rhaban, le commencement, le milieu et la fin de tout; il était hier, il est aujourd'hui , il sera demain. — Le poète Prudence dit dans sa neuvième hymne :

Alpha et oméga cognominatur ipse ; fons et clausula Omnium quae sunt , fuerunt , vel post futura sunt.

Sur une archivolte de l'église ancienne de l'île Barbe , près de Lyon , on lit , rédigé en fort mauvais latin , mais gravé en beaux caractères du xi^ siècle :

Alpha vel 0 , primus , finis michi convenit ergo.

C'est le Christ qui parle ; il tient une croix avec laquelle il terrasse un lion.

' C'est au Christ en effet que convient principalement le nimbe crucifère; le Père et

crucifère décore ainsi, est armée de la grande croix de la Passion ou de la petite croix de la Résurrection , et qu'à cette croix flotte un étendard rouge teint dans le sang de la victime divine ; quand cette personne n'a pas de robe, mais un simple manteau, qui laisse à nu les bras et la poitrine, et qui s'entrouvre pour faire voir la plaie du côté droit; quand un vêtement de prêtre latin ou d'archevêque grec couvre la personne au nimbe crucifère, parce que Jésus-Christ est prêtre suivant l'ordre de Melchisédech \ parce qu'il est le grand archevêque qui officie dans la liturgie divine ^; quand cette personne est entourée des attributs des évangélistes ; quand près de sa tête se lit le mono-

le Saint-Esprit, en l'adoptant, semblent, comme nous l'avons déjà dit, rendre hommage à Jésus et se parer de sa livrée. Le texte qui suit, et que nous croyons devoir transcrire en entier, complétera ce que nous avons dit sur le nimbe en général et sur le nimbe du Christ en particulier : « Considerandum quoque est quod Jésus semper coronalus «depingitur, quasi dicat: Egredimini filiae Hierusalem, et videte regem Salomonem in « diademate quo coronavit eum mater sua. Fuit enim Christus coronatus tripliciter. « Primo a matre, corona misericordiae , in die conceptionis ; quae corona duplex est propter « naturalia et gratuita, ideoque et diadema vocatur, quod est duplex corona. Secundo a « noverca , coronae miseriae, in die passionis. Tertio a pâtre, corona gloriae in die resurrec- « tionis. Unde : « gloria et honore coronastieum. Domine. «Demumcoronabitura familia Il corona potentiae , in die ultimae revelationis. Veniet enim cum senatoribus terrae, judi- « cans orbem terrse in equitate. Sic et omnes sancti pingunlur coronati , quasi dicat filias « Hierusalem : Venile et videte martyres cum coronis aureis quibus coronavit eos Do- « minus ; et in libro Sapientiae [Sap. v ) : « Jusli accipient regnum decoris et diadema spe- II ciei de manuDomini. » Corona autem hujusmodi depingitur in forma scuti rotundi, quia Il sancti Dei proteclione divina fruuntur. Undecantant gratulabundi : «Domine, ut scuto H bonae voluntalis coronasti nos. » Verumtamen Christi corona per crucis figuram a sanclo- II rum coronis distinguitur, quia per crucis vexillum sibi carnis glorificationem et nobis «meruit a captivilate iiberationem et vitae fruitionem. » (Guill. Durand, Rat. div. off. lib. I, cap. III.) On voit que Durand confond la couronne avec le nimbe, ou plutôt qu'il donne le même nom à l'une et à l'autre. Du reste il déclare que la couronne crucifère distingue le Christ de tous les saints.

' «Tu es sacerdos in aeternum, secundum ordinem Melchisedec. » [Psal. cix, v. à-) ^ Ô fiéyoLs dp)(^t£pévs. On voit ainsi le Chiist en costume d'archevêque, recevant successivement, et des mains d'une procession d'anges, les divers instruments qui servent au sacrifice de la messe que le prêtre divin va offrir ensuite. Le tambour des coupoles

gramme latin J. C. ou le monogramme grec f'C Xt ; quand elle est marquée de stigmates aux pieds, aux mains, au côté; quand elle porte à la tête une couronne d'épines, et à la main un livre ouvert ou fermé \ et quand sur les pages du livre ouvert on voit l'un de ces textes :

Pax vobis ^.

