CROIX GRECQUE À. DOUBLE TRAVERSE
Sculpture d'Athènes, xi° siècle.
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Ces deux croix ornent le portail occidental d'une église d'Athènes , et sont sculptées sur des plaques de marbre blanc. On avait donné la croix à l'aigle et au faucon ; il convenait donc de la compléter par la croix aux deux paons, car celle-ci est à gauche et fournit la première moitié de l'inscription.
En Grèce, au pied des croix sculptées et peintes qui ornent les églises, on voit presque toujours des animaux affrontés qui regardent avec terreur ou avec amour le signe de la rédemption sous lequel ils paraissent s'humilier. Le lion, l'aigle, le paon , le faucon , sont les animaux qui se voient le plus souvent. L'aigle et le paon, qui sont l'emblème de l'orgueil; le faucon et le lion, qui rappellent la violence cruelle et la cruauté grossière, pourraient bien signifier que ces passions mauvaises sont forcées de passer sous le joug de la croix. La colombe et la brebis, qu'on voit fréquemment sur les fresques des catacombes et les anciens sarcophages, pourraient annoncer que les vertus sortent de la croix comme les vices sont abattus par elle. Saint Paulin , évêque de Noie , envoie à son ami Sulpice Sévère les distiques suivants, qu'il avait écrits près de deux croix peintes en rouge, ceintes d'une couronne de fleurs et escortées de deux colombes :
Ardua floriferae crux cingitur orbe coronae, Et Domini fuso tincta cruore rubet,
Quaeque super signum résident caeleste columbae Simplicibus produnt régna patere Dei.
On dirait que ces vers ont été composés pour une croix ainsi figurée sur un sarcophage en marbre, et qui provient du cimetière du Vatican ^ Saint Paulin dit encore :
Toile crucem qui vis auferre coronam.
Si fintention allégorique est incertaine dans les exemples qui précèdent, elle ne saurait être douteuse dans la croix sui-
* Voyez les œuvres de saint Paulin, Epistola XII ad Severum, et Bosio, Rom. sotterr. p. 79. — En fait d'interprétations allégoriques, l'imagination a devant soi une carrière immense ; nous nous arrêterons donc ici , et nous renverrons , pour plus de détails, à la quatrième partie tout entière de la Rom. sotterr. surtout à commencer du chapitre xu. Nous n'adoptons pas les idées de Bosio ; mais nous n'en recommandons
vante, qui est pattée, inscrite dans un cercle et cantonnée de quatre livres ouverts , dont chacun est lui-même inscrit dans une auréole circulaire. Nous avons déjà vu plusieurs dessins où Jésus-Christ, renfermé dans une auréole, soit elliptique, soit circulaire, est accompagné des attributs des quatre évangélistes; ici le Christ est représenté par sa croix et les évangélistes par leur évangile.
lOO. CROIX CANTONNÉE DES QDATRE ÉVANGILES.
Fresque des Catacombes, premiers siècles.
Non-seulement la croix est accompagnée d'ornements et de signes, mais elle en est entrelacée pour ainsi dire. Le monogramme du Christ, le chi (X) et le rho (P) de Xg/o-lo^ , le iôta (l) de ^I>io-oî)^, se combinent ensemble et donnent en résultat des croix grecques, des croix romaines, des étoiles à six branches égales ou inégales. Ces croix sont libres ou inscrites dans des médaillons circulaires et quelquefois carrés. Dans la planche suivante, composée de six monogrammes cruciformes , le chi est en croix de Saint-André.
pas moins l'attention la plus minutieuse sur tout ce qui concerne le symbolisme. C'est une grave question , la plus délicate de l'archéologie nationale, que celle du symbolisme chrétien; elle a besoin, pour être résolue, de s'appuyer uniquement sur les faits.
lOl. CROIX DIVERSES A FORME GRECQUE.
Sculpture des anciens sarcophages, premiers siècles.
Aux cinq premiers numéros, le rho coupe verticalement le chi au point où les deux branches s'intersectent. On a ainsi les deux premières lettres de xpi2to2. Les monogrammes des n°' 2, 3 et 4 sont libres, et le n° 3 n'est composé que du X et du P; le n° i est accompagné des palmes qui désignent probablement le triomphe et la gloire ; le n° 4 , comme le n" i , se complète par l'A et l'O qui signifient que le Christ est le commencement et la fin de tout. Le n° 5 est inscrit dans un médaillon, mais les rayons de cette roue mystique touchent à la circonférence et se confondent avec elle, tandis que ceux du n*" 6 n'y adhèrent pas. En outre, cette dernière figure n'ofiPre plus un rho, mais un iôta, qui est la première lettre de 'lYio-oZç comme le chi est la première de Xe/^%'^. Ce sixième monogramme est donc plus complet ; les précédents ne disent que: Christ, et celui-là dit: Jésus-Christ. ^^
La planche suivante a été prise sur un chapiteau de Saint- Démétrius, à Salonique; elle offre un exemple qui serait entièrement semblable à celui du n° 6, si les rayons étaient libres et n'étaient pas tangents à la circonférence.
103. — CROIX GRECQUE OU ETOILE, À SIX BRANCHES EGALES- Sculpture de Saint-Déniélrius , à Salouique, iv° siècle.
L'iota et non le rho coupe le chi; mais les six rayons viennent aboutir à la circonférence. Ces six rayons sont circonscrits dans un cercle; plus bas, on les a dans un carré, et avec cette variété que le chi ne coupe pas l'iota en deux parties égales ; le pied de cet iota est plus long que le sommet.