Ego sum via, veritas et vita ^.

Ego sum lux mundi *.

Ego sum resurrectio ^.

Qui vidit me vidit et Patrem ^.

Ego et Pater unum sumus '^.

centrales, dans les églises de la Grèce, est presque toujours peint de ce magnifique sujet qu'on appelle la sainte liturgie, v «yta Xstzovpyla.

Le livre que tient le Christ est fermé quelquefois , mais il est ouvert la plupart du temps. Voici comment Guillaume Durand explique les deux manières de figurer ce livre

mystérieux ; « Divina majestas depingitur quandoque cum libre clauso in manibus ,

« quia nemo inventus est dignus aperire illum nisi leo de tribu Juda. Et quandoque cum Il libro aperto, ut in illo quisque légat quod ipse est lux mundi, et via , veritas ac vita , «et liber vitae. » [Rationale divin, off. lib. I, cap. m). (Voyez dans l'Apocalypse, chap. v, verset 5 , l'allusion faite au lion de la tribu de Juda. )

C'est le salut que Jésus adressait d'ordinaire à ses apôtres et à ses disciples. Dans le triclinium de Saint-Jean-de-Latran , à la mosaïque de l'abside, qui est de l'an 797, le Christ donne à ses apôtres la mission de baptiser. Il est debout , sur un tertre d'où sortent les quatre fleuves mystiques ; il montre un livre ouvert, où se lit ce Pax vohis. (Ciampini, Vet. moni. 2" pars, tab. Sg, p. 128). Ces paroles d'amour sont gravées également sur le livre que tient le Dieu escorté d'un séraphin à sa gauche et d'un chérubin à sa droite, et qu'on voit sculpté en marbre à Saint-Saturnin de Toulouse.

C'est précisément le texte que cite Guillaume Durand , et qui est tiré de saint Jean évangéliste.

A Saint-Laurent de Gênes , sur le tympan de la porte principale.

Sur la mosaïque de Saint-Marc de Rome , d'où est tiré le pape Grégoire IV à nimbe carré, donné dans l'Histoire du nimbe, p. 10 : le Christ est au centre des personnages; il tient un livre ouvert sur lequel est écrit : « Ego sum lux. Ego sum vita. Ego sum resur- «rectio. » (Voir Ciampini, Vet. moni. 2° pars, pi. 87 , p. 119.)

Sur une mosaïque du vi' siècle , à Saint-Michel de Ravenne. Saint-Michel a été bâti en 545.

Ces deux dernières inscriptions sont peintes toutes deux à la fois sur un livre que tient un Christ exécuté en mosaïque à Saint-Michel de Ravenne : Qui vidit me vidit et

In principio erat Verbum ^

Èyà) eifxi rà (^ws toû x6(7(xov ^.

Alors il n'y a plus de doute, cette personne de la Trinité est bien le Christ; car tous ces attributs, tous ces textes conviennent à lui, et la plupart d'entre eux ne peuvent convenir qu'à lui seul. Après les nombreux et divers portraits donnés de Jésus-Christ, surtout dans l'Histoire du nimbe'', il ne paraît pas utile.de donner ici ceux qui présenteraient les divers caractères que nous venons de rappeler.

Un sujet fréquemment reproduit aux xii% xiii'' et xiv*" siècles, ne laisse aucune incertitude sur le personnage qui en occupe la partie principale. Sur les vitraux et les miniatures des manuscrits exécutés surtout pendant les trois siècles que nous venons de nommer, on voit un personnage debout, plus souvent assis, autour duquel rayonnent sept petites colombes. Ce personnage ayant les pieds nus, ce pourrait être un apôtre; mais c'est l'une des trois personnes divines, parce qu'il porte un nimbe crucifère. Or ces colombes symbolisent les sept esprits de Dieu , et d'après Isaïe ''j d'après l'Apocalypse^, d'après

Patrem est sur le verso ; Ego et Pater unum sumus est sur le recto. Outre son livre , Jésus tient une croix beaucoup plus haute que lui. (Voyez Ciamp. Vet. mon. pars i% pag. 80, lab. 2^.)

' Les monuments où cette inscription est reproduite sont en si grand nombre, qu'il semble inutile de les citer.

* Sur la plupart des livres que tiennent les figures grecques du Christ Pantocrator. (Voyez le dessin n° Ag, p. ib'j.) Dans le manuscrit de Panselinos nous donnons toutes les inscriptions écrites siir le livre que tient le Christ; ces inscriptions sont nombreuses et varient suivant les endroits où le Fils de Dieu est représenté et suivant les fonctions qu'il remplit. Ainsi, lorsqu'il est en ange de la grande volonté, on lit sur la banderole ou le livre qu'il tient : « Moi, je viens de Dieu et j'y retourne ; car je ne suis pas venu de moi , mais c'est lui qui m'a envoyé. »

^ Voyez particulièrement pages 12, i3, 24 y.1 2g, planches 7, 8, i5et 17. D'autres portraits vont suivre et compléteront le signalement du fils de Dieu.

* Prophet. cap. xi, v. 1, 2 et 3.

* Chap. V, versets 6, 11 et 12.

les docteurs de l'Eglise ^ c'est le fils de Dieu, c'est Jésus qui fut spécialement animé des sept esprits divins. Ainsi donc, toutes les fois qu'on verra un personnage jeune ou âgé, barbu ou imberbe, nimbé ou sans nimbe, entouré de sept colombes, on peut affirmer hardiment que ce personnage est le fils de Dieu. Nous n'en dirons pas davantage sur ce sujet, parce que nous y reviendrons avec plus de détails dans l'histoire du Saint-Esprit^. Un autre signe, mais indirect et tiré de l'histoire, sert à reconnaître Jésus-Christ : c'est quand, dans une scène évangélique, on voit un personnage accomplissant les actions que l'Evangile attribue à Jésus. Dans ce cas, lors même que ce personnage serait dépouillé de tous les caractères que nous avons signalés, on ne peut hésiter à le reconnaître. Mais, dans cette partie de l'iconographie chrétienne, nous ne parlons du Verbe qu'en l'envisageant comme Dieu et non pas comme homme , nous faisons l'histoire de la seconde personne de la Trinité avant et après son existence sur la terre ; nous ne devons donc pas traiter cette question, qui trouvera son développement complet dans l'histoire évangélique de Jésus. "D'ailleurs un sujet fréquemment représenté, et qu'il faut men-

' Nolammenl Rliaban Maur, de Laudibus sanctœ Crucis , figura XVI, pag. 3i2, T'yoI. (ies OEuvres complètes.

^ Au chapilre de l'auréole , page 99, planche 4o, nous avons reproduil une miniature du psauiier de saint Louis conservé à la bibliothèque de l'ArsenaL Jésus, assis au centre d'un ovale de branchages et au sommet d'un arbre généalogique, est entouré de sept colombes divines. Dans l'église de Sainl-Denis, sur les vitraux donnés par Suger, on voit deux fois le fils de Dieu cuirassé et nimbé des sept esprits. Le même sujet est peint sur un vitrail de la Sainte-Chapelle de Paris, sur un vitrail d'une église de village, près de Reims, sur la rose septentrionale de la cathédrale de Chartres, etc. Al'hisloire du Saint- Esprit, nous donnerons deux gravures tirées, l'une d'ua manuscrit, l'autre d'une verrière de la cathédrale de Chartres, et qui j)résen lent les esprits prophélisés par Isaïe. Les sept esprits sont encore peints dans le Veryier de Solas, curieux manuscrit que possède la Bibliothèque royale. On ne peut citer tous les monuments qui reproduisent les esprits animant et entourant le fils de Dieu, tant ils sont nombreux.

tionner ici , résume la vie mortelle de Jésus ; c'est le triomphe du Christ après son ascension. Cette apothéose, remarquable de conception et .souvent admirable d'exécution, couronne tous les actes de l'humanité divine. Les portes du ciel s'étaient ouvertes pour laisser sortir le Verbe, qui allait accomplir sa mission sur la terre; trente-trois ans après, elles se rouvrent pour recevoir l'Homme-Dieu revenant prendre sa place à côté de son père. Alors les anges et les saints portent en triomphe, les uns leur maître et les autres leur libérateur. Tel est le sujet peint ou sculpté dans les monuments du moyen âge, avec des détails plus ou moins nombreux.

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